Semence
Une journée semences et innovation par Semae et Agri Obtentions
Semae Centre et Agri Obtentions ont organisé une journée dédiée au progrès génétique le 10 juin à Prunay-en-Yvelines (Yvelines).
Semae Centre et Agri Obtentions ont organisé une journée dédiée au progrès génétique le 10 juin à Prunay-en-Yvelines (Yvelines).
Mercredi 10 juin à Prunay-en-Yvelines (Yvelines), Semae Centre, l'interprofession des semences et des plants et l'entreprise Agri Obtentions ont organisé une journée Semences et innovation : cultiver l’avenir, partager le progrès. À travers une vitrine variétale de céréales à paille retraçant quatre décennies d’innovation, les deux structures ont permis de découvrir l’importance stratégique du progrès génétique pour l’agriculture française aux participants en partie issus des services de l'État (DDT et Driaaf).
« La filière française de semences et plants regroupe 75 entreprises effectuant création et sélections variétales et plus de 16 500 agriculteurs multiplicateurs. Nous sommes le premier pays exportateur de semences agricoles mondial et le premier producteur européen », note en préambule François Dubois, délégué régional de Semae Centre. « 11 à 13 % du chiffre d'affaires sont investis en recherche et développement », ajoute-t-il. « Agri Obtentions, filiale de l'Inrae fondée en 1983 et devenue obtenteur en 2005, produit 10 000 tonnes de semences par an. Nous réalisons un chiffre d'affaires de 13 millions d'euros en France, ainsi que 3 millions d'euros à l'export. Notre budget recherche et développement est de 5 millions d'euros », décrit Vincent Beguier, directeur général d'Agri Obtentions.
La partie présentation s'est terminée avec François Cuvelier, directeur commercial France et export d'Agri Obtentions. Depuis les années 2000, les rendements en céréales ont atteint un plateau. « Le progrès génétique a permis de maintenir les rendements de blé en France, sinon le potentiel de rendement aurait diminué », affirme-t-il. Les nouvelles variétés ont permis des avancées majeures sur la résistance aux maladies. « Ces progrès ont permis d'améliorer les performances agronomiques, ainsi que les caractéristiques technologiques des céréales. Nous avons beaucoup travaillé sur la hauteur des plantes et leur résistance à la verse ces dernières années. Il y a des variétés de plus en plus précoces pour éviter les à-coups climatiques, sécheresse ou excès d'eau, qui se multiplient depuis 2017 », précise François Cuvelier. Une partie du travail a également porté sur la qualité : « Une variété avec un meilleur rendement s'accompagne d'une perte de protéines. Nous avons beaucoup travaillé pour maintenir un rendement élevé avec des protéines élevées. Nous cherchons également à augmenter la quantité d'azote absorbée dans les grains pour faire des protéines avec moins d'azote. Il y a également une demande d'augmentation du poids spécifique pour faciliter le transport du blé. »
Visites d'essais
La seconde partie de la journée s'est déroulée sur les plateformes d'essais situées à quelques mètres (progrès génétique blé tendre d’hiver et pois protéagineux d’hiver, plateforme de sélection variétale protéagineux hiver et printemps, vitrine variétale triticale). « C'est très compliqué de voir les différences à l'œil nu. On peut regarder le nombre de grains par maille. Nous avons beaucoup travaillé en rechercher pour en avoir quatre pour atteindre l'objectif d'au moins 35 à 40 grains par épi », raconte François Cuvelier au milieu d'un protocole de 25 variétés de blé.
La variété Geopolis attire l'attention. « Agri Obtentions est assez fier de cette nouveauté inscrite il y a un an et demi qui présente une forte résilience à la maladie. Elle est cultivée dans les régions nord de la Seine », explique le directeur commercial. Autre variété, Gazeo est pour le moment destinée à l'Espagne, l'Italie et l'Afrique du nord : « Nous anticipons dans les essais pour faire face au réchauffement climatique. Nous imaginons que le stress hydrique du sud de la France ou de l'Europe pourra arriver demain en Beauce. »
Sélectionné pour un marché de niche, le blé Rouge de Bordeaux n'a un rendement que de 2 ou 3 tonnes à l'hectare. « C'était une variété ancienne, cultivée au XIXe siècle. Nous l'avons remis au catalogue pour des circuits extrêmement courts », précise François Cuvelier.
Les croisements effectués cette année ne seront utilisés que dans une dizaine d'années, « nous disons aux coopératives de continuer à garder une diversité, sinon la massification de variétés entraînera des contournements plus précoces des maladies telles que la septoriose. Cette année, la rouille brune se développe beaucoup », ajoute-t-il.
Pour faire face à l'avenir, « nous croyons beaucoup au triticale. C'est la troisième céréale la plus cultivée en France, elle valorise beaucoup les terres superficielles et hydromorphes. Un seul fongicide est suffisant. On peut produire jusqu'à 5 tonnes de plus de paille à l'hectare, c'est une céréale particulièrement agroécologique », croit François Cuvelier. « C'est dommage que 30 % du blé produit en France soit donné aux animaux à la place du triticale », ajoute-t-il.
Concernant les pois d'hiver, la sélection a débuté dans les 1980 et les progrès peuvent se constater visuellement : la hauteur à récolte des plantes et leur résistance à la verse progressent. Parmi les autres pistes de travail : la lentille, malgré les difficultés de la filière française face au marché canadien. Ce sont les recherches d'aujourd'hui qui configurent l'agriculture de demain.