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Élevage
Congrès Elvéa France : lucidité, exigence et cohésion 📹

Le congrès national Elvéa France, les 23 et 24 septembre à Fontainebleau (Seine-et-Marne), a réuni 120 participants venus de tout l'Hexagone.

La cité impériale de Fontainebleau (Seine-et-Marne) a servi d'écrin au congrès Elvéa France les mercredi 23 et jeudi 24 septembre. Comme l'a souligné son président Stéphane Peultier, qui commence sa mandature, ce moment est placé sous « le signe de la lucidité, de l'exigence et de la cohésion ». Environ 120 participants, membres des différentes associations Elvéa et les partenaires venus de toutes les régions ont été accueillis par les administrateurs d'Elvéa Île-de-France, dernière organisation de producteurs à rejoindre l'association et aussi une des plus petites avec 30 adhérents.

À l’issue de l’assemblée générale statutaire de cette organisation de producteurs bovins et ovins, un long moment a permis la présentation et la signature de quatre partenariats. Premier d'entre eux, Intermarché/SVA Jean Rozé (groupement des Mousquetaires) vise à créer du lien et de la valeur avec un contrat qui repose sur quatre piliers. « Cette convention a le mérite de créer du lien et de la transparence au profit du consommateur et d'apporter de la consommation positive. Il nous faut raconter une histoire de la fourchette à la fourche », ont expliqué les signataires. Les autres partenariats ont été signés avec Mutualia, TotalEnergies et la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB).

Les congressistes ont ensuite été accueillis par les élus de Fontainebleau et le président du Département de Seine-et-Marne, Jean-François Parigi, qui a mis en avant le travail mené avec les cantines des collèges et des lycées via la plateforme Approv'halles pour les fruits et légumes, les produits laitiers et volailles, ainsi que les opérations jeunes bovins à l'équilibre menées avec les éleveurs ­d'Elvéa Île-de-France. Chaque opération permet un débouché de 45 à 50 bêtes. Des opérations similaires sont également lancées depuis peu avec les ovins, une production en plein essor en Île-de-France.

Pour finir cette journée organisée de main de maître par la petite équipe d’Elvéa Île-de-France, présidée par Philippe Dufour, aux côtés de son trésorier et administrateur au national, David Tourte, la soirée à la Grange aux Dîmes, à Samoreau, a été ouverte par la vice-présidente de la Région, Valérie Lacroute.

La souveraineté alimentaire au cœur des échanges

La seconde journée du congrès a été marquée par une table ronde réunissant différents acteurs de la filière. En préambule de cette dernière intitulée Souveraineté alimentaire : notre élevage, nos filières, vos engagements (voir ci-dessous), le président de la FDSEA 77, Samuel Vandaele, a souligné que « rassembler des agriculteurs en organisation de producteurs est une chance pour aller chercher des appels d'offres. Mais nos concitoyens doivent comprendre le vrai coût d'un repas et prendre conscience que s'alimenter à un prix. Je plaide pour des factures de cantine avec le vrai coût du repas auquel une réduction est appliquée. On fait de la qualité mais un sujet porte aussi sur l'entrée de gamme pour honorer tous les marchés ». Il a également insisté sur l'attachement à la solidarité entre céréaliers et éleveurs.

La présentation du rapport d'orientation, entre la diffusion de deux films dont celui intitulé Le Bon, réalisé par l'association Agriculteurs d'Île-de-France, a également été l'occasion de rappeler les grands axes de la nouvelle équipe d'Elvéa France.

Le mot de la fin est revenu au directeur adjoint de la Driaaf, Benjamin Genton, qui a incité les éleveurs « à continuer de se battre pour l'élevage bovin ».


Innover et valoriser les externalités positives

Table ronde sur la souveraineté alimentaire pour la viande bovine.
Jeudi 24 septembre, à Fontainebleau. La table ronde du congrès Elvéa France a réuni les acteurs de la filière bovine autour des défis à relever pour maintenir une viande française accessible, durable et ancrée dans les territoires.

Dans un contexte où le cheptel de bovins (viande et lait) a diminué de 16 % en dix ans et que 25 % de la viande bovine consommée est importée, la table ronde organisée lors du congrès Elvéa France jeudi 24 septembre à Fontainebleau visait à faire le point avec les différents acteurs de la filière sur la souveraineté alimentaire en viande bovine française.

« Peu de Français se posent la question sur l'origine de ce qu'ils mangent. C'est pourtant un point clé si on veut réduire l'import et la consommation de carbone », a noté le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et éleveur laitier et de bovins viande, Yohann Barbe. De plus, parmi les différents types d'élevages, les éleveurs en bovins viande sont les plus âgés (39 % ont plus de 55 ans, 32 % en lait) avec une baisse de leur nombre (- 1,6 % en bovins viande, - 2,9 % par an en lait). Situation économique, capital élevé, travail difficile, faible part de femmes et de hors cadre familial expliquent cette situation.

Bien que peu axée vers l'élevage, il est souligné que la Région Île-de-France est celle qui aide le plus l'installation, notamment en élevage, l'objectif étant de le maintenir voire de le relancer, ce qui est le cas pour les élevages ovins.

En parallèle, en Europe, les importations ont augmenté de 18 % en dix ans et représentent 5,6 % de la consommation européenne. Les habitudes de consommation changent et les circuits d'approvisionnement aussi, notamment en intra-européen.

Alors que l'Excédent brut d’exploitation (EBE) par actif non salarié des systèmes en bovins viande est l'un des plus bas, le prix s'est fortement redressé en Europe. « Dès que la rentabilité revient, la décapitalisation se stabilise. Le combat contre le Mercosur n'est pas vain. L'indication de l'origine sur les plats transformés a boosté l'origine France », a souligné le président de la Fédération nationale bovine (FNB), Patrick Bénézit. Toutefois le représentant des bouchers, Karl Pitek, alerte du danger de perdre de la clientèle si le prix dépasse un certain seuil.

Quant aux distributeurs, ils plaident notamment pour remettre du lien entre les producteurs et les équipes de bouchers alors qu'ils font face à un manque de personnel qualifié. Il est aussi nécessaire de s'adapter au client (taille des morceaux, rapport qualité/prix) dans un contexte où le rayon traditionnel perd des plages de marché au profit du sous vide.

« Si nous voulons continuer à exister, il nous faut innover et ne pas tout miser sur le steak haché. Notre réseau Elvéa doit nous permettre de redorer notre blason avec nos externalités positives. Nous sommes les piliers de nos campagnes tout en façonnant le paysage et en apportant une alimentation saine. Arrêtons de théoriser notre métier mais vivons le bon sens paysan », a conclu le président d'Elvéa France, Stéphane Peultier.

Voir aussi Prix de revient : de nouveaux repères pour les éleveurs bovins lait et viande

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