Chambre d'Agriculture Île-de-France
Une session Chambre marquée par de nombreux enjeux
Réunis en session lundi 14 septembre à Paris, les membres de la chambre d'Agriculture Île-de-France ont brossé un panorama de l’actualité agricole, marquée par un été aux conditions climatiques exceptionnelles.
Réunis en session lundi 14 septembre à Paris, les membres de la chambre d'Agriculture Île-de-France ont brossé un panorama de l’actualité agricole, marquée par un été aux conditions climatiques exceptionnelles.
C’est dans un contexte difficile, marqué par un été aux conditions climatiques exceptionnelles, que s’est tenue, sous la présidence de Damien Greffin, une session de la chambre d’Agriculture Île-de-France à Paris lundi 14 septembre.
La session s'est ouverte par une présentation des sujets d’actualité. Le contexte géopolitique reste instable, avec des conflits mondiaux toujours actifs et des relations sous tension entre l'Union européenne et le Brésil sur la question de la réautorisation des exportations, principalement de volailles. L'UE doit également trancher les budgets pour la période 2028-2034, y compris celui de la Pac.
Sur le plan national, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a fait un point sur la promulgation de la loi d'urgence agricole : « Plus l'élection présidentielle approchera, plus il sera difficile de faire sortir les décrets, donc nous attendons la totalité des décrets avant la fin de l'année. Cela permettra de challenger les candidats sur leurs visions de l'agriculture ».
Tour des productions
Un focus sur les conditions climatiques de l'été a également été effectué. Les problématiques rencontrées sur les cultures ont été l'occasion d'un tour des productions. « Nous avons eu une perte de rendement de 10 à 15 % à l'échelle régionale lors des moissons. Les récoltes à venir en grandes cultures et en maraîchage souffrent énormément. L'implantation des colzas est extrêmement difficile », souligne le président de la Chambre.
Dans le détail, la situation de la betterave est alarmante. « Depuis dix jours, on s'aperçoit que la betterave meurt sur pied. Entre 3 000 et 5 000 hectares ne seraient pas récoltables rien qu'en Seine-et-Marne », annonce Cyrille Milard, également président de la CGB Île-de-France.
Du côté de l'élevage, la situation inquiète. « Nous avons une baisse de 60 % de foin. C'était compliqué pour la pulpe, cela va l'être davantage. Nous donnons à manger aux vaches et aux moutons au pré depuis mi-juin. Nous prenons déjà sur la paille prévue pour cet hiver », commente Cécile Contal.
Le service agronomie mobilisé
« Le service agronomie de la chambre d'Agriculture a été mobilisé durant tout l'été », précise Damien Greffin. Les différentes DDT ont mis en œuvre des comités sécheresse, avec l'objectif d'échanger et d'évaluer l’ensemble des difficultés rencontrées sur le terrain ainsi que les pertes estimées pour déclencher des aides (ISN) et d'adapter les pratiques. Une dérogation collective a par ailleurs été accordée par le préfet de région concernant l’implantation des Cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan). D'autres mesures ont également été évoquées, telles que le Plan Casi (Canicule, adaptation, sécheresse, incendies) ou l'aide d'urgence de la Région Île-de-France. « L'impact de cet été en Île-de-France est de l'ordre de 300 millions d'euros », détaille le président de la Chambre.
Sdage
Plusieurs sujets techniques ont ensuite été abordés, à commencer par l'état d’avancement des négociations du Sdage 2028-2033 présenté par Cyrille Milard, seul représentant agricole francilien à siéger au comité de bassin Seine-Normandie : « Nous avons repris les travaux avec un groupe de travail agricole spécifique, où nous avons eu une écoute particulière et un soutien de l'administration. Nous recentrons l'agriculture dans les débats en la repositionnant comme un acteur incontournable sur les sujets de l'eau. Nous avons fait évoluer le Sdage en notre faveur sur près de 80 % des amendements portés ». Le vote du projet de Sdage, prévu le 8 septembre lors d'un comité de bassin, a été reporté de trois mois afin d'intégrer les dispositions de la Loi d'urgence agricole.
Charte riverains
Par ailleurs, une nouvelle charte riverains a été approuvée par le préfet des Yvelines le 7 juillet dernier. « Elle peut servir de modèle pour celles qui tomberont, avec quelques fragilités qui sont à reprendre à la suite de l'avis du Conseil d'État (du 23 juillet sur les chartes de Centre-Val de Loire, NDLR). Le ministère va sortir des dispositions claires pour sécuriser cette question une bonne fois pour toutes », témoigne Mylène Testut-Neves, directrice de la Driaaf.
Enfin, un rappel sur l'état des lieux des Conférences de la souveraineté alimentaire en Île-de-France a été réalisé, avec l'organisation de quatre groupes de travail à l’automne : financement des projets, facilitation administrative, acceptabilité et engrais.
À l’issue des allocutions du président Greffin et de la vice-présidente du conseil régional (lire encadré ci-dessous), le mot de la fin est revenu à Pierre Chavy, préfet, secrétaire général chargé des politiques publiques de la préfecture de région Île-de-France, qui a détaillé les aides annoncées récemment et la collaboration avec la Chambre : « Je pense que l'effort des services de l'État au soutien des agriculteurs va se poursuivre. C'est collectivement que nous arriverons à apporter des réponses aux défis de l'agriculture francilienne ».
Des projets sur l'eau
La vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France chargée de l'agriculture et de l'alimentation, Valérie Lacroute, est revenue sur le soutien de la Région : « Nous sommes en train de finaliser la rédaction de la convention avec la Chambre. L'objectif est de vous challenger dans les années à venir sur le sujet de l'eau pour faire émerger deux projets par an de stockage, de gestion ou d'irrigation ».
Délibérations
Deux délibérations concernant l'agriculture ont été votées. Face à la prolifération du blaireau, susceptible de causer des dégâts dans les cultures et de transmettre la tuberculose bovine, la Chambre demande de renforcer les moyens opérationnels permettant la régulation lorsque les enjeux sanitaires, agricoles ou de sécurité publique sont établis, et d’inscrire pleinement la gestion des réservoirs sauvages dans la stratégie nationale de lutte contre la tuberculose bovine.
Par ailleurs, une délibération concernant la reconstitution des stocks des élevages a également été prise.