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Des territoires à penser… Ouvrir des perspectives

«Au fil des années, l’association Passion Céréales s’est attachée à demander à des personnalités d’horizons divers de partager leurs réflexions, leurs éclairages, leurs opinions sur des sujets qui concernent l’ensemble de la société et le rôle économique et social qu’y jouent les filières de grandes cultures. De ces regards libres, condition de leur sincérité et de leur valeur, sont issues des réponses enrichissantes et des manières de voir qui sont celles de chacun des auteurs, dont les travaux sont par ailleurs souvent très éloignés des questions agricoles ou alimentaires, mais toujours éclairants sur le devenir de nos sociétés. » Jean-François Gleizes

Des territoires à penser. Préface de jean-François Gleize
Des territoires à penser. Préface de jean-François Gleize
© Passions Céréales

«Au fil des années, l’association Passion Céréales s’est attachée à demander à des personnalités d’horizons divers de partager leurs réflexions, leurs éclairages, leurs opinions sur des sujets qui concernent l’ensemble de la société et le rôle économique et social qu’y jouent les filières de grandes cultures. De ces regards libres, condition de leur sincérité et de leur valeur, sont issues des réponses enrichissantes et des manières de voir qui sont celles de chacun des auteurs, dont les travaux sont par ailleurs souvent très éloignés des questions agricoles ou alimentaires, mais toujours éclairants sur le devenir de nos sociétés. » Jean-François Gleizes

Des territoires à penser… Des horizons multiples

Pour donner un aperçu du dialogue qui s’instaure au fil des pages entre des auteurs d’horizons volontairement divers, voici, dans l’ordre des chapitres du volume, l’enchaînement d’un bref paragraphe de chacun.

Jean-François Gleizes, agriculteur

«Quel est le sens de cette notion dans le monde d’aujourd’hui et de demain ? Le mot, utilisé dans de nombreux domaines au sens propre ou au sens figuré, a-t-il un sens dans un contexte «mondialisé»? A-t-il un sens notamment pour les activités de nos filières de grandes cultures, de la recherche et de la production de semences jusqu’à la livraison aux consommateurs de produits ‘directs‘, comme la boulangerie, ou très indirects, comme les bioplastiques, sur des marchés très locaux ou très mondiaux ?»

Henri Nallet, ancien ministre, président de la Fondation Jean-Jaurès

«Mais cette prise en compte de la diversité de nos territoires ruraux suppose de la prendre au sérieux, d’en faire une richesse au lieu de chercher à la réduire.»

Jean Viard, sociologue, économiste et politologue

«Il faut essayer de penser un nouvel imaginaire des territoires et les réformes territoriales, le rôle nouveau des communes, des métropoles, la fin programmée des départements et la construction d’immenses régions, souvent assez homogènes en termes agricoles. Il y a ici une chance à saisir pour l’agriculture.»

Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique et professeur des universités

«L’État et l’agriculture sont deux manières d’instituer un territoire. L’une et l’autre sont inséparables même si l’agriculture et l’État ont chacun sa manière propre de prendre possession d’un espace, d’exercer sur lui une maîtrise, de le territorialiser.»

Olivier Mongin, éditeur et écrivain

«Une interrogation sur les grandes cultures et les territoires agricoles, à commencer par celle qui porte ici sur les céréales, exige alors de réfléchir à cette reconfiguration inédite des lieux et à privilégier en conséquence la notion de "milieu" dont la finalité est de redessiner des territoires dans un univers des flux qui a perturbé de fond en comble l’organisation des espaces et des paysages.»

Christian Saint-Étienne, économiste

«Les territoires métropolisés ont une double dimension de territoire puissance, au sens de la capacité à mener des stratégies cohérentes de développement dans le monde global, et de territoire identité, au sens de territoire constitutif de l’identité des acteurs revendiquant leur appartenance politique et culturelle à ce territoire.»

Alain Rousset, président de l’Association des Régions de France, président de la Région Aquitaine, député de la Gironde

«La Région joue alors nécessairement un rôle intégrateur. Elle élabore une politique à l’échelle de son territoire. Mais cette politique intègre à la fois le territoire plus large dans lequel elle s’inscrit et les échelons de proximité. Maintenir cette proximité tout en constituant des Régions fortes à l’échelle européenne : tel est le défi que doit relever la réforme territoriale.»

Gilles Fumey, géographe

«Aujourd’hui, les territoires d’échelle locale vont donc s’emboîter aux grandes structures de l’alimentation mondialisée. Ils ajoutent cette part d’imaginaire dont les humains ont besoin dans la construction de leur alimentation comme un lien au monde.»

Virginie Raisson, chercheur-analyste en géopolitique et prospective

«Portée au même moment par l’augmentation des revenus moyens, par l’urbanisation, par la standardisation mondiale des modes de vie et la mutation des régimes alimentaires, la hausse exponentielle de la demande en viande, en énergie et en logements rebat partout la vocation des territoires. Ce faisant, elle modifie ensemble leurs statuts, leurs dynamiques, leurs écosystèmes et leur organisation.»

Serge Soudoplatoff, entrepreneur, expert des questions du numérique

«Une communauté n’existe qu’autour d’un sens commun. Ce sens peut-être de l’entraide, comme c’est le cas des forums professionnels, ou bien une passion commune, comme les fans de parcs d’attractions. Mais le territoire est un extraordinaire lieu de sens commun, surtout en France, pays où les spécificités régionales sont très ancrées. (…) L’internet est son ami.»

Dominique Wolton, spécialiste des questions de communication, directeur de recherche au CNRS

«Le « territoire » est en train de faire l’objet d’un magnifique aller-retour. Hier il était identifié à la terre. Aujourd’hui, depuis le XXe siècle, on assiste au triomphe de l’espace comme symbole de progrès et du dépassement des frontières physiques. Mais déjà, avec le monde fini, le retour s’esquisse. Celui des identités et l’obligation d’apprendre à cohabiter. Le territoire lié au passé a retrouvé toute son importance anthropologique.»

Pascal Dibie, ethnologue

«Le fait est que nous sommes bel et bien dans un âge de transition, un âge entre les âges, non définissable, non descriptible, un temps où les changements sont tels qu’on ne sait plus exactement la mesure du seuil, ni quand et par où les choses vont rompre ou se consolider. Face au temps mondial qui se dessine irrémédiablement, qu’en est-il de nos identités, autant nationale que régionale, voire de notre identité propre, et qu’en est-il plus particulièrement de notre vie en région ?»

Pierre-François Gouiffès, maître de conférences

«Le territoire a ainsi largement été débordé par d’autres catégories mais les limites de cette sectorisation extraterritoriale, basée sur une conception verticale de la société, vont s’avérer croissantes : le constat a été progressivement celui d’une perte d’efficacité des modes de régulation fondés sur la représentation sectorisée, voire corporatiste, de la société et la recherche de nouvelles formes de proximité.»

Ezra Suleiman, professeur de politique à l’université de Princeton

«Le changement du concept de territoire dans lequel il faut agir et auquel il faudrait constamment s’adapter est un mouvement qui ne va pas s’arrêter. Il crée et créera des bouleversements dans les habitudes, les moeurs et les stratégies de la population et des pays.»

Anne-Claire Vial et Guillaume Dhérissard, présidente et directeur de Sol et Civilisation

«Depuis toujours donc, le territoire est un espace pour le développement. Aujourd’hui, que l’échelle soit la planète sur les questions climatiques, l’espace euro-méditerranéen pour les problématiques alimentaires et les partenariats agricoles, les bassins versants pour la gestion de l’eau, le territoire est certes à géographie variable mais reste un espace organisé pour agir ensemble.»

Jean-François Gleizes, agriculteur

«Les territoires de l’avenir doivent donc être des horizons à conquérir plus que des barrières qu’on s’interdirait de remettre en cause. L’ambition était, ici, de contribuer à cette réflexion. Sans y poser ni clôture, ni défense, mais seulement des horizons.»

Passions Céréales aux éditions de l’Aube. Des territoires à penser est publié aux éditions de l’Aube, le 06 février 2015, dans la collection l’Aube poche essai.

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