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Coopératives
Un bon exercice 2020-2021 finalement pour la CABBP

La coopérative agricole Bonneval Beauce et Perche a dû se résoudre à annuler son assemblée générale en présentiel. Pour faire un bilan de l'exercice 2020-2021, nous avons donc rencontré, le 16 décembre, son président, Benoît Ferrière, et son directeur, Guillaume Rivet.

Le 16 décembre, à Bonneval. Le président de la Coopérative agricole Bonneval Beauce et Perche, Benoît Ferrière (à d.), et son directeur, Guillaume Rivet, peuvent se féliciter de résultats très corrects en dépit des circonstances.
Le 16 décembre, à Bonneval. Le président de la Coopérative agricole Bonneval Beauce et Perche, Benoît Ferrière (à d.), et son directeur, Guillaume Rivet, peuvent se féliciter de résultats très corrects en dépit des circonstances.
© H.C. - Horizons

La cinquième vague de la pandémie de Covid-19 a eu raison de la volonté des responsables de la coopérative agricole Bonneval Beauce et Perche d'organiser en présentiel leur assemblée générale annuelle. En revanche, elle a pu organiser ses assemblées de section normalement fin novembre. Aussi, pour dresser le bilan de l'exercice clos au 30 juin 2021, nous avons rencontré le 16 décembre son président, Benoît Ferrière, et son directeur, Guillaume Rivet. Ce sera l'occasion également de rencontrer le nouveau président de la structure : Arnaud Mercier.

Baisse de la collecte…

« À la récolte 2020, nous avons enregistré une baisse de la collecte globale d'environ 22 %. Les orges ont beaucoup baissé (- 30,08 %), le blé tendre aussi (- 29,50 %), mais nous avons constaté une hausse en colza (23,56 %), relève ­Guillaume Rivet. C'est le niveau le plus bas depuis la récolte 2016. En revanche, elle a été de bonne qualité et a été facile avec des conditions météo favorables ».

Pour leur part, les expéditions ont été particulièrement dynamiques en début de campagne, singulièrement en maïs. 362 000 tonnes ont été expédiées. « Ce qui a compensé en partie la baisse de collecte, reconnaît le directeur de la coopérative. De plus, nous avons fini avec des stocks historiquement bas, ce qui nous a permis de bien nettoyer les silos ».

L'activité approvisionnement de la coopérative a été qualifiée de globalement stable, avec une baisse en engrais du fait de la mauvaise récolte et des chiffres quasiment identiques à ceux de l'exercice précédent en produits phytosanitaires, en raison d'un printemps sec et de stocks en ferme, et en semences.

… mais bonne performance

« Avec la mauvaise récolte, nous avons serré les boulons, c'est un peu le réflexe, souligne Guillaume Rivet. Mais au final, nous faisons un bon exercice, avec un million de résultat net. Une bonne performance compte tenu de la collecte ».

Ce résultat permet à la CABBP de provisionner 220 000 euros représentant 1 euro par tonne à ses adhérents 100 %, pour récompenser leur fidélité. En outre, une ristourne céréales de 1 euro par tonne également, une ristourne de 1 % du chiffre d'affaires approvisionnement et un intérêt aux parts au taux de 2,488 %, seront versés.

Pas de travail partiel

Au cours de cet exercice marqué par la crise sanitaire, la coopérative n'a pas eu recours au travail partiel : « Ce n'est pas dans nos habitudes, tranche Guillaume Rivet. Ça a été évoqué mais nous ne l'avons pas mis en place. Déjà, c'est difficile à mettre en œuvre, les gains ne sont pas très élevés et cela crée beaucoup de traumatisme auprès des salariés et des agriculteurs. Et puis cela renvoie une image d'entreprise en difficulté ». Ce qui n'est absolument pas le cas.

La collecte

La collecte totale s'est élevée à 331 000 tonnes (424 021 lors de l'exercice précédent), dont 146 723 t de blé tendre, 31 054 t de blé dur, 68 300 t d'orges, 39 891 t de maïs, 1 929 t de pois et 41 012 t de colza. La récolte de semences a été d'environ 10 000 t. En blé, les PS se sont avérés en moyenne supérieurs à 80 et les protéines à 11,7 % et en blé dur à 14,3 %.


« Nous avons un attachement majeur à la proximité »

Lors de cette rencontre, Benoît Ferrière évoque les travaux de réflexion stratégique menés par le conseil d'administration qu'il préside. « Ce qu'il en ressort d'abord, c'est notre volonté de confirmer notre attachement majeur à la proximité. Quand on regarde sur une carte notre maillage de silos, l'ensemble des membres du conseil estime que cela a une grande pertinence. Néanmoins, à nous d'être agiles et d'optimiser tout ça ».
Le conseil d'administration confirme aussi la poursuite de sa politique filière : « Il y aurait même du désir à progresser, néanmoins les créneaux porteurs sont rares et quand les prix sont orientés à la hausse, la notion d'engagement existe mais c'est plus compliqué… Néanmoins, c'est en concordance avec notre service technique, assez extraordinaire en regard de la taille de la coopérative, et c'est à valoriser dans nos productions ».
« Cette année, nous sommes rentrés dans la filière blé dur nature de Panzani. Au-delà de la valorisation, il y a une fierté d'entrer dans une filière identifiable par le consommateur. Des filières qui n'existeraient pas sans les coopératives. Nous avons ainsi nos contrats Fleur de colza (Lesieur), des Labels rouges et les filières éco-responsables avec la minoterie Viron ».
Au final pour Benoît Ferrière : « Nos résultats mettent en évidence une nouvelle fois le dynamisme, la performance et la saine gestion financière de notre coopérative. Dans un monde agricole en pleine mutation et face aux défis alimentaires, environnementaux, réglementaires et sociétaux, la coopérative poursuit et réaffirme sa volonté d'accompagner au mieux ses adhérents ».

En bref…

Le directeur de la Coopérative agricole Bonneval Beauce et Perche, Guillaume Rivet, a annoncé le lancement de la plateforme digitale Aladin, portée par InVivo, ce mois-ci. « Il s'agit d'un site de commande en ligne pour nos adhérents. Elle leur donne la capacité de commander et d'obtenir toutes les informations relatives aux produits. Au printemps, nous irons un peu plus loin en faisant un lien avec nos stocks pour proposer un système de click and collect. Je rêve depuis des années que nos agriculteurs puissent réserver un produit dans un silo et être sûrs de l'avoir. Nous pensons développer ensuite ce système vers la commande de pièces détachées… ».

La CABBP a annoncé en août 2020 la création de deux sites de méthanisation portés par la coopérative. Le premier, situé à Vitray-en-Beauce, a obtenu son permis de construire et son enregistrement ICPE (Installation classée pour la protection de l'environnement). Le début du chantier est prévu pour cet été avec un début d'injection de gaz vert dans le réseau GRDF en avril 2023. Le dossier du permis de construire et le dossier ICPE du second méthaniseur, prévu à Nonvilliers-Grandhoux, sont en cours d'instruction. Le début du chantier est prévu en août 2022 avec l'objectif d'injecter un an plus tard. Ces projets collectifs réunissent près de 90 agriculteurs qui produiront des Cive d'hiver sur 1 200 hectares. À noter que la hausse des prix du grain n'a pas du tout entamé leur engagement…

 

Voir également notre article Arnaud Mercier préside désormais la CABBP

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