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Un kilomètre de fraises bien rouges vous attend !

L'été approche et l'heure de manger des fruits et des légumes aussi. C'est donc l'occasion de rencontrer Sylvain Rager, maraîcher à Ouzouer Sous Bellegarde.

L'autocueillette pour que vous choisissiez vous-même vos produits.
L'autocueillette pour que vous choisissiez vous-même vos produits.
© Sabrina Beaudoin

Depuis 2008, l'agriculteur s'est installé dans la campagne pour extraire les meilleurs fruits et légumes. Auparavant, Sylvain Rager travaillait dans le milieu automobile. Mais il a profité d'un plan de licenciement pour se lancer un nouveau défi : l'agriculture. « J'en avais assez de cette vie là, je voulais me retrouver en contact avec la nature. Avoir un contact humain. Quand je suis arrivé ici il n'y avait rien. Je voulais voir de quoi j'étais capable. Je voulais sortir du milieu ou j'étais. J'ai une philosophie, le monde doit être humain c'est pourquoi l'agricole m'a appelé. »

Presque 9000 plants de fraises

Tout seul, il exploite 1 hectare de potager et 1000 m de serre. « J'ai opté pour les serres car ça sécurise un peu. Même si parfois on a des surprises. J'ai planté du choix chinois, ça se mange cru ou cuit et ça n'a pas vraiment le goût du chou. Malheureusement avec le problème de température, un coup trop chaud, un coup trop froid, ils sont montés en graines. J'ai perdu 450 plants » explique-t-il.

Sous serre cette année, il a planté presque 9000 fraisiers. « Si je mets tous les rangs bout à bout, ça doit faire un kilomètre de fraises. L'année dernière avec l'inondation en aout j'ai perdu 1 tonne de fraises, j'en ai vendu 2 tonnes environ. J'ai 5 variétés différentes. Chaque année, je teste, je supprime, je remets. Je veux des variétés qui ont du goût. »

Un murissement parfait

Un client précise : «  Les produits sont excellents. Je suis passé avant hier déjà. Les fraises mûrissent vite alors on doit revenir souvent. Quand aux radis, je les recommande, ils sont excellents » et poursuit « Je n'ai jamais été déçus ». Une autre cliente nous tend son bac de fraises « Il suffit de goûter, c'est la meilleure publicité ! Alors elles sont bonnes ? » Effectivement, juteuse, mûre, bien belle et bien rouge, sans rajouter du sucre, la fraise se mange sans faim ! Et en plus de cela, il n'y a ni insecticide, ni anti-fongicide.  Ce sont des produits totalement naturels. « Je compte 15 à 20 % de pertes à cause d'une attaque de chenilles, si je rate une journée de ramassage! » précise-t-il.

Une trentaine de produits en vente

Sylvain Rager approvisionne ses paniers le matin et le midi. Il va aussi chercher des produits à la demande. L'objectif est de ne proposer que des produits frais et brillants. Il dispose d'une trentaine de produits, 40 selon les variétés. « Tout fonctionne bien mais je manque cruellement de tout ! J'ai dû vendre 10 ou 15 kilos de radis depuis ce matin et là je n'en ai plus. La prochaine pousse ne suit pas » avoue -t-il. « Maintenant je ne m'inquiète plus. » Avant Sylvain Rager s'inquiétait quand il manquait un produit sur son étalage. Aujourd'hui, il fait comme il peut. « C'est pénible de travailler et de ne rien gagner alors depuis 2 ans je suis plus calme, plus serein»

2010, un nouveau départ inattendu

Serein, Sylvain Rager ne l'a pas toujours été. Depuis 2008, il a connu des années difficiles, comme en 2010 où le vent a tout arraché. « Il ne restait plus rien, deux ans après le début, il fallait tout recommencer de zéro. En 2012, j'ai senti, en fin de campagne une baisse de 10 % de ma clientèle. Et en 2013, c'était une catastrophe. Plus personne ne venait. Et depuis 2 ans je prends l'eau et je perds des produits, il faut un moral d'acier. Heureusement l'envie de continuer est toujours là » poursuit-il.

Malgré tout ça, le bilan est plutôt positif car même si son exploitation vivote comme il le précise, il se nourrit surtout d'un certain épanouissement tant professionnel que personnel. « Je ne regrette pas. Sur le plan financier, ce n'est pas forcément un pari gagnant car avant j'avais une vie très confortable. Mais la bonne nouvelle c'est que je peux profiter de ma famille. Avant je n'étais pas présent, je n'ai pas vu mes enfants grandir, maintenant je suis là. Et je suis mon propre patron ! »

Une météo capricieuse

Mais Sylvain Rager doit faire face à un autre grand chef, la météo et ses caprices... Les aléas climatiques ne sont jamais évidents à gérer. Depuis 2 ans, toujours à la même période, la pluie inonde les champs. Sylvain Rager perd à chaque inondation, plusieurs produits de sa récolte. « Cette année j'ai perdu mes 250 m de petits poids, mes épinards environ 700 m et mes aubergines, j'ai compris que ça n'aimait pas avoir les pieds dans l'eau. L'année dernière, j'ai perdu 250 pieds de melons et tous mes pieds d'oignons »

Sylvain Rager conseille les clients, il les guide. « Quels sont les meilleures fraises ? » demande une cliente. « Tout dépendra de votre palais ! Je vous explique aussi comment les cueillir »  Il faut non seulement avoir de bons produits mais aussi avoir un bon accueil. Le contact humain est un art.

Des produits moins chers qu'en supermarché !

Au niveau des prix, les produits proposés sont moins chers qu'en supermarché mais on ne retrouve pas les mêmes variétés. Sylvain Rager veut se démarquer en favorisant le goût. « Le goût est important, au niveau du plaisir quand on mange le produit mais aussi quand on le digère.  Je veux porter l'accent sur le caractère sur le murissement parfait des mes produits. Dans les supermarchés par exemple le cours des haricots verts est de 4,80EUR pour des produits qui viennent du Kenya, qui sont fripés et qui ont pris l'avion, moi je suis à 3,30EUR et ils sont tout croquants. Les fraises sont vendues 4,75EUR le kilo alors qu'en magasin elles sont entre 14 et 18EUR le kilo. Autre exemple, les concombres calibrés à 500 grammes environ sont vendus entre 0,90 et 1EUR, moi je les vends 1,50EUR le kilo. Et mes carottes sont à 1,20EUR toute l'année » se confie-t-il.

La vente se fait en partie auprès des particuliers, seul 1 à 2% de ses produits partent vers des professionnels. Dans les environs, Sylvain Rager est seul maraîcher. « A Saint Martin d'Abbat il y a eu un regroupement et ils ont même crée un magasin mais ici je suis tout seul. Donc je me débrouille pour faire et commercialiser mes produits » avoue-t-il.

En 2013, Sylvain Rager a enregistré une baisse de la clientèle d'environ 30% sans raison évidente. L'agriculteur a supposé que la crise avait son rôle à jouer dans cette baisse. Du coup, il a proposé un nouveau service, celui de la commande de panier. « L'autocueillette a du plomb dans l'aile alors nous nous sommes orientés vers autre chose, la prise de commande. Depuis cette année, nous avons un site internet qui permet de réserver en ligne son panier. Il n'y a pas de transaction d'argent, on paye sur place. C'est un peu comme le drive. Pour le coup, c'est une nouvelle clientèle qui s'invite. Ce sont des familles, des gens qui travaillent et beaucoup de bouches à nourrir. Ils choisissent la quantité et les produits. Il n'y a pas de contrat entre nous. Ce sont mes fruits et mes légumes qui doivent être suffisamment convaincants et accrocheurs ! »

Même si ce nouveau système en ligne fonctionne bien, Sylvain Rager ne s'emballe pas. « ça démarre bien mais dans le milieu agricole on a appris à ne pas s'emballer trop vite »

Le potager est ouvert au public depuis début mai et fermera ses portes le 1er décembre. En novembre l'autocueillette ne fonctionne presque plus mais les paniers commande prennent le relais. Après en décembre, Sylvain Rager se remet au travail pour la saison suivante. L'objectif pour les années à venir, sera de favoriser les paniers commande.

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