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Stress hydrique, chaleur, vent... les récoltes s’annoncent difficiles en Ile-de-France ouest

Le manque d’eau et les très fortes chaleurs rendent les premières récoltes difficiles. Quelques cas de départ de feu ont même été recensés.

Alors que les récoltes d’orge d’hiver et de pois ont débuté dans certains secteurs, la moisson s’annonce difficile en raison du manque d’eau et des fortes températures.

Le Coudray-Montceaux, Saint-Pierre-du-Perray, Boissy-Saint-Léger... En Essonne, les départs de feu ont été nombreux le week-end dernier en plaine alors que commençaient les premières récoltes d’orge d’hiver et de pois. Au total, près de vingt hectares seraient partis en fumée selon les autorités.

La faute aux grosses chaleurs de ces derniers jours et au vent. « Au moindre échauffement, à la moindre étincelle sur une machine, ça peut partir », confirme Nicolas Galpin, agriculteur à Auvernaux. Cette région de l’Essonne est la première d’Ile-de-France a être touchée, les cultures y étant plus précoces qu’ailleurs.

Malgré tout, les conditions pour la moisson devraient être compliquées pour tous les départements. « Ce qui s’est passé ce week-end n’est pas un phénomène isolé », prévient le conseiller technique du Cercle de Dourdan-Limours, Thierry Mulot : « D’autres cas ont été observés dans les départements voisins, notamment en Eure-et-Loir. Les fortes températures conjuguées au vent, c’est la pire des situations. » Afin de prévenir les risques, il est conseillé de détourer le champ récolté avec un déchaumage afin de créer une barrière.

Outre ces importants risques de départ de feu, les agriculteurs doivent faire face à des cultures qui souffrent. « Au-dessus de 30°C, quel que soit l’état du sol ou les réserves en eau, on peut considérer que toutes les cultures souffrent », affirme le conseiller du Cercle d’Etampes-Méréville, Emmanuel Griard : « Il est assez difficile de mesurer l’impact précis qu’aura cette canicule sur les cultures mais il est certain que cela jouera sur le remplissage des grains. Pour les cultures les plus avancées comme l’orge, cela devrait aller, les premiers rendements semblent corrects en moyenne. En revanche, pour le blé et le colza, on peut s’attendre à des rendements bien plus faibles que la normale dans les secteurs sans pluie depuis mi-mai. »

Dans les Yvelines et le Val-d’Oise, les cultures sont moins matures et pourraient donc souffrir encore davantage. Les récoltes ont à peine commencé, voire pas du tout dans certains secteurs.

Malgré tout, « la moisson s’annonce bien plus précoce que ce qu’on espérait », témoigne Thierry Mulot qui se risque à chiffrer le manque à gagner : « Pour le colza, on pourrait avoir 10 à 15 % en moins et pour le blé, jusqu’à 20 %. »

Et son homologue du Pays-de-France, Stéphane Boulet, d’ajouter : « Les conditions sont très échaudantes et les cultures souffrent du manque d’eau. Il ne faut pas oublier non plus les betteraves qui sont en déficit foliaire et le maïs qui enroule ses feuilles, signe de l’installation d’un stress hydrique. »

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