Édito
Cédric Raguin : « Plan Casi : un effet d’annonce »
Le secrétaire général adjoint de la FNSEA Centre-Val de Loire, Cédric Raguin, réagit à la suite de l'annonce de la ministre de l'Agriculture concernant le Plan Casi.
Le secrétaire général adjoint de la FNSEA Centre-Val de Loire, Cédric Raguin, réagit à la suite de l'annonce de la ministre de l'Agriculture concernant le Plan Casi.
« Comme un clin d’œil grinçant de la part du ministère de l’Agriculture, ce nouveau plan de soutien s'intitule Casi. Casi, comme quasiment rien.
Si le grand public et les médias non avertis retiendront le chiffre vendeur d’un milliard d’euros, la réalité du terrain est bien plus sombre. Derrière cet affichage politique se cache une cruelle absence d’ambition pour sauver l'agriculture française après une crise climatique sans précédent. En pratique, le seul soutien direct laissé à la main des préfets ne s’élève qu’à 210 millions d’euros. Rapportée à chaque exploitation, cette enveloppe relève du saupoudrage.
Si la ferme France s’enfonce aujourd'hui dans l'impasse, c'est avant tout le résultat d'années de choix politiques hors-sol. Le changement climatique était pourtant annoncé depuis longtemps, mais les pouvoirs publics continuent d'accumuler les freins idéologiques et administratifs, bloquant notamment les projets de stockage de l’eau hivernale, pourtant indispensable pour faire face aux sécheresses répétées.
Face à l'urgence, nos exploitations ont un besoin vital de trésorerie. Des solutions simples et immédiates existent : la suppression de taxes asphyxiantes comme la RPD* ou le MACF**, ainsi qu’une baisse pérenne du prix du GNR — bien plus efficace qu'une remise au compte-gouttes de 15 centimes soumise à un parcours du combattant administratif.
Les agriculteurs n'ont ni provoqué le dérèglement climatique, ni déclenché les conflits mondiaux. Ils en payent pourtant le prix fort. La France, grande puissance agricole historique, mérite des dirigeants visionnaires capables d'engager une véritable politique d'avenir : viable, vivable et résiliente. Malheureusement, la volonté politique semble définitivement avoir quitté les sommets de l'État. »*Redevance pour pollutions diffuses.
**Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.