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"Tous les éléments sont réunis pour que ce soit une belle miellée"

La récolte de miel a démarré sur les chapeaux de roues pour le Gaec de Mérignan à la La Ferté-Saint-Aubin (Loiret). Noé Gaschaud, l’un des quatre associés apiculteurs, répond à nos questions.

Noé Gaschaud auprès de ses ruches.

Horizons : Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?

Noé Gaschaud : Le Gaec de Mérignan est un établissement apicole situé en Sologne, sur la route d’Orléans à La Ferté-Saint-Aubin, qui existe depuis 1991. Aujourd’hui, trois décennies après le début de l’aventure, nous sommes quatre exploitants apicoles (Olivier Blot, David Sowtys, Noé Gaschaud et Sandrine Beunier) à la tête d'un cheptel de plus de 1 400 colonies à 150 km à la ronde.

Avec une passion inchangée, nous assumons le renouvellement, nous transhumons au fil de la saison, du Val de Loire (pour les miels d’acacia et printemps), à la Sologne (châtaignier-forêt) jusqu'au pays Sancerrois (prairie-fleurs sauvages) et même l’Oise (tilleul). Pratiquant une apiculture raisonnée, soucieuse de la préservation de l'abeille et de son environnement, nous mettons un point d'honneur à produire des miels de qualité.

Votre société a-t-elle été impactée par la crise sanitaire du Covid-19 ?

Du côté de la production, aucun impact. L’activité auprès des ruches s’est poursuivie normalement et intensivement pendant toute la durée du confinement. Nous avons tout de même fait le choix de transhumer un peu moins loin. Si d’habitude nous allons jusqu’en Beauce vers Ouzouer-le-Marché ou Beauce-La-Romaine, cette année nous sommes restés en Sologne, et nous n’avons pas pour autant fait une moins bonne miellée.

Par contre, il a fallu nous adapter au niveau commercial. Nous avons dû fermer une grosse semaine, le temps de trouver les masques et le gel hydroalcoolique et de mettre en place des mesures barrières au sein de la boutique avec une modification de l’aménagement intérieur et une adaptation des horaires d’ouverture. Bien que tout ait été mis en place pour accueillir les clients proprement et légalement, nous avons noté une baisse de la fréquentation. Les gens allaient à l’essentiel et au plus rapide sans faire de détours. En temps normal, 50 % de notre chiffre d’affaires se fait en direct sur les marchés, foires et salons et pour l'autre moitié chez les réseaux spécialisés (épiceries fines, fromageries, primeurs) dans toute la France.

La fermeture de 3 marchés sur les 5 hebdomadaires pratiqués nous a fortement pénalisés, mais heureusement, les ventes des magasins de producteurs ont quant à elles augmenté, ce qui a permis de sauver les meubles. De plus, comme chaque année, nous avions prévu de participer à de nombreuses animations comme les portes ouvertes de Bienvenue à la ferme ou encore le marché paysan de la chambre d’Agriculture, mais tout a été annulé… C’est donc une perte nette et un réel manque à gagner.

Comment se déroule le début de la récolte 2020 ?

La récolte 2020 s’annonce bien dans le département, mais j’ai des confrères d’autres régions qui n’ont pas la même chance et qui grincent des dents en lisant des articles qui annoncent la récolte du siècle ! Au Gaec, nous avons une belle récolte pour le miel de printemps, avec des quantités doublées par rapport à une année normale. Par contre, nous sommes sur seulement 1/3 de récolte pour le miel d’acacia.

Les conditions climatiques – excès d’eau, température froide et les quelques orages – n’ont pas permis aux abeilles de profiter pleinement de la belle floraison. Contrairement à l’année passée qui était chaotique, nous allons avoir du miel de prairies et tous les éléments sont réunis (eau et chaleur) pour que ce soit une belle miellée pour le châtaignier et le tilleul. Mais on est très loin de 2018 qui est, pour le moment, la meilleure récolte de ma carrière.

Quelle est votre relation avec le milieu agricole ?

Nous travaillons avec une vingtaine d’agriculteurs. Nous avons de très bonnes relations avec chacun d’entre eux. Nous nous appuyons régulièrement sur les conseils de Baptiste Menon, du syndicat de Jeunes agriculteur 45, pour mieux comprendre leurs pratiques, leurs besoins, mais aussi leurs contraintes.

À ce jour, nous n’avons jamais eu de soucis dans un champ et pourtant nous faisons de la pollinisation, nous allons sur les colzas, oignons, carottes… Notre taux de mortalité est d’à peine 10  %, dû pour une très grande partie aux conditions climatiques et au varroa.

Propos recueillis par Doriane Mantez



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