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Une SCIC pour sauver Gâtichanvre ?

Gâtichanvre connait d’importantes difficultés techniques et financières. Placée en conciliation judiciaire, l’entreprise envisage la création d’une SCIC pour remonter la pente.

« Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) ». Ces quatre mots signeront-ils le salut de Gâtichanvre  ? C’est en tout cas ce qu’espère l’entreprise qui affronte ces derniers temps de lourdes difficultés. Acculée par d’importantes défaillances techniques et financières, Gâtichanvre est en effet aujourd’hui à l’arrêt, placée en conciliation judiciaire au tribunal administratif.

Une situation particulièrement difficile à vivre pour les producteurs de chanvre embarqués dans l’aventure depuis plus de cinq ans mais aussi pour les salariés de l’entreprise. Tous continuent de croire en cette production locale et en sa valorisation et envisagent la création d’une SCIC pour sauver l’entreprise.

Mercredi 12 février, une réunion était donc organisée à Gironville-sur-Essonne afin de dresser un bilan de la situation et de présenter les intérêts et le fonctionnement d’une SCIC à tous les partenaires potentiels. Dans la salle, des particuliers, des entreprises du bâtiment, des artisans, des architectes et maîtres d’œuvre ainsi que des transporteurs et revendeurs (une réunion réunissant les producteurs avait eu lieu quelques jours auparavant).

« Gâtichanvre connait d’importantes difficultés techniques et financières, a confirmé Hervé Hardy, qui a succédé à Nicolas Dufour à la présidence de Gâtichanvre en avril 2019. La ligne de transformation que l’entreprise a acheté d’occasion en 2015 n’a jamais fonctionné à son plein potentiel malgré d’importants investissements réalisés (trois millions d’euros, NDLR). Cela a eu un impact significatif sur la productivité et la commercialisation et la perte est estimée à un million d’euros par an pour l’entreprise. »

En octobre dernier, un accident du travail est venu plonger l’entreprise dans des difficultés supplémentaires. « Un de nos salariés s’est fait prendre la main dans une machine, confie Hervé Hardy. Une enquête a été ouverte et depuis, les machines sont à l’arrêt. »

Pour remettre Gâtichanvre sur les rails, la direction estime à trois millions d’euros le montant des fonds nécessaires. « Les travaux dans l’usine et sur la ligne de transformation sont estimés à deux millions d’euros et il faudra également un million d’euros pour tenir le temps des travaux », estime Hervé Hardy qui précise que les salariés de l’entreprise sont aujourd’hui en chômage partiel et que trois mille tonnes de paille ont été vendues pour subvenir aux besoins urgents de Gâtichanvre.

Reste la question des dettes aux producteurs et fournisseurs à régler. Sur ce point, le directeur de Gâtichanvre, Arnaud Charpentier assure que « des négociations sont en cours entre le conciliateur, le Crédit agricole d’Île-de-France et les collectivités territoriales. La dette de Gâtichanvre sera apurée pour la création de la SCIC ».

La création de cette SCIC apparaît donc comme la solution de la dernière chance pour Gâtichanvre qui a d’ores et déjà reçu l’assurance du soutien et de l’engagement de la Région Île-de-France - la présidente, Valérie Pécresse a adressé un courrier au conciliateur -, du Département de l’Essonne et de la chambre d’Agriculture de région Île-de-France.

« L’entreprise est placée en conciliation judiciaire. Nous avons deux solutions  : soit un repreneur rachète Gâtichanvre, soit nous créons une SCIC » a précisé le directeur, Arnaud Charpentier qui avait convié à cette réunion un conseiller de l’Union régionale des SCOP et SCIC afin qu’il puisse présenter les intérêts d’un tel projet.

Ainsi, Gâtichanvre a pu exposer la trame de sa future SCIC qui compterait cinq catégories d’associés  : les producteurs, les entreprises partenaires (battage, pressage, transport…), les salariés, les bénéficiaires privés (particuliers…) et les soutiens publics (Région, Département, PNR, Chambre…).

Si le projet a pu faire l’objet de quelques vives discussions durant cette réunion, l’assemblée a toutefois semblé réceptive et intéressée par ce projet de SCIC qui permettrait de maintenir à la fois cette entreprise locale mais aussi de pérenniser la production locale de chanvre en plaine.

Des réunions de travail en petits groupes doivent avoir lieu dans les prochains jours avant un nouveau grand rassemblement entre potentiels associés de la SCIC en avril.

« Nous avons jusqu’au 10 mai pour présenter une solution au conciliateur, a précisé Arnaud Charpentier. Après cette date, si l’option de la SCIC est retenue, les travaux dans l’usine sont estimés à dix mois. On pourrait donc envisager une reprise de la transformation à partir du premier trimestre 2021 ».

Marine Guillaume

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