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Eau : le préfet annonce de nouvelles mesures de restriction

Le préfet d'Eure-et-Loir, Françoise Souliman, a organisé une rencontre avec la presse le 13 juillet, puis le 20 juillet, à Chartres. Des mesures de restriction de l'usage de l'eau ont été annoncées, puis durcies.

La veille de la fête nationale du 14 juillet, le préfet du département, Françoise Souliman, organise une rencontre avec la presse pour évoquer les dossiers dont elle a la charge « et qui vont nous occuper tout l'été ».

Elle débute son intervention par l'implantation d'un second site pour le groupe allemand Vorwerk, à Châteaudun, soulignant la rapidité avec laquelle les choses ont avancé : « Nous avons fait en deux mois ce que nous aurions fait avant en deux ans », grâce à la solidarité entre les collectivités et le concours de tous les services de l'administration.

Plus d'efforts

Après avoir fait un focus sur le dossier de la sécurité, notant une augmentation des violences urbaines et une stabilisation des violences intrafamiliales, elle aborde le sujet de la sécheresse : « J'ai fait une expérimentation, il y a quelques semaines, pour faire baisser la consommation agricole d'eau de 10 % sur le secteur de la métropole chartraine. Ça a tenu, il y a eu des orages et il n'a pas fait très chaud en juin mais là on voit qu'on n'y est plus, que la nappe de Beauce baisse sérieusement, donc nous allons devoir prendre de nouvelles mesures restrictives de l'usage de l'eau », annonce-t-elle.

Pour Françoise Souliman, « il faut que tout le monde paie sa contribution au manque d'eau. Maintenant que la récolte est passée, même s'il reste encore le maïs, les betteraves et les pommes de terre, je vais demander un effort plus important aux agriculteurs. Nous ne tiendrons pas l'été comme ça. La météo n'annonçant rien de bon en pluviométrie avant au moins quinze jours ». De fait, dans la foulée de ce rendez-vous presse, le préfet organisait une réunion du comité sécheresse qui débouchait sur la publication d'un arrêté.

1,2 million d'euros versés aux agriculteurs

Elle poursuit son propos en évoquant le nombre important de déplacés ukrainiens accueillis en Eure-et-Loir, la tension hospitalière due à la septième vague de Covid ou les difficultés de recrutement dans tous les secteurs d'activité… Elle parle également du Plan de résilience mis en place par le gouvernement à la suite du conflit en Ukraine et pointe que pour le moment, « ce sont surtout les agriculteurs qui sont impactés par la hausse des prix des intrants. Il y a eu 1 308 demandes et 1,2 million d'euros versés ».

Au sujet des énergies renouvelables, Françoise Souliman a fait part de la tenue de la troisième réunion du comité ad hoc : « Ça se passe plutôt pas mal mais nous aurions besoin d'un outil cartographique pour les projets de méthanisation. On ne peut pas en faire partout, il faut une infrastructure routière adaptée. Tous les porteurs de projet doivent venir nous voir très en amont ». Quant aux projets d'agrivoltaïsme : « Il va falloir discuter avec la chambre d'Agriculture, où il y a des avis contraires, pour clarifier les choses ».


Sécheresse : Chartres métropole atteint le niveau de crise

Quelques jours après avoir publié un arrêté instaurant des mesures de restriction de l'usage de l'eau en Eure-et-Loir, le préfet, Françoise Souliman, a de nouveau convoqué la presse le 20 juillet, pour en annoncer de nouvelles.
 
Seuil de crise
 
Carte du périmètre de Chartres métropole concerné par les mesures annoncées le 20 juillet.
En bleu, le périmètre de Chartres métropole concerné par les mesures annoncées le 20 juillet.
© DDT28
 
C'est le secteur de Chartres métropole qui pose problème. En quelques jours donc, celui-ci est passé du niveau d'alerte renforcée à celui de crise. « Depuis mercredi dernier les niveaux ont beaucoup descendu, frôlant même un problème lundi, explique le préfet. Nous avons réuni ce matin le président de la chambre d'Agriculture, les responsables de Chartres métropole, les services de l'État pour que nous arrêtions des mesures ».
Celles-ci concernent Chartres et onze communes limitrophes. Pour le secteur agricole, elles impactent directement la soixantaine de forages du secteur de la zone de captage de Francourville. Ainsi, l'irrigation y sera interdite entre 11 heures et 18 heures dès ce vendredi 22 juillet. « Nous devrions ainsi obtenir une réduction de 30 %, ce qui permettrait d'avoir une situation meilleure », argue Françoise Souliman.
Ces mesures de restriction concernent également l'ensemble de la population avec des interdictions de lavage de voiture aux mêmes horaires, même dans les établissements spécialisés, d'arrosage des pelouses, de remplissage des piscines… Le préfet fera également parvenir un courrier aux entreprises pour qu'elles fassent aussi un effort pour baisser de 30 % leur consommation d'eau.
« Mais il appartient à chacun d'entre nous de limiter sa consommation, d'avoir des gestes de bon sens. Nous avons une période difficile à passer, nous avons prévu de nous revoir mercredi prochain et l'on espère ne pas arriver à pire. C'est la semaine de tous les dangers », pointe le préfet.
 
Un vrai travail à faire
« Nous prenons des mesures difficiles, d'urgence, de crise, ce n'est pas bon, ajoute Françoise Souliman. Il faut vraiment qu'en septembre nous fassions un vrai travail avec l'ensemble des acteurs et des utilisateurs de l'eau pour arriver à de bonnes pratiques. Doit-on bouger son modèle économique ? Il y a peut-être des plantes qu'il ne faut plus mettre car elles consomment trop d'eau… On ne s'affranchira pas de prendre des mesures structurelles et d'être en mesure de les appliquer au printemps prochain ».
En attendant, l'arrêté publié le 13 juillet reste en vigueur, seule la carte évolue. Le secteur de la nappe de Beauce n'est pas concerné, ainsi qu'au nord les secteurs de la Drouette et de la Vesgre. Celui de Nogent-le-Rotrou est également au niveau d'alerte de crise.
Les zones et leur niveau d'alerte au 13 juillet. Depuis le 20 juillet, le secteur Chartres métropole est passé en crise (rouge).
Les zones et leur niveau d'alerte au 13 juillet. Depuis le 20 juillet, le secteur Chartres métropole est passé en crise (rouge).
 
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