Ferme de Bressonvilliers : l'élevage ovin de Matthieu Ode se développe
Installé sur la Ferme de Bressonvilliers, à Leudeville (Essonne), Matthieu Ode développe son élevage depuis plusieurs mois. Après avoir acheté près de 200 brebis, il a réalisé plusieurs agnelages.
Installé sur la Ferme de Bressonvilliers, à Leudeville (Essonne), Matthieu Ode développe son élevage depuis plusieurs mois. Après avoir acheté près de 200 brebis, il a réalisé plusieurs agnelages.
Après un long parcours du combattant pour s'installer sur la Ferme de Bressonvilliers à Leudeville (Essonne), Matthieu Ode a enfin pu développer son élevage ovin ces derniers mois. « Il n'y a eu aucun problème depuis l'arrivée des animaux », dit-il d'un air soulagé. La prochaine étape est donc de se constituer un cheptel.
Après avoir acheté près de 200 brebis de race vendéenne ou de race Île-de-France, il a réalisé plusieurs dizaines d'agnelages en fin d'année 2025. « Les premières brebis sont arrivées le 15 mai et le premier agneau est né le 28 novembre », retrace-t-il. La période est intense avec des agnelages multiples, parfois de triplés voire même de quadruplés. « Ça représente beaucoup de travail. Il y a beaucoup de surveillance, de temps passé en bâtiment pour être sûr que tout aille bien, mais à mon goût, c'est la meilleure partie de l'année », affirme Matthieu Ode.
Les premières ventes espérées pour Pâques
Le Jeune agriculteur, qui est également devenu secrétaire général du canton de l'Essonne des JA, espère « vendre les premiers agneaux pour Pâques ». L'éleveur ovin envisage deux débouchés pour la vente d'agneaux : une partie en direct à la ferme, l'autre à Rungis via l’association Les Bergers d’Île-de-France.
Pour le moment, les « paris sont tenus », estime l'exploitant agricole puisque ses animaux sont nourris 100 % à l'herbe, que ce soit en prairies ou avec du foin d'herbe en bâtiment cet hiver. À terme, le but est de remplir la bergerie de 780 places avec un atelier de découpe et de transformation sur site, ce qui nécessiterait la présence d'au moins un salarié agricole. « L'idée est de valoriser le produit jusqu'au bout, sachant que nous sommes aux portes de la zone urbaine », explique Matthieu Ode. Pour le moment, l'abattage pourra se faire à Jossigny (Seine-et-Marne) et à Cosnes-Cour-sur-Loire (Nièvre) pour la partie vendue à Rungis, ainsi qu'à Vendôme (Loir-et-Cher) pour la partie sur laquelle l'éleveur travaillera avec l'atelier de découpe et de transformation de Viandes d’Île-de-France à Gazeran (Yvelines). Avec l'avancement de ce projet, c'est « un rêve d'enfant qui se réalise ».
Bovin
Tanguy Schintgen essaie de constituer un cheptel
Face aux prix des animaux, Tanguy Schintgen essaie tant bien que mal de se constituer un premier cheptel.
Installé sur la Ferme de Bressonvilliers à Leudeville (Essonne) depuis plus d'un an, Tanguy Schintgen apprécie d'être enfin sur le site. « C'est cool, on travaille avec le sourire », confie celui qui n'en a pourtant pas terminé avec les obstacles. Le Jeune agriculteur doit faire face au coût très élevé des bovins ces derniers mois. Face à cette difficulté, l'éleveur ne peut pas faire la fine bouche et choisir la race de ses animaux.
« Grâce à une connaissance qui travaille chez un éleveur laitier dans l'Oise, j'ai réussi à avoir trois premiers veaux le 31 mai dernier », retrace-t-il. Ce sont des croisés limousine-montbéliarde qui sont arrivés à 15 jours. Le 1er novembre 2025, Tanguy Schintgen réussit à obtenir trois nouveaux veaux par le même élevage. Un mois plus tard, il rentre ses veaux de la prairie dans un bâtiment qui paraît trop vide. C'est finalement à l'approche de Noël qu'il reçoit une bonne nouvelle : six nouveaux veaux ont fait leur apparition dans son exploitation le 28 décembre. « Je peux aller jusqu'à une trentaine de bovins juste dans ce bâtiment », explique-t-il. « J'ai semé 10 hectares de prairies au printemps pour avoir plus de place », détaille Tanguy Schintgen. Pour le moment, pas sûr qu'elles soient toutes nécessaires en 2026. « Je sortirai les animaux en mars ou avril », affirme l'éleveur. D'ici là, il espère en avoir davantage. « L'idée serait d'avoir une cinquantaine d'animaux, dont une vingtaine de femelles en rotation pour la reproduction », admet-il.
« Le même coût qu'une reprise »
Le jeune exploitant agricole entend élever ces mâles jusqu'à 36 mois pour les vendre avant l'abattage comme bœuf et se servir des femelles pour constituer un cheptel. En attendant, il achète du lait en poudre à la chambre d'Agriculture Île-de-France pour nourrir ses veaux matin et soir jusqu'à 10 ou 12 semaines. Ensuite, « je leur donne du foin à volonté », précise Tanguy Schintgen qui n'a qu'une envie : pouvoir mettre en œuvre ce processus à plus grande échelle. « J'espère trouver d'autres animaux rapidement, si possible un lot de vaches gestantes », dit-il. « Entre le coût des travaux et celui pour constituer un cheptel, cela va avoir le même coût qu'une reprise », estime l'éleveur.
Site
L'aboutissement du projet en suspens
Alors que les difficultés persistent depuis plusieurs années pour l'aboutissement du projet à Bressonvilliers, les agriculteurs n'ayant toujours pas accès à l'électricité, l'État a pris la décision de mettre le site en vente.
Le projet, qui traîne depuis de nombreuses années, de la Ferme de Bressonvilliers avance pas à pas. L'ancien site de l’Inra (devenu Inrae) et propriété de l'État s'étend sur « 233 hectares de terres agricoles, un corps de ferme ainsi qu’une dizaine de bâtiments agricoles et une dizaine de pavillons, inoccupés depuis le départ de l'Inra en 2017 », précise la préfecture de l'Essonne.
« Un premier Appel à manifestation d'intérêt (AMI) a été lancé par l'État en 2022, pour y installer des agriculteurs, permettant d'aboutir à l'installation de deux jeunes polyculteurs-éleveurs sur une partie du site. Ces derniers bénéficient de baux ruraux de dix-huit ans », explique la préfecture. Tanguy Schintgen et Matthieu Ode, les deux Jeunes agriculteurs qui ont remporté l'AMI, se sont officiellement installés sur le site au début de l'automne 2024. La Ferme de Bressonvilliers a enfin vu des animaux reprendre possession des lieux durant l'année 2025.
Entre-temps, rien ne s'était passé comme prévu pour les deux jeunes agriculteurs, la faute à plusieurs dégradations des bâtiments. Le site n'a été raccordé à l'eau que le 17 octobre 2025, tandis qu'il n'y a toujours pas d'électricité, ce qui gêne le travail des éleveurs.
Mise en vente du site
L'État souhaitait initialement avoir trois projets sur l'ensemble la Ferme de Bressonvilliers. Durant l'été 2025, la Direction départementale des Territoires de l'Essonne a d'ailleurs lancé un appel à manifestation d'intérêt pour cette troisième partie composée de 59 hectares de terres agricoles réparties sur trois communes (Leudeville, Vert-le-Grand et Le Plessis-Pâté) et de 6,5 hectares de bâti comprenant un bâtiment d’élevage bovin, des hangars agricoles et des logements. Selon l'AMI, le démarrage des projets devait se tenir à partir de mars 2026.
« À la suite d'échanges intervenus concomitamment, notamment avec les collectivités concernées, l'État a finalement décidé de la mise en vente du site. Le ou les projets qui pourront être déployés sur ce site pourraient notamment offrir des conditions logistiques et matérielles plus favorables à de nouvelles installations agricoles. Dans ces conditions, l’État a pris la décision de déclarer l'AMI infructueux. La mise en vente n'est pas encore effective, la prochaine étape étant une évaluation de la valeur vénale du site », justifie la préfecture de l'Essonne.
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