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Une année inédite et hétérogène pour les vendanges

Depuis le début de la semaine dernière, les vendanges ont commencé en Loir-et-Cher. La chambre d’Agriculture fait le point sur ce démarrage particulier.

« Cette année 2016 est atypique, car les vignes ont subi le gel, la grêle, l’excès d’eau et la sécheresse », a rappelé Philippe Noyau, président de la chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher. Il a tenu une conférence de presse consacrée au démarrage des vendanges le 26 septembre au domaine d’Alain Trotignon à Thésée-la-Romaine.

Même si la vallée du Cher a été moins touchée que certaines zones du département, une partie des vignes a subi le gel, puis le mildiou et, enfin, le stress hydrique a ralenti la maturité des raisins.

Dans le département, c’est 30 % du potentiel de production qui a été détruit par le gel. Les conditions climatiques ont retardé d’environ quinze jours les vendanges et sur certaines parcelles, c’est le rouge qui est vendangé en premier.

« C’est une année inédite, très contrastée et hétérogène, les vendanges sont réalisées à la parcelle, selon la maturité et l’état sanitaire des vignes », confirme Anne Buchet, responsable du Pôle laboratoire, agronomie et œnologie de la chambre d’Agriculture qui accompagne les vignerons pendant les vendanges et analyse 1 300 échantillons chaque année.

« J’aide les vignerons à gérer au mieux ce millésime particulier, du jamais vu en vingt ans ! », ajoute-t-elle.

Anne Buchet organise notamment, à l’attention des vignerons, des dégustations pour définir la meilleure stratégie de vendange et de vinification à adopter, en fonction du produit à élaborer.

Alain Trotignon exploite 55 hectares de vignes, quasiment à 100 % en sauvignon et il vend son vin au négoce. « Pour le sauvignon, mon conseil est de vendanger le plus tôt possible le matin pour avoir un raisin froid et limiter l’effet d’oxydation, on peut aussi utiliser de la glace carbonique et du soufre pour le protéger de l’oxygène », explique Anne Buchet.

Autre particularité de l’année, le stress hydrique et les grosses chaleurs ont endurci la coque des raisins qui peuvent être difficiles à presser. « L’utilisation d’une enzyme pectinase dès la benne aide à libérer le jus », ajoute-t-elle.

Installé depuis 1991, Alain Trotignon apprécie le suivi de la chambre d’Agriculture : « Cela nous aide beaucoup à nous améliorer ». 

Le vigneron a eu la chance d’être peu touché par le gel et il a su gérer les maladies. « J’ai joué la carte de la sécurité avec des traitements anti-mildiou et anti-botrytis », précise-t-il. Mais il reste attentif à l’évolution de ses raisins car, malgré tout, le botrytis est présent.

Cependant, le sauvignon devrait donner un bon millésime, naturellement peu acide et Alain Trotignon estime son rendement à environ 65 hectolitres par hectare.

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