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Tracteurs à chenilles, entre performances et contraintes

Conçus pour les travaux lourds et les conditions de sol exigeantes, les tracteurs à chenilles séduisent par leur puissance de traction et leur capacité à passer là où les pneus atteignent leurs limites. Mais leur coût élevé et leurs contraintes d’usage imposent une réflexion approfondie avant investissement.

Dans les grandes exploitations de polyculture ou de grandes cultures, le choix entre tracteur à pneus et tracteur à chenilles dépend étroitement des conditions de sol, du type de travaux et des contraintes de circulation. « Les modèles à chenilles sont souvent réservés aux tracteurs de forte puissance, conçus pour des besoins de traction élevés tels que déchaumage lourd, travail profond ou utilisation d’outils larges », souligne Kévin Gallien, conseiller à la Fédération des Cuma du Loiret.

Tassement moins concentré

Leur principal atout réside dans la capacité à transmettre efficacement la puissance au sol, avec un taux de patinage réduit et une meilleure répartition du poids sur la surface portante. « Contrairement à une idée reçue, ils ne tassent pas forcément moins, mais le tassement est plus diffus et moins concentré, ce qui peut préserver la structure du sol dans certaines conditions », reprend le conseiller.

Assurance « passe-partout »

Autre avantage : la charge admissible sur essieu est plus importante, ce qui autorise l’emploi d’équipements lourds. Les chenilles permettent également de passer là où les pneus atteignent leurs limites : sols humides, limons peu portants ou parcelles difficiles d’accès. C’est un atout apprécié pour sécuriser les chantiers de travail du sol ou d’épandage lorsque la météo se dégrade. Pour les exploitations ou Cuma disposant d’importantes surfaces, l’investissement peut donc se justifier, d’autant que le confort et la stabilité des systèmes à suspension progressent d’année en année.

Mais ces avantages ont un coût. Un tracteur à chenilles reste sensiblement plus cher qu’un équivalent à pneus, tant à l’achat qu’à l’entretien. « Si le prix des bandes de caoutchouc est comparable à celui d’une monte de pneus haut de gamme, le remplacement complet du train de roulement, de l’articulation ou des galets s’avère long et onéreux », confirme Kévin Gallien.

Difficile à rentabiliser

Dans un contexte de prix de marché tendus, l’investissement mérite donc réflexion. Certains agriculteurs ainsi que quelques Cuma s’interrogent sur sa réelle valorisation, d’autant qu’un tracteur à roues jumelées peut offrir un compromis intéressant entre traction, portance et polyvalence, pour un coût moindre.

Le choix d’un tracteur à chenilles doit ainsi résulter d’une analyse précise : nature et portance des sols, volume d’heures de traction lourde, distance entre parcelles et stratégie de mutualisation. Dans certaines exploitations de grandes cultures, la chenille s’impose comme un outil de performance. Dans d’autres, elle demeure un luxe difficile à rentabiliser.

Cet article fait partie du dossier Tirer le meilleur de son tracteur

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