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Vœux 2026, la chambre d’Agriculture du Loiret pose le cadre

À l’occasion de ses vœux 2026, lundi 12 janvier à Orléans, Valentin Caron, président de la chambre d’Agriculture du Loiret, a dressé un constat sans détour d’une agriculture sous tension et posé les priorités de sa mandature.

Valentin Caron, président de la chambre d’Agriculture du Loiret, a présenté sa première cérémonie de vœux, lundi 12 janvier à Orléans, dans un contexte agricole jugé exigeant et durablement instable. Crises sanitaires, pression économique, accès à l’eau, souveraineté des productions et dialogue territorial ont structuré une intervention centrée sur les réalités de terrain et les priorités à venir.

Une année 2025 difficile

Dès l’ouverture de son discours, le président est revenu sur l’année écoulée, qualifiée de difficile pour une grande partie des exploitations. Stress durable, multiplication des aléas climatiques, évolutions réglementaires constantes et attentes sociétales parfois contradictoires composent, selon lui, un environnement désormais structurellement contraint pour l’agriculture.

Il a salué l’engagement des élus de la précédente mandature, soulignant avoir repris une chambre d’Agriculture « en bon état », tant sur le plan financier que dans la qualité des relations partenariales. Il a également adressé ses félicitations aux nouveaux élus de la session, appelés à travailler collectivement dans un contexte tendu.

Pression économique persistante

Sur le plan économique, il a souligné que si les récoltes céréalières avaient été globalement correctes, l’absence de prix rémunérateurs maintenait une pression forte sur les revenus. « Cette situation s’inscrit dans un contexte international tendu, marqué par la guerre en Ukraine, la hausse du coût de l’énergie et des intrants, et des marges de plus en plus contraintes », a rappelé le président de la Chambre.

Des moyens de production sous tension

« Nous sommes passés de crises conjoncturelles à une crise beaucoup plus profonde, qui devient structurelle », a résumé Valentin Caron, évoquant une situation qui dépasse les seuls aléas d’une campagne.

Dans le Loiret, plusieurs filières illustrent cette fragilité. En betteraves sucrières, l’année 2025 a permis d’éviter une situation critique, les attaques parasitaires étant intervenues plus tardivement dans le cycle. « On a évité le drame cette année », a-t-il reconnu, tout en soulignant que cette amélioration reste fragile et dépendante de facteurs difficilement maîtrisables.

La filière betteraves rouges, dont le Loiret est le premier département producteur au niveau national, est particulièrement concernée. Le président a alerté sur des rendements devenus insuffisants pour assurer la viabilité économique des exploitations. « Aujourd’hui, on est autour de 35 tonnes, alors qu’il faudrait en produire 50 pour gagner sa vie », a-t-il indiqué.

Plus largement, il a insisté sur les limites rencontrées par les agriculteurs en matière de protection des cultures et de gestion de l’eau : « Le manque de solutions phytosanitaires et l’accès à la ressource en eau sont des enjeux majeurs pour l’avenir de nos exploitations ».

Eau, HMUC et besoin de science

Le président est longuement revenu sur les études HMUC (Hydrologie, milieux, usages et climat)​​​​​​, destinées à objectiver les volumes d’eau prélevables. Il a appelé à sortir « des débats idéologiques pour fonder les décisions sur des données techniques et territoriales ». « La sécurisation de l’accès à l’eau doit être pensée collectivement, pour éviter des déséquilibres majeurs, aussi bien pour les exploitations agricoles que pour l’ensemble des usagers. »

Une Chambre en soutien direct des agriculteurs

Face à la défiance croissante vis-à-vis de la parole publique, la chambre d’Agriculture revendique un rôle d’interface entre l’État et le terrain. Le président a illustré cette mission par l’accompagnement individualisé de 130 agriculteurs pénalisés lors de contrôles Pac, contactés un à un par les équipes pour apporter des solutions, sans facturation de prestation.

Cette proximité avec les exploitants constitue, selon lui, « un pilier de l’action consulaire dans un contexte de complexité administrative persistante ».

Souveraineté, filières et coopérations territoriales

À l’échelle européenne et internationale, le président a exprimé de fortes inquiétudes concernant l’accord Mercosur et la concurrence de produits ne respectant pas les standards de production français. Il a également évoqué la dépendance de la France aux importations d’azote, ouvrant la réflexion sur des perspectives de souveraineté.

Une ligne claire pour la mandature

En conclusion, le président a réaffirmé sa volonté de défendre toutes les agricultures, sans opposer les modèles, et de porter une parole ferme fondée sur l’expertise professionnelle. Il a appelé à une année 2026 placée sous le signe de projets concrets, de décisions constructives et de solutions opérationnelles au service de l’agriculture départementale.

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