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Stéphane Berretti, la foi dans la ruralité

Dirigeant de la société eurélienne Sodiclair basée à Nottonville, Stéphane Berretti a su rebondir après la crise de 2008. En s'appuyant sur Internet et la ruralité, il a créé Stores-et-rideaux.com.

Entreprendre. C'est ce qui donne un sens à la vie de Stéphane Berretti mais à condition que cela s'inscrive dans la ruralité et offre des perspectives à ses habitants.

« L'avenir des TPE-PME en milieu rural est un vrai sujet. Il s'agit de transmettre les savoirs et de maintenir de l'emploi. Tout le monde ne peut pas être agriculteur. Il y a des gens dans les territoires qui n'ont pas ou peu de bagage, qui y sont attachés et il faut qu'ils travaillent. C'est notre responsabilité de chef d'entreprise. Donner un CDI à quelqu'un, ça a du sens... ».

« J'ai racheté Sodiclair en 2006. Après un parcours dans l'informatique familiale, le jeu vidéo et avoir lancé les premiers portables, toujours sur des marchés de rupture en fait : j'ai eu envie d'entreprendre. Sodiclair a été fondée en 1978, ici à Nottonville (Eure-et-Loir). C'était une belle PME de trente-cinq personnes dont le métier était de fabriquer, vendre et installer des stores et des rideaux pour les collectivités et les entreprises », explique-t-il. Et puis est arrivée la crise de 2008...

« Cette crise nous a touchés à deux niveaux : la baisse des dotations aux collectivités et la crise du bâtiment. Nous savions que dans les deux ans, ce serait la catastrophe... Alors nous avons réfléchi. Il y avait un canal, Internet, une nouvelle clientèle potentielle, les particuliers, et nous pouvions leur apporter du sur mesure. Nous avions peu d'argent, peu de notoriété, et avons mis deux ans pour concevoir un site Internet. En 2011, nous avons lancé stores-et-rideaux.com et le truc prend... »

À l'époque, le made in France n'est pas à la mode, le site démarre doucement mais sa croissance est continue.

« Nous nous sommes aperçus qu'Internet a fait le transfert du marketing vers le client. Le poids du consommateur final est plus important, ses exigences augmentent. Aujourd'hui le site se développe, nous avons 200 000 clients, il représente 60 % de notre chiffre d'affaires et nous avons créé cinquante emplois dans l'usine. Nous sommes passés d'une logique de survie à une logique de développement », analyse Stéphane Berretti.

Le premier confinement lié à la pandémie Covid-19 a donné des sueurs froides au chef d'entreprise : « L'activité, c'était zéro. Heureusement le site nous a apporté de l'oxygène... Confinés, les gens se sont occupés de leur intérieur... Et ça nous a sauvés une seconde fois ».

Selon lui : « La première qualité d'un entrepreneur c'est transmettre de l'énergie, tenter des choses. Internet est un canal de distribution qui impose une vraie stratégie. Il obéit cependant aux mêmes règles : le respect du client, il faut tenir ses promesses ».

Hervé Colin

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