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Coopérative
Terres bocage gâtinais : une assemblée sereine

L’assemblée générale de Terres bocage gâtinais s’est déroulée mardi 28 novembre à Nemours (Seine-et-Marne). Outre le bilan de l’exercice 2022-2023 et un point sur la campagne en cours, l’accent a été mis sur l’Europe et la représentation de la coopération à Bruxelles.

« L’exercice 2022-2023 de la coopérative a débuté dans un contexte particulier, marqué par de nombreuses réunions du conseil d’administration », a rappelé la présidente de Terres bocage gâtinais, Corinne Bonnet, en préambule à l’assemblée générale de la structure, mardi 28 novembre à Nemours, en présence d’élus locaux parmi lesquels la maire et vice-présidente de la Région en charge de l’agriculture et de l’alimentation, Valérie Lacroute, et la conseillère départementale Isoline Garreau. Ce fut également l’occasion de remercier François Pignolet qui a assuré un intérim au niveau de la direction, et de présenter Jérôme Condamy, le nouveau directeur de la coopérative à compter du 19 décembre.

Collecte 2022-2023 en baisse

La collecte 2022-2023 s’est élevée à 180 959 tonnes (dont 41 % en blé tendre, 40 % en orge et escourgeon, 8 % en colza), soit une baisse de 12,87 % par rapport à l’exercice antérieur. Cette collecte est inférieure de 6,44 % à la moyenne sur dix ans qui s’explique notamment par un épisode de grêle qui avait détruit les cultures sur ce secteur à la veille de la moisson. Cet exercice marque aussi le début de l’externalisation de la commercialisation à l’Union Terris.

Autre fait marquant : 100 % des tonnages en blé meunier ont été vendus sans insecticide. La collecte en bio de 4 600 tonnes poursuit sa hausse depuis l’agrément de la coopérative en 2018. L’objectif fixé par Eau de Paris pour bénéficier d’aide sur le silo d’Égreville est atteint avec une majorité des surfaces sur les captages de Villeron et Villemer. « Au total, la collecte provient de 321 livreurs avec une moyenne de 564 tonnes », a souligné le vice-président Christian Gibier.

Nouveau service : l'application Perfarmer

L’accent a également été mis sur le nouveau service proposé par la coopérative depuis octobre dernier pour commercialiser ses grains : l’application Perfarmer. À ce jour, 270 contrats ont été passés via l’application pour plus de 16 000 tonnes contractualisées.

Concernant l’activité approvisionnement, elle connaît une hausse de 7,9 %. Augmentation des engrais, diminution des surfaces en maïs, ressemis conséquents sont à retenir pour expliquer ce chiffre. À noter qu’un nouveau partenariat avec la plateforme de stockage de produits phytosanitaires (PSV) à Véron (Yonne) s’est mis en place.

« Concernant le traitement des semences — service proposé par la coopérative depuis 2006 —, avec 24 282 tonnes traitées, l’activité répond à la demande des adhérents », a insisté Jérémy Lelièvre, membre du conseil d’administration.

Ainsi, le chiffre d’affaires est de 89 millions d’euros — composé à près des trois quarts de la vente de grains —, soit une progression de 8 millions.

Au final, le résultat net de l’exercice 2022-2023 s’établit à 885 000 euros. Si les investissements ont été moins importants que certaines années, le résultat est impacté par l’augmentation des taux d’intérêt et par les variations de stocks en raison des forts écarts de prix des engrais.

Un point a également été fait sur la collecte de la campagne en cours (lire encadré). Enfin, outre le renouvellement d’administrateurs, deux nouveaux entrants ont été élus : Valentin Ovet et Lionel Moreau, l’occasion de rajeunir le conseil d’administration dont l’âge moyen est de 48 ans.

L’union européenne, la culture du compromis

À l’issue de la partie statutaire, la responsable du bureau de Bruxelles de LCA (La Coopération agricole), Claire Martin, a dressé un état des lieux européen à quelques mois des élections européennes prévues le 9 juin et les enjeux pour les coopératives agricoles.

Il est important que les coopératives soient au cœur des débats à Bruxelles. « On est là pour défendre le point de vue des coopératives, peu connues à Bruxelles contrairement aux syndicats et aux industries. Nous apportons également aux interlocuteurs des éléments de langage, des chiffres, des positions, explique Claire Martin. Le lobbying se professionnalise. On doit créer des alliances pour être entendus et leur apporter du concret ». Et d’insister sur le fait que « l’Union européenne, c’est la culture du compromis ». À travers le Cogeca*, « on essaie de peser ». Si des sujets sont inévitables (réforme de la Pac, négociations commerciales), des idées circulent comme le Green Deal, le DG Food, les discussions autour de l’élargissement à l’Ukraine (qui représenterait 20 % des fonds dédiés à l’agriculture), le Copa*-Cogeca porte ses priorités.

Rendez-vous est donné aux sociétaires de Terres bocage gâtinais pour un événement festif le 23 janvier à Château-Landon (Seine-et-Marne).


*Comité général des coopératives agricoles.

**Comité des organisations professionnelles agricoles.

 

Collecte 2023

La campagne en cours a été passée en revue. Au 31 août 2023, 146 000 tonnes de grains étaient collectées (+ 3 % par rapport à 2022). Voici les points essentiels par culture :

  • blé : collecte de 57 828 tonnes pour un rendement moyen de 74 q/ha. Le blé de force est de très bonne qualité ;
  • orge : 68 632 tonnes ont été collectées. Deux variétés dominent : Faro et Planète. Le rendement en orge d’hiver est de 84,9 q/ha, et de 71,2 q/h en orge de printemps (près de 64 % de la collecte) dont le calibrage trop moyen pose problème ;
  • maïs : collecte de 2 639 tonnes, en hausse de 38 %, essentiellement pour répondre aux éco-régimes. Le rendement est exceptionnel à 115 t/ha ;
  • colza : le rendement est de 35,2 q/ha ;
  • tournesol : rendement de 34 q/ha. Malgré de nombreux dégâts d’oiseaux qui ont engendré 20 % de ressemis, cette dernière présente des rendements en forte hausse, tout comme les surfaces ;
  • sorgho : son taux d’humidité de 19,94 facilite le séchage ;
  • la collecte de bio à cette date est de 4 148 tonnes pour 19 produits différents.
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