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Portait.
Xavier Sureau, betteravier à Juranville

Le professionnel produit 3.500 t de betteraves par an. Il parle de la conduite de son exploitation, de ses résultats 2013 et de ses projets.

« La betterave constitue une tête d'assolement (NDLR : betterave, blé tendre et orge de printemps) : en terme de rotation des cultures, c'est intéressant » explique Xavier Sureau, planteur à Juranville depuis son installation en 2004. « Il existait un quota sur l'exploitation : je l'ai développé. » L'agriculteur produit 3.500 t de betteraves par an, dont 1.900 t au titre du quota. Une production entièrement irriguée.

« Jusqu'en 2006, les prix étaient garantis et les quotas apportaient un revenu : une exploitation familiale comme celle-ci était rentable. » L'intéressé livre le fruit de son travail aux sucreries de Corbeilles-en-Gâtinais et de Pithiviers. « À l'époque, la première a proposé des tonnages industriels et, en 2008, la seconde l'a fait pour des tonnages du quota : on les a pris. » Au détriment du maïs. « On avait le matériel pour récolter la betterave alors qu'on ne l'avait pas pour récolter et sécher du maïs en gros volume. »

À partir de 2007 et en quelques années, les prix des quotas sont passés de 43 EUR la tonne à 26 EUR la tonne. Une évolution compensée à 60 % par une augmentation des références DPU. « Depuis trois ans, des compensations de prix plus intéressantes sont pratiquées : le marché du sucre est porteur. » En 2012, le prix moyen de la tonne de betteraves était de 36,75 EUR : « Un prix rémunérateur. » (NDLR : à l'heure où nous écrivions ces lignes, les prix de la récolte 2013 n'étaient pas encore connus).

Les deux groupes sucriers présents au Sud du Bassin parisien (Cristal Union et Tereos) veulent augmenter leurs surfaces betteravières. Qu'en pense le Juranvillois ? « Il ne faut pas revenir trop souvent en betterave. Sinon, les rendements vont chuter. Pour rester compétitif, il ne faut pas trop charger l'exploitation en betterave. » À partir de l'année prochaine, l'intéressé se limitera à trois hectares supplémentaires, ce qui fera passer son périmètre betteravier à 38 ha pour une SAU de 200 ha.


Une tare-terre de 11 %


Xavier Sureau produit des variétés tolérantes à la rhizomanie : Sy-Muse, Cigogne, Pasteur, Charleston, Iceberg et Seraphina. À chaque fois sur des surfaces de 6 ha : un semoir présentant une unité par hectare, pour une machine six rangs, cela représente 6 ha. Le secteur de Juranville n'est pas trop touché par le nématode. Quant à la rhizomanie, il s'agit d'un virus présent dans le sol à des degrés d'infestation plus ou moins importants selon les endroits. « Ici, pour le moment, nous ne sommes pas touchés par une forte pression. Une surcharge en betterave occasionne celle-ci. En outre, dans le passé, une forte irrigation en terre légère a également été un facteur accentuant la pression de la rhizomanie. »

Le sol sur lequel travaille notre interlocuteur est à dominante argileuse. « Depuis quelques années, pour l'implantation des betteraves, on pratiquait la préparation d'automne. Aujourd'hui, la période d'implantation des Cipan correspond à celle de l'ancienne préparation des sols. » Le professionnel a alors deux façons de faire : « Dans les zones les plus argileuses, j'anticipe encore plus le labour : je le fais à la fin du mois d'août. » Puis l'intéressé sème ses Cipan sur la terre labourée. Dans les secteurs plus faciles, les Cipan sont présents de septembre à novembre. Le labour a lieu après. « Problème : cette année, les conditions de réalisation n'étaient pas bonnes. »

Autre difficulté liée à la nature du sol : « Plus la terre est argileuse, plus elle va coller à la plante ou au matériel quand la betterave va sortir de terre. » Pour la récolte 2013, le planteur de Juranville annonce un taux net de tare-terre de 11 % sur la betterave déterrée : « C'est correcte. »


90 % d'adhérents

Avec des rendements à l'hectare de 90 t ramené à 16°, les récoltes 2013 sont synonymes « d'année moyenne ». En moyenne quinquennale, le producteur se situe plutôt à 100 t/ha ramené à 16°. Autre constatation : un recul de deux points de la richesse en sucre des racines. « En début de campagne, le poids de celles-ci n'était pas trop élevé. En cause : les excès d'eau de début de végétation. Or tout retard ne se compense pas : la date de couverture du sol a été tardive (NDLR : les semis ont eu lieu lors de la dernière semaine de mars). En avril, mai et juin, les conditions météorologiques n'ont pas été favorables à un développement rapide de la betterave. Au final, la taille de la racine est moindre. »

Pour éviter cet inconvénient, il faut décaler l'arrachage. Cette année, en raison du temps, cela s'est fait naturellement. Une pratique qui comporte toutefois deux risques : travailler dans des conditions météorologiques moins favorables et handicaper les conditions d'implantation de la culture suivante. Des problèmes auxquels Xavier Sureau n'a pas eu à faire face : « L'arrachage s'est fait à des dates normales car on est équipé de notre propre matériel. Et un matériel peu chargé. »

Xavier Sureau est administrateur de la Coopérative agricole betteravière de Pithiviers-Toury, née en juin 2012 après le rachat de la SVI par le groupe coopératif Cristal Union. L'entité compte un bon millier de planteurs. « Notre mission est d'organiser celle-ci et d'amener un maximum de planteurs SVI vers la coopérative. Avec 90 % d'adhérents au bout d'un an, c'est une bonne chose ! »

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