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Interview
Valérie Lacroute : « La région portera une politique agricole francilienne ambitieuse »

Valérie Lacroute, vice-présidente en charge de l’Agriculture et l’Alimentation à la Région Île-de-France, répond à nos questions.

Valérie Lacroute.
Valérie Lacroute, vice-présidente en charge de l’Agriculture et l’Alimentation à la Région Île-de-France.
© DR

Horizons : Présentez-vous rapidement à nos lecteurs ?

Valérie Lacroute : Je suis maire de Nemours depuis 2008, une commune de 13 000 habitants située dans le Gâtinais au sud de la Seine-et-Marne, un territoire marqué par des espaces agricoles très diversifiés et une place importante de la forêt. Députée de 2012 à 2020, j’étais alors membre de la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire. Dans ce cadre, j’ai travaillé sur de nombreux dossiers agricoles : la Pac, la question de la formation et de l'orientation professionnelle pour attirer les jeunes vers les filières agricoles.

Je suis aussi intervenue dans le cadre du projet de loi de Finances auprès du Gouvernement sur le versement tardif des aides, sur la filière betteravière, le Bio, sur la gouvernance alimentaire et j'ai cosigné des propositions de loi notamment celle tendant à préserver la compétitivité des productions agricoles nationales… Des sujets passionnants, enrichissants qui m’ont amené à collaborer étroitement avec les chambres d’Agriculture d’Île-de-France et de Seine-et-Marne (aujourd’hui Chambre de région d’Île-de-France), les syndicats agricoles, les JA.

J’ai rencontré très régulièrement sur le terrain les chefs d’entreprises, agriculteurs, producteurs et mené à leurs cotés des actions. J’étais d’ailleurs présente à Darvault le 2 avril pour échanger et soutenir les exploitants agricoles avant leur départ en tracteurs pour la sous-préfecture de Fontainebleau lors de leur action, visant à dénoncer la première version des propositions de la nouvelle Pac 2023 et ses mesures déconnectées de la réalité du terrain.

Dès mon élection, je me suis déplacée sur un élevage avicole puis lors de la moisson sur une exploitation de polyculture en Seine-et-Marne. J’irai également à la rencontre des exploitants des autres départements franciliens au cours des prochaines semaines.

Conseillère régionale depuis juin dernier, vous êtes vice-présidente de la région Île-de-France en charge de l’Agriculture et l’Alimentation. Quel est votre fil conducteur pour cette mandature ?

L’Île-de-France est l’une des régions françaises les plus agricoles employant 11 000 personnes réparties sur 5 000 exploitations, situées pour 51% en Seine-et-Marne et consacrées principalement aux grandes cultures. Sans compter les 450 000 salariés des PME ou établissements qui transforment le fruit de la terre et les 12 000 artisans des métiers de bouche qui le magnifient. Notre région Île-de-France est fière d’être la première pour la production de cresson, de persil et de salades d’été et également la première de l’hexagone pour la conversion à l’agriculture biologique depuis deux ans.

C’est donc une attention toute particulière que la Région et sa présidente, Valérie Pécresse, porteront à l’agriculture qui s’est engagée à mettre en avant une politique agricole francilienne ambitieuse avec comme principaux axes : agir pour le développement de l’attractivité et la compétitivité des métiers de l’agriculture, la transition écologique, le développement des filières alimentaires et non-alimentaire, la préservation du foncier agricole, la rénovation du patrimoine agricole et rural, l’installation des jeunes, la transmission d’entreprises…

Dans le prolongement de mon mandat de parlementaire, je vais mettre à profit les acquis de ses huit années à l’Assemblée nationale pour développer le projet agricole francilien dans la délégation que m’a confié Valérie Pécresse.

Quels sont les grands dossiers que vous souhaitez porter ?

De nombreux sujets justifieront une mobilisation de la Région. Je pense au fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) qui intervient dans le cadre de la politique de développement rural. Le but est de négocier au niveau national une meilleure répartition de l’enveloppe, l’Île-de-France étant la région qui touche le moins.

Un foisonnement d’actions sont prévues comme le renouvellement de la convention triennale entre la Région et la chambre d’Agriculture (2023-2025), la préparation d’un nouveau plan Bio 2022-2027, la finalisation d’un Plan alimentaire régional (Agrisolidaire), le déploiement de plateformes logistiques, la valorisation des produits locaux francilien au sein des établissements scolaires, chez les grands distributeurs commerciaux…

La fête du patrimoine gourmand, événement organisé par la Région et Île-de-France Terre de saveurs, est de retour les 18 et 19 septembre. Présentez-nous cette édition 2021 et ses nouveautés ?

Cet événement mis en place par Gérard Hébert, président de Terre de saveurs Île-de-France, proposera un parcours gastronomique inédit sous forme d’un grand marché à ciel ouvert de bons produits du terroir francilien adhérents à la marque régionale alimentaire « Produit en Île-de-France » au pied du Conseil de la Région Île-de-France, 8 boulevard Victor-Hugo à Saint-Ouen-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).

En complément, deux expositions photos permettront de découvrir les paysages, produits emblématiques, artisans, et agriculteurs d’Île-de-France.

Je rappelle que l’Île-de-France n’est pas la première région gastronomique de France par hasard. Pour mémoire, plus de 2800 produits sont à la marque « produit en Île-de-France », soit près de 450 entreprises franciliennes. Elle doit cette place enviée à ses produits du terroir riches et variés : bries de Melun et de Meaux — reconnus par des AOP —, miel du Gâtinais, moutarde de Meaux, chou de Pontoise, carotte de Bouafle, jambon de Paris, agneau d’Île-de-France, menthe Poivrée de Milly-la-Forêt, sirop au coquelicot de Nemours…

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