Face au manque de contrôles, les agriculteurs du Loiret se mobilisent
Face à des contrôles jugés insuffisants sur les importations, les Jeunes agriculteurs et la FNSEA du Loiret ont mené une action coup de poing vendredi dernier sur deux plateformes logistiques. Objectif : dénoncer l’opacité sur l’origine des produits, la concurrence déloyale et les risques liés à l’accord UE-Mercosur.
Face à des contrôles jugés insuffisants sur les importations, les Jeunes agriculteurs et la FNSEA du Loiret ont mené une action coup de poing vendredi dernier sur deux plateformes logistiques. Objectif : dénoncer l’opacité sur l’origine des produits, la concurrence déloyale et les risques liés à l’accord UE-Mercosur.
Vendredi 9 janvier, dès 5 h 30 du matin pour les plus matinaux, les Jeunes agriculteurs du Loiret et la FNSEA du Loiret ont mené une opération coup de poing sur deux sites stratégiques : à Saint-Cyr-en-Val, au sud d’Orléans, et à Saint-Hilaire-les-Andrésis, dans le secteur de Courtenay. Une mobilisation organisée dans la plus grande discrétion, mais avec un message clair : dénoncer l’accord UE-Mercosur et la concurrence déloyale qui pèse sur l’agriculture française.
Des constats qui interrogent
Dès l’aube, les équipes ont procédé au contrôle de plusieurs dizaines de camions desservant les plateformes de stockage. L’objectif n’était pas de bloquer les flux, mais de vérifier l’origine des produits et de mettre en lumière les incohérences du système actuel.
Les contrôles ont permis de dresser plusieurs constats. Si une partie des fruits et légumes était bien d’origine française, de nombreux produits transformés ne présentaient en revanche aucune indication claire sur leur provenance. Une opacité qui soulève de nombreuses questions : d’où viennent réellement ces produits et selon quelles normes ont-ils été fabriqués ?
Ce constat fait écho à une réalité plus large : moins de 1 % des denrées entrant en France sont contrôlées, alors que les agriculteurs français, eux, sont soumis à des contrôles réguliers et à une accumulation de normes sanitaires, environnementales et sociales. Une situation largement vécue comme injuste par la profession.
Une mobilisation dans le calme et le dialogue
L’action s’est déroulée dans le calme, le respect et la responsabilité, dans un esprit de dialogue. À cette occasion, une délégation de Jeunes agriculteurs a pu échanger directement avec Sophie Brocas, préfète du Loiret, ainsi qu’avec des représentants de la Direction départementale des territoires (DDT). Ces échanges ont permis de faire remonter les constats de terrain et les inquiétudes du monde agricole face aux décisions prises au niveau européen.
Le Mercosur au cœur des inquiétudes
Cette mobilisation intervenait dans un contexte politique particulier. Le jour même, une majorité de pays de l’Union européenne annonçait son approbation de l’accord de libre-échange UE-Mercosur, ouvrant la voie à sa signature.
Pour les Jeunes agriculteurs, cet accord représente une menace directe pour les filières agricoles, les revenus des exploitants et la souveraineté alimentaire. Il était donc au cœur de cette mobilisation, à travers laquelle le syndicat a réaffirmé plusieurs exigences : l’abandon de l’accord UE-Mercosur, un contrôle réel et équitable des importations, l’application du principe de réciprocité des normes, la fin de la concurrence déloyale, la protection des moyens de production et une rémunération juste pour les agriculteurs.
Cette action marque une nouvelle étape dans la mobilisation agricole. Les organisations l’assurent : la pression ne retombera pas tant que des décisions concrètes ne seront pas prises pour défendre l’agriculture française et européenne.