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On veut l’argent du beurre

L’embellie sur les cours du beurre doit se transformer, maintenant, et l’an prochain en amélioration du prix payé aux éleveurs. Mais le beurre n’est qu’un des produits issus du lait et les GMS font de la résistance.

© Stéphane Leitenberger

Le beurre devient rare dans les rayons… Les producteurs dénoncent, avec raison, les arguments fallacieux de certaines grandes surfaces qui refusent d’augmenter leurs prix d’achat sous prétexte qu’il n’y aurait pas un retour aux éleveurs.  Dès cette année, les laiteries doivent respecter leur contrat, dont les prix se basent en partie sur les produits industriels dont le beurre. Les responsables syndicaux ne peuvent plus accepter les « nous n’avons pas réussi à faire passer des hausses à la GMS », alors même que ces laiteries refusent la présence et l’appui des OP lors des négociations actuelles avec les distributeurs.

Cela ferait environ combien ?

Le prix du beurre sur le marché libre est passé de 3,70 à 6,50 €/kilo en 10 mois. Pour fabriquer un kilo de beurre, il faut 22 litres de lait. Quel est l’impact concret sur l’amélioration de la valorisation par les laiteries ? Les calculs ci-après sont faits en considérant « toutes choses égales par ailleurs». Mais attention,  c’est théorique car, contrepartie négative, lorsque l’on fabrique du beurre on fabrique aussi du lait écrémé et des sous-produits (poudre …), dont les cours sont en baisse depuis début 2017.

2,80 € de plus par kilo de beurre divisé par 22 = 12,7 cts de plus par litre de lait. Si, dans une laiterie A 20 % du litrage du transformateur (moyenne nationale) est valorisé en beurre, la plus-value supplémentaire est de 12,7 x 20 % = 2,5 cts/l (25 € pour 1000 l). La répercussion pour le transformateur (puis l’éleveur) se fait en 2 étapes : au fil des ventes pour celles qui se font au prix du marché et, plus tard, en 2018, avec les futures négociations annuelles avec les GMS. Si, dans cette laiterie A, les ventes au prix du marché (export et à une partie de l’industriel) représentent 33 % des volumes de beurre, cela correspond à un potentiel de 25 x 0,33 = + 8,40 €/1000 l pour 2017. Pour le  reste, 67 % des volumes, la plus-value potentielle est de 25 x 0,67 = + 17 €.
Cette amélioration du prix de vente ne pourra se concrétiser qu’avec les nouveaux contrats, avec les GMS notamment. La répercussion positive pour l’éleveur sera décalée.

L’amélioration des cours doit revenir aux éleveurs. D’une laiterie à l’autre, suivant les débouchés et la baisse des prix sur les autres produits, l’impact sonnant et trébuchant sera, objectivement différent.

Les éleveurs exigent la transparence, les données sur les débouchés sont désormais accessibles de par la loi. Il faut profiter de cette crise du beurre pour que l’accord de bonne gouvernance entre les acheteurs, les transformateurs et les éleveurs, mis en avant lors des EGALim, se mette en place et qu’un prix suffisant s’en dégage sur la durée !

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