Betteraves : des milliers d'hectares non commercialisables
Impactés par la sécheresse, des milliers d'hectares de betteraves sont en train de pourrir et sont non commercialisables. La situation évolue rapidement et de nombreuses interrogations restent en suspens pour les planteurs comme pour les sucriers.
Impactés par la sécheresse, des milliers d'hectares de betteraves sont en train de pourrir et sont non commercialisables. La situation évolue rapidement et de nombreuses interrogations restent en suspens pour les planteurs comme pour les sucriers.
La sécheresse et les canicules successives ont eu un effet dramatique sur les betteraves. Outre la faiblesse des rendements, ces conditions climatiques engendrent un pourrissement de la culture qui la rend non commercialisable. Ce phénomène est moins marqué dans les zones irriguées.
Face à cette situation, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) tire la sonnette d'alarme. Ainsi, son président, Franck Sander, s'est rendu sur le terrain à Bray-sur-Seine (Seine-et-Marne) jeudi 17 septembre, en présence de représentants de la profession (CGB Île-de-France, FDSEA 77, JA 77, chambre d'Agriculture Île-de-France) et des sucreries, pour échanger avec Pierre Ory, préfet de Seine-et-Marne. Le département est particulièrement touché par cette problématique, seuls 20 % des surfaces en betteraves étant irriguées.
Des dégâts qui s’étendent
Sur cette parcelle de 30 hectares de betteraves cultivée par Yves Coppé, 100 % de la production est non commercialisable. Cette situation inédite pose de nombreuses interrogations, d'autant plus que la situation évolue rapidement. Au jour de la visite, 20 000 hectares de betteraves seraient concernés, alors que les estimations s'élevaient à 3 000 hectares une semaine auparavant. Et ce chiffre n'a pas fini d'augmenter au regard de la dégradation rapide de la culture : au jour où nous écrivons ces lignes, les 50 000 hectares seraient probablement atteints.
Dans les parcelles touchées, on observe un dessèchement des feuilles, la disparition de couronnes de feuilles et un développement perturbé des racines, qui, au final, flétrissent et pourrissent, à l'instar d'une feuille coupée sans eau.
Quelles solutions ?
Au-delà de 20 % de betteraves non marchandes, la production ne peut pas être traitée par la sucrerie pour des raisons techniques. Ce critère risque d'être revu à la baisse au regard des premiers tests réalisés dans les usines. Quant à la sucrerie de Nangis, son ouverture est avancée au 25 septembre, une course contre la montre étant engagée.
Des discussions avec les assureurs sont en cours, une rencontre avec la CGB a déjà au lieu vendredi 18 septembre. D'autres mesures sont également demandées : l'Indemnité de solidarité nationale (ISN), l'exonération totale de Taxe foncière sur le non bâti (TFNB)…
La décision de récolter tout ou partie d'une parcelle, ou de ne pas récolter, doit être prise entre le planteur et la sucrerie. Enfin, reste la question du traitement des betteraves non commercialisables. Que faire ? Les récolter ? Les détruire en surface ?
Si les dégâts de la sécheresse et des canicules sur les betteraves ont des conséquences humaines, économiques, juridiques et agronomiques, ils ont aussi un impact fort sur tout l'écosystème autour de la filière : transporteurs, entreprises de travaux agricoles, industriels, etc.