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Arboriculture
Valoriser au mieux les fruits abîmés par le gel

Les arbres fruitiers ont eux aussi été touchés par les épisodes de gel. Les arboriculteurs tentent de limiter les dégâts en écoulant autrement leur production.

Ils ne sont qu'une vingtaine à être arboriculteurs dans le département. Et comme leurs confrères viticulteurs, ils n'ont pas été épargnés par le gel. André Cellier cumule les malheurs. Il possède 7,5 hectares de vignes et 7,5 hectares d'arbres fruitiers, aux Pommes de Mont, à Mont-près-Chambord. Son verger a grillé à 70 %, alors il tente de garder le moral et de trouver des solutions, avec ce qu'il reste de ses pommes et poires, abîmées par une croissance en dents de scie.

Les saisonniers absents des vergers

« La période de froid a duré trop longtemps, elle a produit des fruits qui ne sont pas beaux, leur aspect n'est pas correct pour la vente. Le gel a aussi empêché la pollinisation, je vais avoir une chute énorme de ma production alors que je suis en culture raisonnée et en Haute valeur environnementale depuis cette année », explique l'agriculteur. Pour limiter la casse, il compte « optimiser la vente directe et valoriser les pommes en jus. Mais je n'aurai pas les moyens de payer des gens pour cueillir les fruits comme tous les ans », déplore-t-il.

C'est l'autre conséquence du gel : le non-recours aux saisonniers. « On travaille avec les mêmes personnes tous les ans, on les a fidélisées, on va leur dire quoi maintenant ? », s'exaspère un autre arboriculteur. Les professionnels du secteur craignent de voir s'échapper cette main-d'œuvre experte pour la cueillette, qui connaît bien leurs arbres, vers un autre métier ou un autre territoire. Autre point noir, il faudra également effectuer plus de travail dans les vergers à la suite des épisodes de grands froids. « Nous allons devoir passer 30 % de temps en plus pour la taille ».

Consommer des fruits moches

Pour l'instant, les arboriculteurs comptent sur le soutien des consommateurs. André Cellier et ses confrères veulent faire passer un message essentiel : « Une partie de liège couvre cette poire, mais elle n'est pas mauvaise, il suffit de l'enlever. Nous allons baisser le prix de nos produits mais nous ne pouvons pas descendre trop bas. Il faut que le consommateur le comprenne et continue de nous acheter les fruits ». Alors, dès maintenant, plus de discrimination au fruit moche quand nous faisons nos courses.

 

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Sur les ondes radios défile une publicité, pour une enseigne nationale de distribution, arguant que les fruits abîmés par le gel seront vendus dans les rayons. Une jolie musique à laquelle ne croient absolument pas André Cellier et ses confrères. « Ce qui va se passer, c'est qu'ils ne voudront pas de nos fruits, ou alors les acheter à 40 centimes le kilo », s'agace un arboriculteur.

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