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Agronomie
Trois ateliers chez Olivier Vasseur et des solutions

Dans le cadre du Mois de la biodiversité, la chambre d'Agriculture et l'association Hommes et territoires ont organisé une série d'ateliers le 9 juin à Bailleau-l'Évêque, sur l'exploitation d'Olivier Vasseur.

 

Une cinquantaine d'agriculteurs s'est retrouvée le 9 juin à Bailleau-l'Évêque, à la Ferme du château de Levesville, chez Olivier Vasseur. Ils répondaient ainsi à l'invitation de la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir et de l'association Hommes et territoires qui organisaient, dans le cadre du Mois de la biodiversité en région Centre-Val de Loire, une série de trois ateliers sur cette thématique. L'exploitation fait partie du réseau de fermes Dephy.

Changer de système

Le choix de cette exploitation ne doit donc rien au hasard. Le premier atelier proposé a permis de le comprendre puisqu'il y a été question de re-conception de système. C'est exactement ce qu'a fait Olivier Vasseur en reprenant les rênes de l'exploitation familiale en 2015 : « Avant ici c'était pois, blé-orge-colza, beaucoup de pulvé et labour total. Et il y avait un début de salissement… Ceci dit, mon père avait fait un super boulot. Mais j'ai souhaité changer de système », a-t-il confié.

L'exploitant s'est fixé une série d'objectifs. En premier lieu l'autonomie de décision, ensuite garder la ferme propre : « Il fallait réfléchir à la rotation et utiliser les leviers agronomiques comme base du schéma de décision ». Double actif, Olivier Vasseur s'est autorisé à prendre des risques… Sa rotation repose aujourd'hui sur quatorze cultures principales : multiplication de semences, lentilles, plants de pommes de terre ou betteraves : « intéressantes pour la gestion du désherbage ». Le tout a été aidé aussi par le fait qu'il a eu la chance de trouver de l'eau, « ça sécurise le système »…

Préserver les auxiliaires

Au final, il intègre un quart de cultures de printemps qu'il s'interdit de labourer après, décale ses dates de semis de céréales après le 15 octobre, généralise les couverts semés en direct au cul de la moissonneuse et mulchés au 15 novembre, puis faux-semis… Selon lui : « Multiplier les leviers, c'est comme un jeu de Lego. Il faut définir ses objectifs dès le départ. Aujourd'hui, je n'ai plus de stress face à l'enherbement, je sais que je vais le gérer sur ma rotation. Je n'ai pas de prétention à l'exemplarité, j'essaie de faire en fonction du contexte ».

L'atelier suivant est consacré à la biodiversité. Juste avant, Olivier Vasseur avait précisé qu'il utilisait le moins possible d'insecticides pour préserver les auxiliaires. C'est leur rôle qui a été mis en avant sur ce pôle animé par Chloé Swiderski, de l'association Hommes et territoires, et Thomas Gaujard, conseiller de la Chambre. La discussion porte sur la plantation de bandes fleuries sur l'exploitation, portées par ­l'Inrae, dans le but de lutter contre certains ravageurs et favoriser les pollinisateurs.

Pour Thomas Gaujard : « Il ne reste que deux familles chimiques d'insecticides et nous ne sommes pas sûrs de les garder longtemps. Il faut donc se servir des insectes présents pour réguler les ravageurs. Or parfois, lors d'une intervention, on flingue les auxiliaires, ce qui facilite la ré-­infestation. Il faut regarder s'il y a des auxiliaires quand vous êtes dans vos parcelles ». Des spécimens des plus courants, capturés ici, ont circulé parmi les agriculteurs.

Auto-construire l'Anastasem

Ils se rendent ensuite sur l'atelier consacré aux couverts et au travail du sol. Le couvert semé par l'exploitant est un mélange de dix espèces, semées en même temps. L'objectif est de décompacter le sol et d'assurer une bonne reprise au printemps. Pour semer ses couverts, Olivier Vasseur utilise depuis trois ans un semoir de semis direct à dents, ­« l'Anastasem », qu'il a construit lui-même étant donné le prix exorbitant de ce type d'outil, surtout pour des couverts. Quoiqu'en 2020 il l'ait utilisé pour ses céréales et en a été satisfait…

Enfin, un profil de sol d'une des parcelles d'Olivier Vasseur a été présenté sur les fourches d'un télescopique. Force a été de constater que le sol était homogène sur ses cinquante centimètres. Même si l'on pouvait deviner différents horizons dus aux pratiques passées, les racines passaient bien à travers. Bref, par l'exemple, une série de solutions dont la mise en pratique est à la portée de beaucoup.

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