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Dégâts de gibier
Tir du sanglier et récolte : interdiction

Le tir du sanglier autour des parcelles en cours de récolte est annulé.

© Horizons - Archives

Saisie par l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), le Conseil d’État s’est prononcé sur les dispositions du décret et de l’arrêté ministériel du 28 décembre 2023, traduisant l’accord national visant à réduire les dégâts de sangliers, signé entre la Fédération nationale des chasseurs et les organisations agricoles.

Seule disposition réglementaire annulée : la possibilité de tirer le sanglier à poste fixe autour des parcelles en cours de récolte, jugée contraire à l’interdiction légale d’utilisation d’un véhicule comme moyen de rabat.

Le principal objectif poursuivi par l’Aspas, au-delà de l’annulation des deux textes au motif que les pratiques cynégétiques seraient responsables de l’augmentation du grand gibier et que ces mesures seraient contre-­productives, c’est bien la suppression de tous les outils létaux de régulation du sanglier.

Concernant la recherche de l’équilibre agro-sylvo-cynégétique prévue par la loi, le Conseil d’État a considéré qu’il ne s’agissait pas d’une exigence à respecter, mais d’un objectif à atteindre relevant de la politique publique, laissant au gouvernement le choix des moyens, y compris celui de l’augmentation des possibilités de chasse du sanglier ou la mise en place d’un dispositif de dissuasion.

Le juge a également écarté le moyen tiré de la perturbation intentionnelle des oiseaux, espèce protégée, du fait du dérangement causé par les battues sur leurs habitats. Le principe d’interdiction de perturbation intentionnelle d’une espèce protégée ne s’applique donc pas à un décret qui ne vise pas la chasse des oiseaux.

De la même façon, l’extension de la période de chasse du sanglier a été validée, au motif qu’elle ne méconnaît pas le principe de non-régression environnementale.

L’Aspas dénonçait également le recours à l’agrainage, au motif qu’il s’agirait d’une pratique prohibée de nourrissage visant à concentrer les sangliers sur un territoire. Pour le Conseil d’État, le décret se contente de clarifier cette pratique et conditionne la capacité à agrainer aux modalités définies dans les Schémas départementaux de gestion cynégétique.

Enfin, la possibilité de tirer le sanglier à poste fixe autour des parcelles en cours de récolte a été jugée contraire à l’article L. 424-4 du Code de l’environnement, qui interdit l’utilisation d’un véhicule comme moyen de rabat.

Cette décision réduit donc les moyens disponibles pour faciliter la régulation du sanglier et limiter les dommages, d’autant plus que la mesure annulée était particulièrement adaptée aux besoins des agriculteurs victimes de dégâts.

En résumé

Restent validés par le Conseil d'État :

  • l'extension des périodes de chasse (à partir du 1er avril à poste fixe pour protéger les semis, par exemple) ;
  • les modalités d’agrainage ;
  • la réduction des populations dans le cadre de la « boîte à outils » ;
  • le tir de nuit par les chasseurs ;
  • l'utilisation de la grenaille ;
  • le piégeage.

Par contre, le tir autour des machines est refusé, au motif de l’utilisation d’un véhicule comme rabat, contraire à d’autres dispositions prévues par la loi.

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