Viticulture
En Essonne, les Vignerons franciliens passent à l’étape du chai
Aux Granges-le-Roi (Essonne), cinq agriculteurs franciliens engagés dans la viticulture depuis 2020 viennent d’ouvrir leur propre chai. Une nouvelle étape pour ces producteurs qui veulent maîtriser toute la chaîne, de la vigne à la bouteille, tout en conservant leur indépendance.
Aux Granges-le-Roi (Essonne), cinq agriculteurs franciliens engagés dans la viticulture depuis 2020 viennent d’ouvrir leur propre chai. Une nouvelle étape pour ces producteurs qui veulent maîtriser toute la chaîne, de la vigne à la bouteille, tout en conservant leur indépendance.
Température fraîche malgré les 30 °C extérieurs, bruit des bouteilles qui s'entrechoquent… Aucun doute, nous avons franchi le seuil d'un chai… aux portes de Dourdan (Essonne). Personne ne l'aurait imaginé il y a quelques années. Pas même ceux qui aujourd'hui en sont à l'origine. Ils s'appellent Edouard, Pierre, Luc, Dominique et Romuald. Ils ne se connaissaient pas, ou très peu, il y a encore quelques années et aujourd'hui, ils sont lancés ensemble dans une aventure collective inédite en Île-de-France.
Aux Granges-le-Roi (Essonne), ces cinq agriculteurs, diversifiés depuis 2020, viennent de monter leur propre chai. Un bâtiment flambant neuf qui abrite depuis peu des cuves thermoréfrigérées ainsi que l'ensemble du matériel nécessaire à la vinification, à la mise en bouteille et au stockage. Le site est également doté d'un espace accueil/dégustation.
Ici, les règles sont claires et font pour le moment le succès de cette aventure naissante. « Nous sommes tous les cinq réunis sous une identité commune : les Vignerons franciliens. Mais nous ne sommes pas en coopérative, tranche d'emblée Dominique Vallée, un des producteurs. Chacun a ses propres cuves et reste maître de sa production, de sa vinification et de sa commercialisation. Évidemment, c'est une aventure commune, on s'entraide, on vend aussi pour les collègues, mais dans les faits, chacun est maître de ses décisions aussi bien au champ qu'au chai ».
Une diversification maîtrisée de la vigne à la bouteille
Pour accompagner cette montée en puissance, une maître de chai a été embauchée à temps plein depuis quelques mois. « Elle vinifie l'ensemble de notre production, et répond aux attentes différentes des cinq producteurs, confie Pierre Vallée. En fonction du profil de vin que l'on souhaite, elle s'adapte. Notre objectif était vraiment de maîtriser notre diversification d'un bout à l'autre de la chaîne et pas uniquement de produire du raisin. Le bâtiment a été monté juste à temps pour nos vendanges 2025. En ce moment, nous sommes dans les premières mises en bouteille et les balbutiements de la commercialisation ».
Et les premiers retours du marché sont encourageants. « Il y a évidemment un vrai travail de filière à faire car les gens ne savent pas que les vignes sont de retour en Île-de-France, confie Edouard Minier, mais l'accueil et les premiers retours sont bons. Il n'y pas d'aprioris négatifs et les gens sont plutôt curieux ».
11 hectares de vignes et un premier millésime prometteur
À eux cinq, les producteurs cultivent aujourd'hui 11,2 hectares de vignes en Essonne et dans le sud des Yvelines. Tous se sont formés grâce aux sessions sur la viticulture organisées depuis 2017 par la chambre d'Agriculture Île-de-France en partenariat avec celle de Loir-et-Cher. « On travaille en monocépage parcellaire. Là encore, chacun reste maître de sa production et de ses décisions en fonction des typicités de son territoire. On a la chance de bénéficier d'un suivi technique à la pointe grâce au technicien du Loir-et-Cher ». Les cinq producteurs ont également monté une Cuma qui leur permet de mutualiser l'ensemble du matériel.
Pour ce premier — et bon — millésime francilien, un peu moins de 50 000 bouteilles ont été produites. Chardonnay, pinot, sauvignon, cabernet, chenin ou encore merlot : les vins seront commercialisés en direct au chai, sur rendez-vous, mais aussi auprès des cavistes, cafés, hôtels et restaurants des environs. Là encore, l’idée est de jouer la carte du local.
Les cinq producteurs espèrent inscrire durablement la viticulture dans le paysage agricole francilien. Avec leur chai collectif et ce premier millésime prometteur, les Vignerons franciliens espèrent désormais faire leur place dans une filière encore jeune en Île-de-France.
Portes ouvertes du chai le 7 juin
Alors que leurs premiers millésimes viennent tout juste d’être mis en bouteille et qu’une nouvelle campagne se profile déjà, les Vignerons franciliens organiseront une journée portes ouvertes de leur chai dimanche 7 juin, de 10 heures à 18 heures. Au programme : dégustations, visites et ventes.
Plus d'infos sur lesvigneronsfranciliens.fr