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Interview
Une jeune agricultrice qui a le goût de l’entrepreneuriat

Depuis ce début d’année, Cécile Jarosz pilote l’exploitation familiale, située à Flexanville (Yvelines), aux côtés de son père. À l’âge de 28 ans, elle s’est installée sur une exploitation en grandes cultures après un diplôme d’ingénieur agricole et plusieurs expériences à l’étranger.    

Pourquoi vous êtes-vous tournée vers l’agriculture ?

Cécile Jarosz : Je ne me destinais pas à l’agriculture. J’ai d’abord suivi des études dans un tout autre domaine avant de préparer le diplôme d’ingénieur agricole. Puis, lorsque j’ai commencé cette formation et grâce à mes différentes expériences à l’étranger, j’ai su que je voulais être agricultrice. L’opportunité s’est alors présentée de revenir sur l’exploitation familiale.

C’est pour moi une chance de m’installer aux côtés de mon père. J’apprends de son expérience ; il me transmet son savoir-faire ainsi que ses connaissances agronomiques. De mon côté, j’apporte la vision stratégique et financière acquise durant mes études. C’est enrichissant pour tous les deux et cela nous permet de faire une transmission progressive avec un véritable passage de flambeau.

Votre projet d’installation comprenait la mise en place d’un atelier de diversification ; comment vous est venue l’idée de ce projet et comment l’avez-vous mûri ?

J’ai beaucoup discuté avec ma famille de mon projet d’installation. Nous nous sommes rendu compte que nous avions peu de contact direct avec le consommateur et beaucoup d’intermédiaires. Nous avons donc réfléchi à un projet qui nous permettrait de renouer ce contact en transformant les produits issus de la ferme.

Après réflexion, nous avons décidé avec mon père de transformer le blé produit sur la ferme et de réaliser toutes les étapes, de la graine jusqu’au paquet de pâtes. Ce que j’aime dans mon métier, c’est cette transdisciplinarité qui sera renforcée par l’atelier de transformation puisque nous allons devoir apprendre un nouveau métier.

Selon moi, ce projet est un projet d’entrepreneuriat à part entière, dans le sens où nous sommes challengés chaque jour et que nous devons innover.

L’atelier de diversification fait partie intégrante de mon projet d’installation. Il a évolué au fil des mois. Vu les investissements que cela représente, nous avons pris le temps de mûrir ce projet et de nous remettre en question face aux imprévus. C’est aussi ça le métier d’agriculteur, s’adapter et se remettre en question chaque jour.

Avez-vous été accompagnée pour mener à bien votre projet d’installation ?

J’ai été accompagnée par la chambre d’Agriculture de région Île-de-France pour mon installation, dans le cadre du Plan de professionnalisation personnalisé (PPP). J’ai également bénéficié d’un appui pour mon projet de diversification. Au-delà de l’enveloppe financière que représente la dotation jeune agriculteur (DJA), l’accompagnement à l’installation permet de s’assurer que son projet est viable et vivable ; c’est essentiel pour s’installer avec sérénité et faire face aux imprévus.

Comment va se dérouler la passation entre vous et votre père ? Comment percevez-vous son départ à la retraite ?

Mon père prendra sa retraite d’ici cinq ans, ce qui nous laisse le temps de préparer son départ. Une fois que l’activité des pâtes sera effectivement lancée, nous commencerons les démarches pour la transmission.

Nous nous sommes déjà renseignés pour mettre en place le Pacte Dutreil afin de permettre une transmission progressive et avantageuse en termes fiscaux. Anticiper les démarches est la clé pour une installation mais aussi une transmission réussies. 

Un conseil pour les futurs installés ?

Si j’ai un conseil à donner aux futurs installés, c’est de rencontrer toutes les personnes qui peuvent aider ou accompagner un projet d’installation. Il ne faut pas avoir peur de parler de son projet autour de soi et de recueillir des avis divers pour pouvoir changer de perspective et de regard.

Concernant les projets de diversification, il est essentiel d’anticiper les débouchés avant de penser aux produits que l’on pourrait vendre.

Et les cédants ?

C’est important de prendre le temps d’accompagner le futur repreneur à bâtir son projet, notamment dans la partie administrative. Il ne faut pas hésiter à rendre le cédant acteur du projet pour qu’il puisse s’impliquer et être un véritable soutien comme peut l’être mon père. En effet, il est pleinement investi dans mon installation et dans le projet de diversification.

Il est essentiel de bâtir une relation transparente entre le cédant et le repreneur mais également une relation de confiance pour que la transmission se déroule dans de bonnes conditions.

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