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Économie
Après deux ans d’embellie, Cerfrance Alliance Centre redoute l'effet ciseaux

Mardi 3 octobre, le cabinet comptable Cerfrance Alliance Centre a présenté les références économiques 2022 des exploitations agricoles du Loiret, ainsi que les premières tendances de la récolte 2023.

Le cabinet de conseil et d'expertise comptable Cerfrance Alliance Centre a convié les organismes agricoles dans son agence de Saint-Jean-de-la-Ruelle, mardi 3 octobre, afin de dévoiler son panorama des exploitations agricoles du Loiret pour les résultats 2022. Cette réunion était aussi l'occasion de présenter les premières analyses du cabinet concernant la récolte 2023. Cerfrance annonce une fermeture des ciseaux produits-charges avec une chute des résultats en 2023 et conseille aux exploitants de calculer leurs coûts de production et d’avoir recours à l’épargne de précaution.

En grandes cultures, forte baisse de la rentabilité

Représentant 42 % des exploitations du département suivies par Cerfrance, les exploitations en grandes cultures sans production de betteraves ou de légumes sont en augmentation depuis 2017, avec une surface moyenne de 131 hectares en 2022. Le capital d’exploitation « assez également réparti entre endettement et capitaux propres » s’élève en moyenne à 450 000 euros par exploitation. « Dans le Loiret, Le résultat courant 2023 se situe dans la moyenne des dix dernières années, proche de 14 000 euros/Utaf*, du fait principalement de la baisse des prix de vente et de la forte augmentation des charges, précise Mélissa Zennaf, chargée d’études et de références chez Cerfrance. En 2022, nous constatons une reprise des investissements de l’ordre de 30 % par rapport à 2021 ».

Betteraves : résultat courant en baisse

Situées principalement en Grande Beauce, dans le Gâtinais ouest et dans le Gâtinais est, les exploitations betteravières bénéficient d'une surface moyenne de 132 hectares, ainsi que d'un capital d'exploitation un peu plus important qu’en grandes cultures. Les rendements 2023 estimés sont assez proches de ceux notés en 2022. « Chaque année, le résultat courant est plus important chez les betteraviers qu’en grandes cultures, explique Mélissa Zennaf. Nous constatons une prévision de résultat 2023 proche de la moyenne décennale à 33 000 euros/Utaf ».

Les planteurs ont suivi la même tendance que les céréaliers en investissant : « En 2022, c'est plus 38 % d'investissements, de l’ordre de 70 000 euros par entreprise, ajoute Jean-François Le Pironnec, directeur Accompagnement et projets adhérents chez Cerfrance Alliance Centre. La trésorerie dégagée en 2021 et 2022 a permis de rembourser les engagements financiers et d'assurer un niveau de prélèvements privés plus élevé que les autres années ».

Toutes les charges en augmentation

Avec le pic inflationniste assez exceptionnel de 2022, Cerfrance Alliance Centre pressent un effet ciseaux majeur cette année. « Le prix des intrants et les prix de vente ont été simultanément au plus haut en 2022, rappelle Mélissa Zennaf. Même s'ils ont été achetés en 2022, les intrants seront utilisés pour la récolte 2023, quand les prix de vente seront retombés. Du fait de ce décalage, nous pouvons nous attendre à une baisse de résultat ».

D'après les premières estimations du cabinet comptable, si l'effet conjugué assolement/rendement va faire progresser le produit des exploitations, c'est bien l'effet prix qui sera le plus impactant. « L’effet prix va pénaliser le produit par rapport à l’année dernière, entraînant une variation de moins 10 %, soit une diminution de 188 euros de l’hectare en grandes cultures, annonce la chargée d’études. Ce qui nous amène à 1 868 euros de produit par hectare ». Augmentant de 65 %, l'effet engrais quant à lui influera le plus sur les charges opérationnelles des exploitations et représentera 166 euros à l’hectare en plus. Pour le reste, l’inflation se ressentira sur tous les postes. « Au total, les charges devraient augmenter de 18 %, soit plus de 279 euros par hectare, révèle Mélissa Zennaf. L'effet ciseaux sera alors bien visible ». Au-delà des moyennes, Cerfrance Alliance Centre met en évidence la dispersion des situations qui sera plus importante en 2023 qu’en 2022.

Préconisations de Cerfrance

Grâce à la trésorerie formée en 2021 et 2022, Cerfrance préconise les épargnes de précaution et patrimoniales. « L’objectif étant de garder un maximum de trésorerie pour anticiper et gérer des situations très variables, détaille Jean-François Le Pironnec. Il faut aussi anticiper les évolutions de charges et de produits par un calcul des coûts de production. Il est de plus en plus important de gérer ses positions de commercialisation et d’achat notamment dans des périodes aussi instables que la nôtre ». L'expert souligne le nécessaire travail à effectuer sur la stratégie de l’entreprise de façon à avoir des visions à long et moyen terme et ainsi mettre en place des actions sur le long cours.


*Unité de travail annuelle familiale.

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