Aller au contenu principal

Cap’Filière viticole 2014-2018 : dix-neuf millions d’euros

Le coût du deuxième Contrat d’appui à la filière viticole s’élève à près de dix-neuf millions d’euros, dont une enveloppe du Conseil régional de deux millions d’euros. Le projet est mis en œuvre par l’Association régionale Filière Vin Centre Val de Loire.

Isabelle Defrocourt, directrice de l’ARFV.
Isabelle Defrocourt, directrice de l’ARFV.
© Olivier JOLY

L’Association régionale Filière Vin (ARFV) Centre Val de Loire rassemble tous les acteurs, amont et aval, de la filière viticole : Fédérations de viticulteurs, négociants, caves coopératives, interprofessions, dont le Bureau interprofessionnel des vins du Centre, et la chambre régionale d’agriculture. Ces entités sont membres de droit de l’association. S’y ajoutent des membres associés : État, collectivités locales, instituts techniques, etc. «L’association est née pour structurer les demandes de financements via le Cap’Filière explique Isabelle Defrocourt, la directrice de l’organisation. C’est une instance d’échange et de réflexion sur une stratégie à long terme.» L’ARFV coordonne les relations entre les professionnels, l’État et les collectivités locales.

Le premier Cap’Filière, entré en application en 2009, était axé sur le Sauvignon blanc et visait un développement technique et commercial de la production. La deuxième génération, qui s’étend de 2014 à 2018, se veut plus large et aborde des thématiques transversales. L’estimation budgétaire des actions qui seront mises en œuvre s’élève à près de dix-neuf millions d’euros, dont une contribution du Conseil régional de deux millions d’euros. Le reste proviendra des fonds propres de la filière.

Un investissement de 45.000 €

Le programme d’actions prévoit d’optimiser les systèmes de contrôles des Organismes de Défense et de Gestion (ODG). D’où le mise en place du logiciel Innov-Agro. Un outil de gestion administrative et opérationnelle des Appellations d’Origine Contrôlée comprenant notamment : les habilitations des nouveaux opérateurs, la gestion des adhérents, la gestion du parcellaire, les déclarations de récoltes, les déclarations de stocks, l’exploitation statistique des données des producteurs, la communication de certaines informations aux Organismes d’Inspections et à l’Institut national de l’Origine et de la Qualité, la facturation des cotisations à l’ODG à partir des déclarations et notamment de la déclaration de récoltes. Les quatorze AOC de Touraine ainsi que le Comité d’Inspection des Vins de Touraine (CIVT) sont équipés de ce logiciel. Un investissement de 45.000 € hors taxes financé à 50 % par le Conseil régional.

Quatre groupes de travail

L’ARFV porte un autre projet : elle a mis en place Vinopôle. Il s’agit d’un bâtiment regroupant l’Institut français de la Vigne et du Vin (IFV) ainsi que le CIVT. Montant de l’investissement : 2.300.000 €. Les collectivités locales ont apporté 65 % de la somme et la profession 10 %. Le restant a été financé par l’IFV et le CIVT. L’édifice est situé à Amboise (Indre-et-Loire). Isabelle Defrocourt explique la philosophie du projet : « Un partenariat entre les filières techniques et l’enseignement (NDLR : le bâtiment se trouve à proximité du lycée viticole).» Quatre groupes de travail ont été constitués : viticulture durable ; vins et terroirs ; économie du vignoble ; formations viti-vinicoles. L’inauguration est prévue le 7 juillet prochain.

La filière viticole régionale en chiffres

• 26 AOC, soit 21.800 ha.
• 3.100 chefs d’exploitations.
• 4.372 salariés.
• 50 % des vins sont commercialisés par des négociants.
• 16 caves coopératives.

« L’outil est bien adapté »

L’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) Touraine a une mission syndicale autour de l’Appellation d’origine contrôlée et de défense du produit. L’entité est équipée du logiciel Innov-Agro. Commentaire d’Alain Godeau, le président de la structure :

«L’objectif est de mettre en musique la gestion du vignoble et des produits. » Il existe trois niveaux de contrôles : l’autocontrôle, l’ODG (celui-ci observe surtout le vignoble et notamment la cohérence entre l’engagement parcellaire et la récolte) et le Comité d’Inspection des Vins de Touraine (CIVT). Ce dernier contrôle le travail de l’ODG et la qualité des produits. « Le logiciel permet d’intervenir sur les trois niveaux. » D’autres appellations (Vouvray, Chinon, Bourgogne, etc.) utilisent le même outil.

«Avec Innov-Agro, on déclare notre mise en bouteille au CIVT qui, par échantillon, procède à des contrôles. L’établissement organise des dégustations, qui sont faites par des professionnels.» En cas de problème, le CIVT transmet le dossier à l’Institut national de l’Origine et de la Qualité. Seul celui-ci est habilité à prononcer une sanction : avertissement, retrait de l’appellation pour le lot ou l’opérateur. Un système graduel en fonction de la nature du manquement. «L’outil est bien adapté» conclut le président de l’ODG.

L’AOC Touraine en chiffres

• 300 producteurs.
• 5.600 ha.
• 120.000 hectolitres de blanc.
• 60.000 hectolitres de rouge.
• 20.000 hectolitres de rosé.
• 30.000 hectolitres d’effervescent.

Quatre axes stratégiques

La pérennisation des exploitations viticoles, le maintien du potentiel de production, la gestion des volumes et le positionnement des produits : ce sont les quatre enjeux majeurs pour le maintien d’une économie viticole forte et le développement de la valorisation. Le programme d’actions du Contrat d’appui à la filière viticole s’articule donc autour de quatre axes stratégiques : pérenniser la filière viticole régionale ; améliorer la production de la vigne à la commercialisation ; promouvoir les produits sur les différents marchés (locaux, nationaux et internationaux) ; piloter la stratégie de filière en région Centre.

La déclinaison de ces orientations vise les objectifs suivants : anticiper les volumes sur le plan structurel et conjoncturel ; mettre en place un dispositif global d’accompagnement de la stratégie des entreprises ; favoriser la sélection de matériel végétal de haute qualité ; moderniser la filière pépinière régionale ; développer un pôle de compétence viti-vinicole ; optimiser les systèmes de contrôles ;développer des outils de promotion et de communication de l’offre oenotouristique ; créer un message commun et positif sur la filière régionale.

Les plus lus

En Seine-et-Marne, le coup d'envoi de la moisson 2021 a été donné début juillet. Cette récolte, débutée tardivement, se déroule par intermittence en raison des nombreux épisodes pluvieux qui surviennent régulièrement depuis deux semaines.
En Île-de-France, la moisson tarde à s'enclencher
Manque d'ensoleillement, excès d'eau…, la moisson francilienne tarde à débuter. Les toutes premières récoltes ont eu lieu la…
Banderole "Grâce aux agriculteurs, des fleurs pour nos abeilles" au bord d'une jachère fleurie en Seine-et-Marne..
« Grâce aux agriculteurs, des fleurs pour nos abeilles »
Des exploitants agricoles de Seine-et-Marne affichent des banderoles près de leurs jachères fleuries.
Le 22 juillet, à Saulnières. Maxime Vecten est ravi de sa toute nouvelle ­moissonneuse-batteuse Case IH Axial Flow 9250.
La récolte avec une géante : l'Axial Flow 9250 de Case IH
La société Duret vient de livrer une moissonneuse-batteuse Case IH Axial Flow 9250. Petit tour aux côtés de son heureux…
Lorsqu'elle est pleine, la ­moissonneuse-batteuse peut peser jusqu'à 30 tonnes : la désembourber s'avère alors très compliqué.
Moissons : les agriculteurs s’embourbent dans le retard
Dans le Loiret, les premiers agriculteurs ont timidement commencé à récolter la semaine dernière mais la météo pluvieuse ne…
Les Yvelines, l'Essonne et le Val-d'Oise sont désormais dotés d'une convention Feux de chaume qui lie pompiers et agriculteurs.
Feux de chaume : agriculteurs et pompiers main dans la main
À l'aube de la moisson 2021, les Yvelines, l'Essonne et le Val-d'Oise sont désormais dotés d'une convention Feux de chaume signée…
Alexandre Pelé est le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves Centre-Val de Loire.
Quelles perspectives d’avenir pour la filière betteravière ?
Après l’annonce de Cristal Union d’un prix de la betterave à 30 euros/tonne, Alexandre Pelé, président de la Confédération…
Publicité