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Solidarité avec les éleveurs laitiers

À l’appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, une centaine d’éleveurs laitiers et d’agriculteurs d’autres filières du Loir-et-Cher, mais aussi de l’Eure-et-Loir et de l’Indre, s’est rassemblée vendredi 26 août, dans la soirée, devant l’entreprise Bel située à Vendôme.

Les représentants syndicaux (FDSEA et JA) se sont exprimés devant les agriculteurs présents et ils ont pu dialoguer avec le responsable de la collecte de l’entreprise Bel.
Les représentants syndicaux (FDSEA et JA) se sont exprimés devant les agriculteurs présents et ils ont pu dialoguer avec le responsable de la collecte de l’entreprise Bel.

Le rendez-vous était donné vers 20h devant Bel, à Vendôme. Une action symbolique, dans le calme, avec quelques tracteurs pour boucher le boulevard de l’Industrie où se situe l’entreprise.

« Ça nous a fait chaud au cœur, ce qui se passe à Laval, donc on ne pouvait pas rester sans rien faire », explique Alexis Descamps, éleveur laitier à Savigny-sur-Braye, adhérent FDSEA 41 et de l’Association des producteurs de lait du Perche. En effet, il s’agissait surtout de montrer le soutien de la région Centre Val-de-Loire avec les agriculteurs qui bloquent le siège de Lactalis à Laval.

Environ cent agriculteurs, éleveurs laitiers ou non, de Loir-et-Cher, de l’Eure-et-Loir et de l’Indre, ont répondu présent.

« Ce soir, on est là pour le lait mais l’été est très compliqué, voire catastrophique pour certaines exploitations, espérons qu’il n’y aura pas de drame, c’est toute ma crainte », a rappelé Didier Delory, secrétaire général de la FDSEA 41, avant d’ajouter : « Cette année, on a besoin de se serrer les coudes, d’une solidarité entre nous et il faut la maintenir. »

En effet, au-delà de la crise du lait, c’est l’ensemble du monde agricole qui souffre. « On est à un tournant de générations, si on n’arrête pas cette crise, on ne va plus installer d’éleveurs », a insisté Alexis Descamps.

Un sentiment partagé par Camille Lecomte, président des Jeunes agriculteurs de Loir-et-Cher : « Les jeunes ont des capacités d’investissement et des ressources limitées, il faut qu’une production soit payée à son juste prix pour trouver un équilibre. »

Côté pouvoirs publics, Claire Foucher-Maupetit, conseillère départementale de Montoire-sur-le-Loir, était présente. « Vous avez tout le soutien du président Maurice Leroy qui a de nouveau contacté le préfet de Loir-et-Cher pour demander la reconnaissance de l’état de calamité agricole pour notre département », a-t-elle rapporté.

Puis, en fin de soirée, Éric Abraham, responsable de la collecte à Bel, est venu échanger avec les agriculteurs. « Le groupe Bel a des marques qui se portent bien et d’autres sur lesquelles nous rencontrons des difficultés, donc si on applique un prix plus élevé, demain on arrêtera la production de certains produits et on collectera moins de lait », a-t-il expliqué.

Il s’est également dit « attentif aux négociations avec Lactalis ».

En revanche, les éleveurs qui fournissent du lait à l’entreprise ont manifesté leur besoin d’une augmentation du prix payé par Bel en fonction de celle de Lactalis. Le représentant de l’entreprise a indiqué qu’il transmettrait cette revendication mais qu’il était « impossible de payer 300 € la tonne de lait ».

Les échanges sont restés cordiaux mais la colère gronde et le ton pourrait monter dans les prochaines semaines.

Quelques chiffres : les éleveurs laitiers en région Centre Val-de-Loire produisent en moyenne 443 000 litres par an (28 % de plus que la moyenne nationale). Il y a environ 980 producteurs de lait, quatre laiteries basées dans la région et onze qui collectent sur le territoire. En ce moment, Lactalis propose comme prix de base 262,12 € les mille litres de lait contre 352,32 € en juillet 2015. Une baisse expliquée par un déséquilibre du marché et une surproduction mondiale. Le prix de production moyen est estimé à environ 350 € pour mille litres.
Mise à jour le 31 août : un accord sur les prix entre Lactalis et les producteurs a finalement été trouvé mardi 30 août, lors d’une troisième session de négociations.
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