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Récolte
Une moisson particulière avec la chambre d'Agriculture

Chaque année, la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir récolte ses micro-parcelles d'essais aux quatre coins du département. Comme cet essai de variétés de blé moissonné le 1er juillet sur une parcelle à Arrou. Reportage.

La moissonneuse qui œuvre sur une parcelle de Fabien Touseau à Arrou (Eure-et-Loir) ce 1er juillet ne battra jamais le record du nombre d'hectares récoltés en une heure… Avec sa coupe d'1,50 mètre, cette Wintersteiger de la société SynTech Research est plutôt là pour récolter les micro-parcelles d'un essai variétés blé de la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir.

Des références locales

L'agriculteur percheron abrite pour la première fois un essai sur son exploitation. « Il faut que tout le monde participe, parce que c'est bien pour nous d'avoir des références fiables et locales en plus », relève-t-il, précisant qu'il ne sait pas de quelle manière il sera indemnisé mais qu'il ne fait vraiment pas ça pour l'argent. Fabien Touseau a récolté le reste de sa parcelle la veille, un préalable rendu plus facile aujourd'hui grâce au GPS.

Il ne reste plus qu'un carré de céréales au milieu de la parcelle et il fait plutôt frais ce matin-là sur ce plateau du Perche. Et ni Pascal Boudinet, le chauffeur de cette machine sans cabine, ni Christelle Franchet, chargée des essais pour la Chambre et qui passera la matinée à arpenter la parcelle d'essais en suivant la moissonneuse, ne s'en plaindront.

Après quelques petits soucis informatiques sur la moissonneuse, la récolte débute par celle des premières bandes tampons. Ce qui permet de régler la coupe pour éviter les pertes de grains ou leur casse. Les choses sérieuses commencent ensuite. De fait, il s'agit tout d'abord de quantifier la production de chaque espèce semée dans un rectangle d'1,50 m sur 11,50 m, un travail opéré par la pesée embarquée de la moissonneuse. Puis d'en prélever un échantillon d'environ un kilo.

Aussi, la moissonneuse avance de la longueur dévolue à chaque variété, s'arrête le temps pour Christelle Franchet de récupérer l'échantillon de grains, puis la machine repart et ainsi de suite jusqu'à venir à bout du serpentin des 80 micro-parcelles de l'essai. Pour l'agronome de la Chambre, il s'agit de bien identifier les échantillons. Chacun d'entre eux est glissé dans un sac en plastique numéroté puis placé dans une caisse. Celles-ci seront ensuite ramenées à Chartres pour analyses (voir ci-dessous).

Petite remorque

Quant au reste de la récolte, il est versé dans une remorque de l'agriculteur. Un exercice compliqué par la faible hauteur de la moissonneuse : « C'est une des difficultés maintenant, il faut trouver des remorques assez basses pour pouvoir vider dedans, note Christelle Franchet. Si on n'en trouve pas, on peut utiliser des big-bags mais ça pose d'autres soucis ».

Après deux heures et demie de travail, les 1 500 m2 de l'essai sont récoltés. Mais la journée ne s'arrête pas là puisque de l'autre côté de la route un essai fongicides est lui aussi prêt à être récolté, avec la même méthode et sous un soleil plus franc…


Des échantillons par milliers

Christelle Franchet (à g.) et Patricia Huet (à d.), chargée des essais de la Chambre, bénéficient de l'aide volontaire d'Anne Perrein et de Caroline Doresse en cette période d'activité intense.

Ce n'est pas le tout de récolter les essais portés par la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir, encore faut-il en soutirer les données exploitables.
 

Dans le « souk »

Les échantillons issus de toutes les micro-parcelles d'essais sont donc rapatriés dans le « souk », un espace situé sous la salle Mathurin-Régnier de la Chambre et où il règne une certaine fraîcheur même en plein été. Ils y sont soumis à quelques premières analyses : le taux d'humidité pour qu'ils soient étalonnés sur une même base (14,5 %), le poids spécifique, le calibrage et le poids de 1 000 grains. D'autres mesures, comme celle du taux de protéines, sont confiées au laboratoire certifié Olcéa (Scael).
 

35 essais

« Cette année, nous avons trente-cinq essais répartis chez des agriculteurs, soit des milliers de micro-parcelles, précise Patricia Huet, chargée de l'expérimentation pour la Chambre. Nous nous mettons dans le contexte de ce qui se fait dans la plaine. Nous faisons des essais variétés en orge, blé, colza, maïs et même soja bio cette année. Ces essais sont observés au fil de leur croissance et permettent de caractériser la campagne ».

L'agronome précise : « Nous adaptons nos programmes en fonction des problématiques, comme le retrait de molécules, les problématiques liées à l'azote ou l'adaptation au changement climatique. Nous cherchons les variétés qui tiennent le choc, celles qui font beaucoup d'épis et ont une bonne fertilité, par exemple. Il y a un aspect pluriannuel aussi puisque l'on utilise toujours des variétés anciennes comme témoin et d'autres sur plusieurs années. Nous testons les variétés à conseiller et des nouveautés que nous conseillerons, ou pas, dans quelques années. Nos essais comptent toujours quatre blocs pour limiter le risque d'erreur, plusieurs répétitions et des modalités randomisées. Tout ceci mobilise trois personnes à plein temps… ».

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