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Une assemblée générale entre exaspération et espoir

La FDSEA Ile-de-France a tenu son assemblée générale annuelle le 19 mai à Louveciennes (Yvelines). L’après-midi a été chargée d’échanges riches, et parfois houleux.

Dépôts sauvages, emprise foncière, impasses techniques dans les cultures, suradministration, revenus en chute libre, contrôles dans les exploitations... : les sujets ne manquaient pas pour l’assemblée générale de la FDSEA Ile-de-France. À Louveciennes (Yvelines), le syndicat a rassemblé plus de deux cents personnes le 19 mai autour de son président, Damien Greffin, afin de faire le bilan d’une année syndicale chargée... et préoccupante.

Après la partie statutaire, c’est le secrétaire général, Damien Radet, qui a présenté, tout en vidéos, le rapport d’activité.

À cette occasion, plusieurs messages ont été passés aux élus et administratifs qui occupaient les premiers rangs. « C’est inadmissible que nous ayons à supporter les dépôts sauvages dans nos cultures comme c’est le cas actuellement », a déclaré Damien Radet : « À partir de maintenant, tout sera systématiquement poussé sur la voie publique et charge aux préfectures de gérer le problème. »

D’un point de vue technique, le syndicat a également fait savoir qu’il allait effectuer une demande de dérogation concernant le traitement des altises sur colza compte tenu de la situation sanitaire alarmante.

A la suite, c’est le difficile sujet des cours d’eau qui a été évoqué. Malgré un important travail de terrain, les relations avec les DDT se sont crispées et Damien Radet a, là aussi, fait une annonce : « Nous rentrons dans un combat syndical et allons engager la phase contentieuse avec deux départements pour faire respecter la définition des cours d’eau. »

Enfin, les contrôles dans les exploitations ont fait l’objet de vifs échanges entre la salle et l’administration. Le secrétaire général de la FDSEA s’est montré ferme : « Aucun contrôle ne sera pénalisant pour nos adhérents, aucun contrôle ne se passera mal. »

La parole a ensuite été donnée au président de Jeunes agriculteurs d’Ile-de-France, Frédéric Arnoult, qui est intervenu sur la communication et a présenté à la salle les Ambassadeurs de l’agriculture, récemment formés, en les faisant se lever dans l’assemblée. Une thématique également reprise par le président de la FDSEA, Damien Greffin dans son rapport moral.

Ce dernier s’est voulu grave, mais aussi plein d’espoir. « L’agriculture s’enfonce dans une crise profonde et durable qui met en péril bon nombre d’exploitations », a t-il commencé, pointant notamment du doigt « une fiscalité inadaptée ». « S’il faut en passer par des actions syndicales, nous sommes prêts. Notre meilleure défense, c’est l’attaque ! »

Avant d’ajouter avec humour : « Vous connaissez mon expérience en la matière... »

Le président de la FDSEA a poursuivi : « L’inconscience et le dogmatisme de l’État tue à petit feu notre métier de producteur, nous rencontrons de plus en plus d’impasses techniques, les pulvérisateurs sont davantage présents dans les champs et provoquent l’incompréhension du grand public. L’agriculture française est une des plus exigeante au monde. Nous demandons à être à armes égales avec nos voisins agriculteurs, il en va de notre survie. »

Damien Greffin a finalement fixé le cap de l’année à venir avec trois mots : confiance, progrès et considération.

Cette assemblée générale a rassemblé de nombreuses personnalités venues assister aux travaux dont le président du Sénat, Gérard Larcher, le préfet des Yvelines, Serge Morvan, le président du conseil département des Yvelines, Pierre Bédier, mais aussi la vice-présidente à la région en charge de l’Agriculture, Anne Chain-Larché.

Lors de leurs interventions, tous ont exprimé leur attachement à l’agriculture francilienne et leur soutien à la profession.

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