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Coopérative
Tour d'actualité d'Axéréal

Le groupe coopératif Axéréal a tenu son assemblée générale le 9 décembre. Vincent Michelet, président de la section Grand-Ouest du groupe, fait le point.

Vincent Michelet, agriculteur dans le Vendômois, est membre du bureau d'Axéréal.
Vincent Michelet, agriculteur dans le Vendômois, est membre du bureau d'Axéréal.
© AXÉRÉAL

Vincent Michelet est producteur de grandes cultures et de semences au nord de Vendôme. Il préside la section Grand-Ouest et est membre du bureau d'Axéréal. L'assemblée générale de la section Grand-Ouest s'est tenue le 30 novembre dernier à Autrèche (Indre-et-Loire), juste avant l'assemblée générale ­d'Axéréal du 9 décembre à Orléans (lire ci-dessous). Moissons 2020 et 2021, cours mondiaux, intrants, bas-­carbone, approvisionnement, digitalisation… Il fait le point.

Moissons 2020 et 2021

La moisson 2020 a été atypique, en dessous de la norme en termes de volumes. « La moisson 2021 est un retour à la normale en termes de volumes. Les prix sont par ailleurs bien meilleurs qu’en 2020, ce qui permet à certaines exploitations de respirer. Cependant, il reste important de souligner que cette volatilité des prix temporaire n’est pas un point sur lequel nous devons compter sur le long terme », explique Vincent Michelet.

Du côté de l'activité de la coopérative et de la séparation de la vente et du conseil, Axéréal a choisi de continuer la vente de produits phytosanitaires aux agriculteurs. « La coopérative continuera dans tous les cas à structurer les filières, et à proposer des recommandations globales. Par ailleurs, nous accélérons notre accompagnement des adhérents vers des solutions combinatoires, pour poursuivre la protection des plantes en diversifiant les façons d'y arriver », poursuit-il.

200 000 t bas-carbone attendues

Axéréal a mis en place les filières bas-carbone pour le colza et le tournesol et cela démarre pour les céréales à paille. « Les marchés bas-carbone fonctionnent très bien et séduisent de plus en plus de producteurs. 200 000 tonnes sont attendues en 2022. Pour chaque culture, un cahier des charges permet un gain de valeur ajoutée pour chaque agriculteur en fonction de l'amélioration de ses pratiques. On y croit beaucoup : c'est l'une des filières que l'on met en place pour augmenter la valeur versée aux agriculteurs. Cela correspond à la demande d'un client et d'un consommateur final. L'objectif : aller chercher de la valeur pour les agriculteurs. À tous les niveaux des filières, il y a une demande des consommateurs et il faut y répondre. Ces filières sont un premier pas, qui ouvre de façon plus large de très belles perspectives autour des démarches carbone pour les adhérents : la ­coopérative se structure pour accompagner ces projets d'avenir », pointe Vincent Michelet.

La logistique sous tension

Le groupe coopératif est aussi concerné par le contexte global difficile sur les questions de logistique, à tous les échelons : mondial, mais aussi en France, en région, en département. « Il manque des dizaines de milliers de chauffeurs routiers pour transporter les grains, les intrants. Il y a une pénurie logistique, il n'y a pas d'offre constante de bateaux, etc. Sur tous les modes de transport, c'est très tendu, les coûts augmentent », explique l'agriculteur. Les services de la coopérative réalisent des efforts constants pour ­s'adapter.

Intrants : préoccupation de l'automne

Les intrants sont un sujet de ­préoccupation majeure depuis l'automne. « Nous avons été prudents dès le départ sur les approvisionnements. Très tôt au printemps, on a conseillé aux agriculteurs de se positionner à cause de la logistique qui était déjà tendue. À l'heure actuelle, les commandes sont engagées auprès de fournisseurs sérieux. Beaucoup d'engrais sont dans les fermes. Pour les agriculteurs qui n'ont pas encore commandé, on ne sait pas en termes de disponibilité. On pense qu'on est arrivés sur des plateaux de prix » détaille-t-il. D'une façon générale, la coopérative recommande depuis longtemps aux agriculteurs de faire rentrer des marchandises régulièrement, sans à-coups pour éviter les déconvenues (variation des prix, disponibilités). « Personne n'est capable de prévoir les variations de prix. Sur les exploitations, il faut s'habituer à être prévoyant en termes de logistique : lisser toutes les périodes de pics, pouvoir stocker à la ferme. Beaucoup d'agriculteurs anticipent, cela est une stratégie gagnante. Pour ceux pour qui c'est difficile, on essaie de trouver des solutions. » Le prix des engrais reste un sujet « très compliqué » selon Vincent Michelet : « Les aléas climatiques deviennent la norme en plus de la volatilité des prix ».

Restructuration et digitalisation

Axéréal a engagé il y a un an une réorganisation du groupe. Vincent Michelet la résume ainsi : « Moins de silos mais mieux de silos. Nous fermons les silos obsolètes ». Parmi les autres projets du groupe, la digitalisation au service des filières, à plusieurs niveaux : digitalisation des informations sur la collecte, digitalisation des achats d'intrants via un site de commerce en ligne. « Cela permet la distribution des intrants sur certains sites de la coopérative ou en direct à la ferme. Le site de vente en ligne progresse, avec un trafic en augmentation de 30 % par mois. Les agriculteurs commandent eux-mêmes les produits et choisissent leur site de livraison. C'est un très grand projet de digitalisation de la coopérative, en cours de déploiement parallèlement au nouveau réseau de distribution », conclut Vincent Michelet.


Axéréal maintient sa performance opérationnelle

Le conseil d’administration d’Axéréal, réuni en assemblée générale le 9 décembre dernier, a présenté les comptes du groupe arrêtés pour l’exercice clos au 30 juin 2021. Malgré un contexte défavorable en 2020-2021, le groupe coopératif maintient sa performance opérationnelle, en affichant une trajectoire basée sur la transition agricole et alimentaire.
Pour Jean-François Loiseau, président d’Axéréal : « La campagne 2020-2021 restera marquée par un environnement particulièrement difficile, cumulant une moisson historiquement basse et des marchés toujours très affectés par la crise de la Covid-19. Dans ce contexte, le virage stratégique dans l’organisation de nos activités agricoles initié il y a maintenant un an, révèle tout son intérêt pour davantage d’agilité et de synergies (…) ».
Garder le cap de la performance durable
La récolte 2020 du pôle agricole en France atteint un niveau particulièrement bas, avec 3,2 millions de tonnes collectées, soit une baisse de rendement de plus de 20 % par rapport à l’année précédente, en ligne avec la production française. Avec 620 000 tonnes de grains désormais fléchés vers les filières à cahier des charges cette année, la progression est de + 14 % par rapport à l’année précédente. 200 000 tonnes de cultures bas-carbone sont en cible pour la récolte 2022. Le plan de réorganisation a été déployé dans les délais, permettant de réaliser des économies dès 2021. (…) Pour Paul-Yves L’Anthoën, directeur général d’Axéréal : « La transformation de notre groupe s’accompagne d’un plan d’investissements soutenu. Nous avons consacré 98 millions d’euros à nos investissements en 2020-2021, soit 13 millions d’euros de plus que l’année précédente (…) ».
 

Axéréal en chiffres

Axéréal c'est 11 000 agriculteurs et 4 000 collaborateurs, 3 128 millions d’euros de chiffre d'affaires, soit + 3 % par rapport à l’année précédente. Les volumes vendus atteignent 2,649 millions de tonnes au 30 juin 2021, soit 43 % du CA. Excédent brut d’exploitation (EBE) : 165 millions d’euros, soit + 19 %.
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