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Création de l’unique filière noix de la région en Loir-et-Cher

Un groupe d’une vingtaine d’agriculteurs situés au nord de la Loire en Loir-et-Cher a constitué la première filière noix de la région Centre Val-de-Loire.

Le 12 novembre, à Maves. Une vingtaine d’agriculteurs de Loir-et-Cher a constitué l’unique filière noix de la région Centre Val-de-Loire.
Le 12 novembre, à Maves. Une vingtaine d’agriculteurs de Loir-et-Cher a constitué l’unique filière noix de la région Centre Val-de-Loire.

« J’ai un ami en Dordogne qui cultive des noix. Ca me tente bien d’en faire aussi. » Cette réflexion, Benoît Lonqueu se l’est faite en 2005. De fil en aiguille, le projet de créer une filière a mûri avec plusieurs agriculteurs du département. 

« J’ai 165 ha en grandes cultures sur des terres superficielles. Mon objectif a toujours été d’apporter de nouvelles cultures pour donner un avenir économique à mes parcelles argilo-calcaires en bordure de Cisse, une zone classée Natura 2000 : des asperges vertes et la semence potagère, devenue ma première activité », explique le producteur lors de la présentation officielle de la filière noix le 12 novembre sur ses terres, à Maves.

En 2010, l’agriculteur a entamé des démarches pour se familiariser avec cette culture en travaillant avec Hubert Désiré, conseiller à la chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher. « Nous sommes allés dans le Lot rencontrer un technicien spécialisé » et l’aventure s’est poursuivie avec dix-neuf agriculteurs majoritairement en grandes cultures — dont deux en agriculture biologique — et tous déjà plus ou moins diversifiés (betterave à sucre, pomme de terre de consommation, grenaille, truffe, légumes de plein champ…).

Avec les premières plantations de vergers en 2011, ils ont posé les prémices de l’unique filière noix de la région Centre Val-de-Loire.

« Nous avons suivi plusieurs formations en Isère, Marne ou encore Tarn-et-Garonne. Tout le monde était motivé et il en manquait rarement à l’appel lors des déplacements », témoigne Damien Venot, agriculteur à Marchenoir.

Étendu sur une superficie de 180 ha, le groupe est divisé en trois secteurs au nord du département.

« Même si nous avançons ensemble, cette démarche est avant tout un projet personnel d’agriculteur. Donc chacun agit en réfléchissant aux conséquences que cette décision peut avoir sur sa propre exploitation », rappelle Benoît Lonqueu, responsable du groupe. En effet, ce pari un peu fou implique un apport financier important (estimé à 2,5 millions d’euros pour les 180 ha) — soutenu par des aides départementales, régionales et nationales — et une absence de retour sur investissement pendant sept à huit ans, après la première récolte prévue en 2017.

L’objectif affiché des producteurs est de produire cinq cents à six cents tonnes de noix sèches ou cerneaux, soit moins de 2 % de la production française (35 000 tonnes par an).

« La demande a augmenté de 40 % en dix ans donc les bassins historiquement producteurs de noix nous voient comme un acteur complémentaire et non comme un concurrent car ils ont peur de perdre des parts de marché », affirme Philippe Noyau, producteur à Nourray. 

Pour l’heure, le groupe noix 41 a décidé de commercialiser sa production au niveau local et, pour cela, il sera soutenu par la coopérative agricole Axéréal fruits et légumes. « Nous étions intéressés par cette diversification et nous avons vu l’impact positif de cette plantation pour l’environnement », explique Vincent Rogez, directeur de la coopérative.

La production de noix favorise en effet la biodiversité grâce au paillage du sol ou à l’enherbement du rang, et demande un apport en eau moins élevé que les grandes cultures avec le goutte-à-goutte ou la micro-aspersion.

« Elle présente aussi un atout nutritionnel. À terme, c’est un aspect sur lequel on pourra réfléchir mais l’idée est avant tout de développer une marque à fort ancrage régional et une gamme variée de produits innovants », ajoute Vincent Rogez.

Les dix-neuf agriculteurs ont encore du chemin à parcourir devant eux : acquisition de matériel spécifique, construction de l’unique station départementale commune française pour la post-récolte (nettoyer, écaler, sécher et stocker les noix). Que ce soit pour se lancer au niveau régional ou se développer à l’international, il n’y a bien qu’un mot d’ordre : « Ensemble, on est plus fort ! »

Pour en savoir plus sur l’itinéraire technique de la production de noix, cliquez ici !

Dans cette vidéo, Benoît Lonqueu, reponsable du groupe noix 41, parle de cette nouvelle filière :

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