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Tout pour réussir le colza de l'automne prochain à Viabon

La chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir et l'institut technique Terres Inovia ont organisé une visite d'essais colza chez Solenne Thévenet, mardi 22 avril à Viabon (Eure-et-Loir). L'occasion de comparer une soixantaine de variétés.

Comme elles le font régulièrement à pareille époque, la chambre d'Agriculture et l'institut technique Terres Inovia se sont unis pour proposer aux exploitants une visite d'essais colza, mardi 22 avril sur une parcelle de Solenne Thévenet à Viabon. Il s'agit de parler de l'actualité de la culture, de voir une belle collection d'une soixantaine de variétés et d'observer la structure du sol.

Un duo bien rodé

Avant de défiler devant les variétés (lire ci-dessous), la discussion est lancée entre la dizaine d'agriculteurs ayant bravé la pluie et le duo bien rodé formé par l'agronome de la Chambre, Dominique Delaunay, et son homologue de Terres Inovia, Julien Charbonnaud.

Ainsi, l'un des premiers sujets abordé est celui des insectes d'automne : « Nous avions une crainte ici avec la proximité du Loiret, sachant que les altises résistantes au pyrèthre arrivent par l'est, pose Dominique Delaunay. Il faut donc utiliser le Minecto Gold (qui a obtenu une dérogation régionale, notre édition du 4 octobre 2024). Sur les blocs non traités, nous avons dénombré de 1 à 10 larves par plante. Les altises ont des préférences, on ne sait pas pourquoi. Certaines variétés comme Féliciano en ont moins et d'autres comme Hélypse vivent mieux avec ».

« Sur ce point, les travaux sont en cours, complète Julien Charbonnaud. Nous savons seulement que les essais de mélange de variétés ne fonctionnent pas. Peut-être que cela provient de la réussite de la ponte selon la plante ou la façon dont elle réagit. De toute façon, quand les bestioles arrivent, il faut que les plantes soient au stade quatre feuilles », rappelle-t-il.

Sortir l'artillerie lourde

Autre point discuté, celui du désherbage et particulièrement celui des graminées : « C'est un vrai problème, il faut sortir l'artillerie lourde, suggère Julien Charbonnaud. Toutes les stratégies qui vont améliorer la situation ray-grass sont préférables aux solutions chimiques. Sinon, il y a le risque de carboniser la plante avec les herbicides d'automne. Certains ont fait des tambouilles et on voit beaucoup de problèmes cette année. La cléthodime, on la fait seule, sans adjuvant, et en respectant les conditions d'emploi ».

Selon l'agronome de Terres Inovia : « Sur parcelle propre, on ne lève pas le pied, un peu sale on met le paquet et on active les leviers agronomiques. Quant aux parcelles sales, elles deviennent des friches… ». Ceci posé, il est question ensuite du problème des feuilles jaunes, lié à la génétique de certaines variétés : « Cela reste un dossier compliqué », pointe Dominique Delaunay.

Fosse pédologique

La visite de ces essais se termine autour d'un trou. La fosse pédologique ouverte difficilement par les agronomes de la Chambre révèle une structure de limons d'une profondeur de 60 à 70 cm : « J'ai trouvé du sable de Lozère, souligne Dominique Delaunay. Rien à voir avec la rivière du département du même nom. Cela vient du nom d'un village proche de Massy-Palaiseau (Essonne) où il a été découvert ».

Cette fosse a mis en lumière un problème de structure avec une zone plus compacte à une vingtaine de centimètres : « On peut envisager de passer une dent à 25 cm mais on risque toujours de faire plus de conneries que de bien. La seule certitude, c'est que l'on va consommer du gasoil… Il faut faire appel à un spécialiste », conseille Julien Charbonnaud avant qu'une belle averse ne mette un terme à la visite.


La collection colza automne 2025

Pour cet essai, l'agronome de la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir, Dominique Delaunay, présente une collection de quelque soixante variétés, la plupart inscrites après 2021. Deux blocs sont présents, l'un traité contre les insectes, l'autre non, afin de pouvoir constater l'effet des altises selon les variétés.

La visite sera assez rapide, l'agronome ne s'arrêtant qu'au droit des variétés les plus intéressantes. Pour sa part, Julien Charbonnaud rappelle que si l'objectif est de changer de génétique par tranche de vingt hectares, « il faut faire attention au fait que des plantes commercialisées sous des noms différents peuvent avoir un profil génétique identique ». Un peu plus loin, il ajoute que le rendement n'est pas le meilleur critère de choix : « Il faut prendre en compte tous les autres critères pour contrer les risques ».

Quand un exploitant demande s'il y a un intérêt à faire des mélanges, la réponse est unanime : « C'est difficile à tester et nous n'avons pas mis de synergie positive en évidence », relève Dominique Delaunay. « Cela pose plus de questions que de réponses, par rapport à la gestion de l'élongation ou du sclérotinia par exemple. Et le plus souvent, on mélange des variétés qui sont proches. De plus, comme elles changent souvent, nous n'avons pas le temps de tester ».

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