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Pommes de terre
EARL Clavelou : 60 % du temps dédié aux pommes de terre

Installé en polyculture depuis 2017 sur l’exploitation familiale à Bagneaux-sur-Loing, Benoit Clavelou produit des pommes de terre de consommation qu’il commercialise en grande partie en direct.

Âgé de 27 ans, Benoit ­Clavelou s’est installé sur l’exploitation familiale, l’Earl Clavelou à Bagneaux-sur-Loing, en 2017 aux côtés de ses parents. L’assolement de l’exploitation de 190 hectares se compose de blé, orge de printemps et d’hiver, colza, pommes de terre et maïs, la variable d’ajustement des parcelles en pommes de terre. La sole en maïs est en forte régression, les dégâts de sangliers étant exponentiels, tout comme ceux des corbeaux.

« Sur l’exploitation, les 6 hectares de pommes de terre représentent 60 % du travail. J’effectue la plantation, le buttage, les traitements et la mise en sac. L’arrachage, qui a commencé ce premier lundi de septembre, est réalisé par une entreprise extérieure. C’est plus sécurisant et beaucoup plus rapide. D’une semaine auparavant, nous mettons une journée et demie avec le prestataire qui récolte et met en palox », explique le jeune agriculteur. Les pommes de terre sont ensuite déchargées dans un frigo. L’ensemble des surfaces en pommes de terre est irrigué. Benoit Clavelou s’occupe des enrouleurs le matin, et sa mère, salariée de l'exploitation, effectue un tour de surveillance le soir. Avant d’être calibrées et mises en sacs, les pommes de terres sont ramenées à température ambiante. Sa trieuse datant de 1976, Benoit Clavelou a le projet de la changer.

Quatre variétés sont produites sur l’Earl Clavelou (monalisa, esmeralda, artemis et cheyenne). Les trois premières sont récoltées ensemble, la maturité étant proche, et la quatrième un peu plus tardivement. S’il commercialise des pommes de terre nouvelles, la clientèle demande souvent des grenailles. « Contrairement aux croyances, la grenaille n’est pas une variété spécifique mais une pomme de terre recalibrée qui peut être de différents types », précise l’exploitant qui privilégie le calibre au rendement.

Outre la vente directe à la ferme, auprès de restaurateurs — pour certains via des grossistes, « la meilleure formule car on a un seul interlocuteur qui s’occupe de la livraison » —, collectivités et à Rungis auprès d’un grossiste depuis huit ans, l’EARL Clavelou est présente tous les samedis matin de mi-septembre à début juillet sur le marché de Nemours. « C’est un gros marché où nous devons être deux ou trois à servir. Avec ce canal de distribution comme à la ferme, j’apprécie l’échange avec le client. » Et depuis peu, un gros débouché se développe : les distributeurs automatiques de ses collègues agriculteurs.

Alors qu’il fournit des cantines scolaires, l’EARL a été fortement impactée par la crise sanitaire et les confinements successifs. « Si durant le premier week-end du confinement, 12 tonnes ont été commercialisées, un record, la hausse des ventes à la ferme durant ces périodes n’a pas compensée les pertes liées aux fermetures des cantines. À Nemours, par exemple, ils servent 800 à 1 000 repas par jour. Cela représente de grosses quantités. »

Si la pomme de terre est un produit à faible valeur ajoutée pour lequel un projet de transformation n’est pas valable, il cherche d’autres sources de revenus. Via un moulin, son blé est, par exemple, utilisé pour produire une baguette de pain : la Balnéotaine.

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