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Simplification : Interview de Jérôme Volle, responsable de la commission Emploi à la FNSEA

«Il faut rendre les dispositifs beaucoup plus souples»

Jérôme Volle, vice président de la Commission emploi à la FNSEA.

Alors que le Gouvernement a annoncé cette semaine une cinquantaine de mesures de simplification en faveur des entreprises, la FNSEA doit rencontrer le Premier ministre Manuel Valls le 4 juin pour évoquer plus spécifiquement la relance de l’emploi dans les exploitations agricoles. Responsable de la commission Emploi à la FNSEA, Jérôme Volle revient sur la nécessité de simplifier davantage les conditions de l’emploi en agriculture, secteur qui compte 1,2 million de salariés.

Quels sont actuellement les freins à l’emploi agricole ?

Jérôme Volle : Alors que l’agriculture est aujourd’hui un secteur qui embauche et crée actuellement de l’emploi dans les territoires, en matière de compétitivité et de développement des exploitations agricoles, nous avons identifié deux types de freins. D’une part le coût du travail, beaucoup plus élevé que dans le reste de l’Europe, et d’autre part la rigidité du marché du travail français, de sa réglementation et de tout ce qui va avec : manque ou absence de souplesse des contrats de travail, notamment, puisque dans la majorité des cas, l’employeur est toujours fautif. Cependant, on ne remet absolument pas en cause le système de sécurité sociale ni l’existence d’un salaire minimum, le SMIC, qui est indispensable pour faire vivre les familles.

Le Gouvernement semble vouloir avancer en ce sens, avez-vous constaté des progrès ?

J.V. : On reconnait des avancées de la part des gouvernements successifs, avec le TODE, la loi Fillon, et le CICE du gouvernement actuel. La problématique est prise en considération mais le différentiel est toujours là, il faut accentuer le coup de main aux entreprises si on veut vraiment leur redonner de la compétitivité. Cela peut être basique. Par exemple, le CICE est un crédit d’impôt que l’on n’obtient qu’après avoir tout payé, ce qui peut prendre jusqu’à 24 mois. Il serait plus facile qu’au moment où l’on règle les charges sociales, les salaires, la MSA gère tout et évite ainsi à l’entreprise de faire une avance de trésorerie. Ce serait plus simple en termes de papiers à remplir, et cela éviterait au gouvernement de connaître en retard les besoins des employeurs. Récemment, il y a tout de même eu des avancées sur l’apprentissage, puisque nous aurons des déclarations à faire au lieu de demandes d’autorisation, mais avec 41 000 contrats sur les 1,2 millions du secteur agricole, l’apprentissage n’est qu’un petit volet de l’emploi en agriculture. Il faudrait arriver à simplifier également dans les autres domaines.

Vous serez présent aux côtés de Xavier Beulin, président de la FNSEA, au rendez-vous prévu le 4 juin avec Manuel Valls. Que souhaitez-vous évoquer avec le Premier ministre ?

J. V. : On a besoin de redéfinir un certain nombre de critères en matière de papiers, de déclarations, d’entrée et de sortie d’une entreprise pour les salariés… Il faut rendre les dispositifs beaucoup plus souples, et éviter que les employeurs préfèrent se tourner vers des prestataires de service au lieu de favoriser l’emploi local. Il faut aussi mettre en place des mesures d’accompagnement spécifiques pour les très petites entreprises, nombreuses en agriculture, au-delà du coût du travail : l’Etat doit investir pour éviter les situations précaires. Il est également nécessaire de définir un schéma d’accompagnement financier pour les toutes petites entreprises, les entreprises qui embauchent pour la première fois, et de développer un accompagnement pour les groupements d’employeurs. Avec un maître mot, la simplification. Nous espérons être entendus, d’autant plus que les TPE embauchent aujourd’hui dans le milieu agricole, un domaine qui a l’avantage de créer de l’emploi dans les territoires les plus reculés de France. Encourager le développement du secteur, c’est donc aussi éviter de vider les campagnes en poussant vers les villes les populations en quête d’emploi.

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