Stockage de l’eau : la FNSEA répond à la ministre de la Transition écologique en visite à Orléans
En déplacement à Orléans mercredi 9 septembre, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a défendu le développement de réserves multi-usages. La FNSEA 45 partage ce principe, mais demande que l’objectif fixé par la loi d’urgence agricole se traduise dans les futurs Sdage et sur le terrain.
En déplacement à Orléans mercredi 9 septembre, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a défendu le développement de réserves multi-usages. La FNSEA 45 partage ce principe, mais demande que l’objectif fixé par la loi d’urgence agricole se traduise dans les futurs Sdage et sur le terrain.
Le faible niveau de la Loire a accompagné la visite ministérielle mercredi 9 septembre à Orléans. La ministre Monique Barbut s’est rendue au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), puis à l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, où elle a participé à un comité de suivi et d’anticipation hydrologique. La sécheresse de 2026 et les moyens de mieux préparer les prochaines années ont occupé les échanges.
La loi d’urgence agricole fixe l’objectif de doubler les capacités de stockage de l’eau pour l’agriculture d’ici à 2035. Reste à savoir comment cette ambition sera prise en compte dans les Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage). Interrogée sur ce point, la ministre n’a pas confirmé que l’objectif chiffré serait inscrit dans ces documents. Elle a indiqué qu’une étude complémentaire avait été demandée dans le cadre de la nouvelle loi, avant même la publication du décret d’application, afin de ne pas ralentir les discussions.
Les Sdage attendus au tournant
« Ce ne sont pas les Sdage qui vont doubler le stockage », a répondu la ministre. Une évidence qui ne règle pas la question de leur rôle, estime Sébastien Méry, président de la FNSEA 45 : « Ils ne construiront évidemment pas les réserves, mais ils fixent le cadre dans lequel la politique de l’eau est conduite dans les territoires ». Selon le président de la FNSEA 45, la loi renforce leur responsabilité. Les documents devront comporter des orientations sur l’optimisation des usages et le stockage. Les études de gestion quantitative devront aussi anticiper les besoins et identifier les possibilités de curage, d’extension ou de création d’ouvrages. Le prochain Sdage 2028-2033 constituera donc un rendez-vous majeur. « Nous ne demandons pas que les Sdage construisent les réserves à la place des territoires. Nous demandons qu’ils ne deviennent pas l’outil qui empêche de les construire », résume Sébastien Méry. La FNSEA veillera à la cohérence entre la loi, les documents de planification et les volumes disponibles sur le terrain. « Il serait paradoxal que le Parlement fixe un objectif de doublement du stockage et que, dans le même temps, les Sdage en limitent la traduction concrète », poursuit-il.
Un accord sous conditions sur le multi-usage
Sur le principe, la ministre assure n’avoir « jamais été opposée au stockage de l’eau ». Elle défend cependant des réserves qui ne seraient pas uniquement destinées à l’agriculture. « Je pense que l’on a besoin de stocker de l’eau, mais pas uniquement pour des usages agricoles », affirme-t-elle, citant notamment les besoins des hôpitaux.
Sa visite au BRGM lui a aussi permis de mettre en avant le stockage souterrain dans les nappes, présenté comme une solution différente des bassines. La FNSEA ne s’oppose pas au partage de la ressource. « Nous sommes favorables au multi-usage. La mobilisation d’une infime partie de la ressource pour l’agriculture peut se faire avec d’autres acteurs », répond Sébastien Méry. Une telle organisation suppose toutefois, selon lui, de construire des ouvrages dimensionnés pour répondre à l’ensemble des besoins.
Le gouvernement ne promet pas leur réalisation dès l’année prochaine. Un programme d’adaptation doit être présenté d’ici à la fin du mois de septembre. Il comprendra des mesures urgentes pour 2027, puis des actions étalées sur les quatre années suivantes. « On ne va pas faire tous les stockages de l’eau en 2027 », prévient la ministre. Elle envisage en revanche de planifier les besoins et leur répartition dans les territoires. La ministre souhaite également « doubler, voire tripler » la réutilisation des eaux usées. « Il n’est pas normal que l’on continue, pour irriguer nos champs, à utiliser de l’eau potable », a-t-elle déclaré. Sébastien Méry nuance cette affirmation : « À ma connaissance, l’irrigation agricole repose essentiellement sur des prélèvements directs dans les nappes, les cours d’eau ou les réserves, et non sur l’eau potable du réseau ».
Pour la FNSEA, l’urgence reste désormais de passer des orientations aux réalisations. « Stocker l’eau lorsqu’elle est disponible pour pouvoir l’utiliser lorsqu’elle manque, ce n’est pas une idéologie. C’est une nécessité agricole, économique et territoriale, défend Sébastien Méry. Le temps des déclarations est passé. Place maintenant à la cohérence entre la loi, les Sdage et la réalité du terrain. »