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Session chambre : la crise agricole au cœur des discussions

La chambre de Loir-et-Cher s’est réunie en session le 1er octobre à Blois. Même si de nombreux sujets ont été traités, cette session a été rythmée par la crise agricole et la situation sanitaire.

Blois, le 1er octobre. La session chambre a été rythmée par la crise agricole.

À l’ouverture de la session de la chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher, le 1er octobre à Blois, son président Guy Vasseur a fait un point sur la conjoncture agricole — objet de deux de ses délibérations. « Fin 2014, la filière porcine a connu une perte de cinq cent millions d’euros, et il sera difficile de reprendre les marchés. Cette situation est d’autant plus compliquée que nous sommes sur un problème politique avec des conséquences économiques. »

Ce constat est le même pour la crise du lait : désorganisation du marché liée à l’embargo russe, baisse des importations chinoises, arrêt des quotas. Cet été, la sécheresse s’est invitée à cette situation déjà difficile.

« Tout le monde est touché. On n’y peut rien, on subit. Cela aurait été plus facile à gérer si nous avions eu de bonnes conditions économiques », souligne Jacky Pelletier, éleveur de bovins lait et membre du bureau.

À ce titre, Guy Vasseur a salué les aides débloquées par les conseils départemental et régional et a interpellé le préfet sur la requête en calamités agricoles déposée par la chambre d’Agriculture : le dossier devrait être étudié courant octobre.

Après l’arrêt des quotas, les éleveurs ont le sentiment que les laiteries ne jouent pas le jeu. « Un index, accepté dans les contrats, établit le prix du lait annuel à 305 €/tonne mais avec ce tarif, on est en-dessous des coûts de production », précise Delphine Descamps, éleveuse de vaches laitières et membre du bureau.

Le problème essentiel, et général à toutes les filières en France, est bien le coût de production qui les empêche d’être compétitives face à l’Espagne en porc, à l’Allemagne en lait ou encore à la Pologne en volaille. « Pour que nous puissions agir, je pense que les éleveurs laitiers devraient avoir la possibilité d’intégrer plusieures organisations de producteurs. Dans le système actuel très segmenté, le rapport de force avec les industriels n’existe pas », alerte l’éleveuse.

Concernant la fièvre catarrhale ovine (FCO), les vaccins et vaccinations sont pris en charge par l’État. Un quota de doses vaccinales a été calculé pour chaque département sur la base des historiques d’exportation des cheptels. Dans le département, d’après ce calcul, il y aurait 380 broutards dans la zone réglementée donc 760 doses sont débloquées (deux doses sont nécessaires pour l’export). Il est dès lors important que chaque éleveur fasse savoir s’il compte ou non exporter afin de redistribuer les doses si besoin.

Malgré les rendements élevés et de qualité, la filière céréalière n’est pas épargnée par les difficultés. Sur les marchés, le cours des céréales ne couvre pas le coût de production et Guy Vasseur souligne : « Dans la Pac, les aides aux exploitations céréalières seront en baisse donc tous les ingrédients sont réunis pour que les céréaliers se retrouvent dans la même situation financière que les éleveurs. »

Ces inquiétudes des agriculteurs, et d’autres (respect du moratoire sur les normes, signature du Sdage...), le préfet en a pris note et a tenu à saluer la collaboration des services concernant la crise générale agricole. Revenant sur chaque thème abordé en session, il a notamment insisté sur la compétitivité, garante du « futur de notre agriculture », et sur l’installation, « un symbole fort » pour lequel des ajustements seront faits sur le terrain. 

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