Syndicalisme
Un pêle-mêle de préoccupations agricoles face au préfet de Loir-et-Cher
Le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, venu visiter l’exploitation d’Olivier Hardouin, président de la FNSEA 41, à Saint-Gourgon, mercredi 7 octobre, a échangé avec les membres du conseil d’administration du syndicat réunis pour l'occasion.
Le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, venu visiter l’exploitation d’Olivier Hardouin, président de la FNSEA 41, à Saint-Gourgon, mercredi 7 octobre, a échangé avec les membres du conseil d’administration du syndicat réunis pour l'occasion.
À peine descendu de voiture, Joseph Zimet, préfet de Loir-et-Cher, a été surpris de découvrir une quinzaine d’agriculteurs réunis sur l’exploitation d’Olivier Hardouin, président de la FNSEA 41, mercredi 7 octobre à Saint-Gourgon (Loir-et-Cher). « J’étais venu visiter votre exploitation, mais c’est une très bonne chose de voir autant d’agriculteurs et de pouvoir échanger et répondre à vos questions. J’avais prévu les bottes tout de même », a-t-il assuré au président de la FNSEA 41, qui lui a rétorqué : « Je me suis dit qu’il était plus pertinent que nous soyons un collectif avec chacun nos sujets pour travailler, car le mal-être agricole est fort en ce moment, Monsieur le Préfet ». Le ton était donné.
Une présentation d’exploitation
Accompagné de la directrice de la Direction départementale des Territoires de Loir-et-Cher (DDT 41), Sandrine Reverchon-Salle, Joseph Zimet a pris place pour écouter, échanger et surtout rassurer les agriculteurs. Dans un premier temps, Olivier Hardouin a présenté son parcours et son exploitation. Installé depuis 2020 à Saint-Gourgon, il cultive 160 hectares, dont 90 irrigables. Il a notamment évoqué les difficultés économiques auxquelles il est confronté au quotidien, comme de nombreux céréaliers après trois campagnes difficiles.
Le préfet, qui encourage depuis son arrivée les agriculteurs à se réunir pour lancer des projets collectifs, s’est réjoui d’apprendre qu’Olivier Hardouin avait décidé, avec plusieurs autres agriculteurs, d’engager des démarches pour racheter un moulin afin de mieux valoriser leurs productions. « C’est un gros investissement et cela n’est pas simple. Les agriculteurs ont besoin de votre aide pour appuyer ces types de projets dans le département. Nos trésoreries sont trop fragiles pour les engager », a demandé Olivier Hardouin au préfet, qui a acquiescé.
Des pertes liées aux dégâts de gibier
À la suite des présentations, plusieurs sujets ont été mis sur la table, dont l’épineux et historique problème des dégâts de gibier. « On est concernés depuis longtemps par les dégâts de gibier sur notre territoire du Perche, ça ne peut plus durer. Les indemnisations ne fonctionnent pas, il faut trouver des solutions et réduire les populations de gibier. Ce sont près de 10 000 euros de pertes sur l’exploitation », a déploré Arnaud Bessé, céréalier et aviculteur à Saint-Marc-du-Cor. Un autre agriculteur de l’assemblée a évoqué la possibilité d’obtenir l’autorisation d’utiliser des lunettes thermiques. « D’autres départements ont pris des arrêtés en ce sens », a-t-il souligné.
Face aux revendications des agriculteurs, le préfet de Loir-et-Cher a rappelé : « Je suis résolument derrière les agriculteurs sur ce sujet. On fait le plus possible, on prend notre part. Il ne faut pas hésiter à nous prévenir et à faire remonter les dégâts, nous sommes là pour vous ». Sandrine Reverchon-Salle est ensuite intervenue sur la question des lunettes thermiques : « On a déjà beaucoup d’autres outils et nous ne souhaitons pas nous précipiter sur ce sujet, tandis que dans le même temps, on remarque que le piégeage est un super outil qui n’est pas encore suffisamment utilisé ». Le préfet a ainsi incité les agriculteurs à recourir davantage à ce type de dispositif pour lutter contre les dégâts de gibier.
Des volumes d’eau indispensables
Le deuxième sujet longuement abordé concernait l’accès à l’eau. Alors qu’une vague de renouvellements d’autorisations d’irrigation est actuellement instruite par la DDT 41, certains agriculteurs pourraient se retrouver avec des volumes maximaux de prélèvement bien inférieurs à leurs besoins. « J’ai un besoin historique de 200 000 m3 d’eau pour assurer la rentabilité de mon exploitation et je me retrouve avec un probable volume maximal prélevable de 57 000 m3. Si cela reste comme cela, c’est la fin de mon exploitation », s’est insurgé un agriculteur.
« Nous avons en effet commencé un chantier de renouvellement d’autorisations d’irrigation qui dataient de 2001, sans volumes maximaux. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas fixer de volume prélevable. Mais dans votre cas, nous allons regarder cela attentivement. C’est pour le moment un projet. Nous avons la volonté d’échanger et vous pouvez contacter à tout moment les services de la DDT 41. Nous pourrons ensuite constater et prendre la décision la plus juste. Nous ne sommes pas anti-irrigation », a assuré la directrice de la DDT 41. Le préfet de Loir-et-Cher a renchéri : « Nous ne souhaitons pas mettre en péril des filières. Il y a une volonté de faire du cas par cas et je vous rappelle que vous avez une DDT de proximité. Nous trouverons le meilleur équilibre possible ».
Des exploitations dans le rouge
En fin d’échange, Olivier Hardouin a dressé un constat implacable : « Plus de 10 000 euros supplémentaires en engrais et le même montant qui s’additionne avec les hausses liées au GNR. On a des résultats négatifs qui s’accumulent chaque année. On est en crise ! Ce sont près de 300 à 500 familles qui peuvent être détruites, il est urgent d’agir ».
Tous les sujets n’ont pas pu être évoqués tant ils étaient nombreux. Joseph Zimet a néanmoins assuré que d’autres rencontres de ce type auraient lieu à l’avenir afin de poursuivre les échanges sur une situation agricole particulièrement difficile.
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