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Assoler en commun pour gagner en efficacité

Deux adhérents du Geeta de Pithiviers assolent en commun leurs 220 ha. Décryptage du dispositif et les clés de succès.

Benoît Rousseau, à gauche, et Samuel Bignet.
Benoît Rousseau, à gauche, et Samuel Bignet.
© Olivier Joly

Administrateurs du Groupement d’études économiques et techniques agricoles (Geeta) de Pithiviers et installés respectivement à Nangeville et Orveau-Bellesauve, Benoît Rousseau et Samuel Bignet assolent en commun la totalité de leur surface, soit 220 ha. Le premier s’était installé sur 130 ha en 2003 et le second avait démarré presque dix ans plus tôt avec 90 ha. «On a commencé à travailler avec du matériel en copropriété : semoir à céréales puis moissonneuse-batteuse. Nous faisions de plus en plus de chantiers en commun.» Cela conduisit à une réflexion «approfondie» entre les deux hommes : récoltes, comptabilité, etc. «On a essayé de trouver des solutions via notre centre de gestion.»

Le cabinet d’expertise dressa un état de la personnalité des deux exploitants. Objectif : savoir si une association était possible et jusqu’où celle-ci pouvait aller. L’étude visait également à desceller les éléments problématiques éventuels. Cela aboutit à la définition d’un schéma technique et juridique. « Nous sommes de la même génération : nous avons les mêmes objectifs à moyen et long termes. »

Des terres en location

L’assolement en commun apparut comme une évidence. Néanmoins, les deux exploitations individuelles existent toujours. En dessous, on trouve une société en participation (SEP) : achat des intrants, production et vente de la récolte pour le compte des deux exploitations. Parallèlement, une société en nom collectif (SNC) permet de mutualiser le matériel et la main-d’œuvre : la SNC fait de la prestation de service pour le compte de la SEP. « Chaque mois, on se verse un salaire au niveau de la SNC. » Quant au bénéfice de la SEP, il est redistribué aux deux exploitants, au prorata de leurs surfaces. Dans la pratique, la SNC fonctionne comme une entreprise de travaux agricoles : elle travaille 30 ha à façon.

«Sur le terrain, on considère les parcelles de chacun comme les nôtres.» Question : pourquoi n’être pas allé jusqu’au Gaec ? « Avec deux exploitations distinctes, on garde les baux ruraux de chacun. Or toutes nos terres sont en location : il faut faire attention à ce qu’on fait. En outre, au début, chacun avait une situation différente : monter un Gaec était impossible.»

Une organisation modulable

Bilan de la formule ? « On a gagné en efficacité et en sérénité : les décisions se prennent à deux. L’assolement en commun apporte de la souplesse dans l’organisation. » Quid de l’aspect économique : «Le renouvellement du parc matériel est plus facile. Le matériel pour 250 ha est le même que pour 150 ha : nous ne sommes pas suréquipés, ce qui maintient nos charges de structures. Seule limite : la lourdeur administrative car il y a quatre comptabilités. Cependant, le système est rodé.» Une harmonie dans les relations humaines constitue « la clé de la réussite» pour tenir au long cours. « Au niveau des travaux dans les champs, chacun est capable de faire ce que l’autre fait. Notre organisation est modulable : elle n’est pas figée. » Au point d’envisager l’arrivée d’un troisième partenaire ? L’avenir le dira…

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