Aller au contenu principal

Service minimum pour Stéphane Le Foll, et encore…

Ambiance explosive, hier dans la salle de presse du Zénith d’Auvergne. Pourtant point de star à l’horizon, mais un ministre de l’agriculture, très attendu sur la FCO, qui n’a pas convaincu, c’est le moins que l’on puisse dire.

: Jacques Chazalet, président du Sommet de l’élevage, Stéphane Le Foll, et le préfet de région Michel Fuzeau.
: Jacques Chazalet, président du Sommet de l’élevage, Stéphane Le Foll, et le préfet de région Michel Fuzeau.
© Sophie Chatenet

L’arsenal des forces de l’ordre était impressionnant, digne d’un déplacement…ministériel. Pourtant, le ministre de l’agriculture avait opté pour un déplacement light du Sommet de l’élevage. Il sacrifié à la traditionnelle visite du site pour s’enfermer dans une salle bondée, où seuls responsables professionnels et journalistes étaient les bienvenus.

Pendant plus d’une heure, il a tenté de convaincre du bien-fondé de son action. Autant dire que vu la tournure qu’à rapidement pris la réunion, Stéphane Le Foll a échoué.

Le président du Sommet de l’élevage, Jacques Chazalet n’y était pourtant pas allé par quatre chemins pour planter le décor : «L’heure est grave. Un certain nombre d’éleveurs cumulent aujourd’hui les handicaps : la crise économique, la sécheresse, les nuisibles dans certains secteurs (rats taupiers, loups). Et le comble c’est cette fièvre catarrhale ovine (FCO) qui bloque tout». Et de s’interroger : «Comment expliquez-vous qu’une maladie non transmissible à l’homme, qui n’a aucune conséquence sur la qualité sanitaire des viandes paralysent non seulement le Sommet de l’élevage mais aussi et surtout la circulation des animaux et donc l’exportation ?».

Des règles trop strictes

Concédant que les règles européennes en matière de gestion de la FCO sont trop strictes, le ministre n’a pas pour autant apporter de solutions significatives capables de soulager les éleveurs. En l’état actuel des négociations, seul le protocole d’exportation espagnol a été signé. Il prévoit la possibilité d’exporter les animaux issus de la zone interdite dix jours après le rappel du vaccin. Pour les animaux situés en zone de surveillance, une PCR et une désinsectisation devraient être suffisante.

Pour le reste, c’est le flou le plus total. Hésitant, se reprenant à plusieurs reprises, l’embarras du ministre était visible, bien qu’il s’en défende en lançant à plusieurs reprises : «On fait le travail (…), on essaye d’avancer (…), les sujets sont intégrés, on essaye de suivre». Sauf que pendant ce temps là, comme l’a martelé, Patrick Bénézit, président de la FRSEA Massif central : «Beaucoup d’éleveurs vont être rapidement dans l’incapacité de nourrir et de loger leurs animaux. Et c’est quoi le plan B pour ses animaux ?».

«Fusionnez les zones»

«Avec l’Italie, on est sur le point de signer un accord qui prévoit dix jours de détention après le second vaccin», a finit par lâcher Stéphane Le Foll, sous la pression des questions des professionnels. Le hic, c’est que cet accord s’appliquerait partout sauf dans la zone interdite. Les départements du Massif central, pourtant principaux pourvoyeurs d’animaux pour les italiens en seraient donc exclus.

«D’ici la fin de l’année, c’est 500.000 animaux qui doivent partir du Massif central pour être exportés. Le commerce doit reprendre rapidement», a insisté Pascal Lerousseau, coordonnateur du Berceau des races à viande.

La fusion des zones (interdiction, protection, surveillance), et le classement de l’ensemble du territoire français en zone de surveillance pourrait faire sauter un certain nombre de verrous, et permettre au commerce notamment avec les italiens de reprendre non pas dans plus de 60 jours, mais à une échéance plus courte. «Si on peut avoir un seul zonage, on le fera, mais nous devons être en mesure de présenter des garanties à nos clients, tout en ne remettant pas en cause ce que nous avons négocié avec nos partenaires». Sans « allègement » des protocoles, le ministère pourrait engager une procédure d’indemnisation complémentaire au fond pouvant être mobilisés dans le cadre du FMSE.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

Jeudi 20 novembre, à Pithiviers. Dorian Sagot, président de JA 45, Sébastien Méry et Éric Delorme, respectivement président et secrétaire général de la FNSEA 45, ont encadré la mobilisation.
Feux de la colère : deux mobilisations dans le Loiret 📹
Jeudi 20 novembre, JA 45 et la FNSEA 45 ont organisé deux rassemblements simultanés à Pithiviers et près de Courtenay.…
Lundi 24 novembre, à Chartres. Le président de la chambre d'Agriculture, Yohann Serreau (à d.), a détaillé en session, et pour le préfet Hervé Jonathan, les éléments qui alimentent la crise agricole.
Une session plutôt sombre pour les membres de la Chambre d'Eure-et-Loir
Les membres de la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir se sont réunis en session sous la houlette de leur président Yohann…
Du lait aux noisettes, Loïc et Alexandrine Chocat ont su se réinventer. Avec leurs enfants Benjamin et Pauline sur la ferme, et Antonin prêt à les rejoindre, l’histoire familiale continue de s’écrire.
Une famille unie par le travail et portée par la noisette
À Melleroy, à l’est du Loiret, Loïc et Alexandrine Chocat ont su faire évoluer leur ferme familiale avec courage et bon sens.…
« Un nouveau siège pour la chambre d’Agriculture de région Île-de-France »
Président de la chambre d'Agriculture de région Île-de-France, Damien Greffin fait le point sur la régionalisation de la Chambre…
Le préfet a échangé avec le personnel de l'ONF sur les actions à venir dans les prochaines semaines.
250 hectares d’arbres détruits en forêt de Boulogne
Après la tempête destructrice de juin dernier, l’Office nationale des forêts a organisé une visite de la forêt de Boulogne en…
Mercredi 12 novembre, à Chartres. Pour signifier leur opposition au traité du Mercosur et à la mise en place d'une taxe carbone aux frontières, Jeunes agriculteurs et la FNSEA d'Eure-et-Loir ont allumé un feu de la colère.
JA et FNSEA d'Eure-et-Loir rallument les feux de la colère 📹
Jeunes agriculteurs et la FNSEA d'Eure-et-Loir ont allumé des feux de la colère mercredi 12 novembre pour montrer leur…
Publicité