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Essonne
Inauguration d'une miellerie sur l'exploitation de Nicolas Galpin

Nicolas et Claudine Galpin ont accueilli du public pour l'inauguration de leur miellerie samedi 31 janvier à Auvernaux. L'occasion de déguster des crêpes au miel et de découvrir l'apiculture.

Samedi 31 janvier, l'exploitation de Nicolas Galpin à Auvernaux (Essonne) a inauguré sa miellerie. Pratiquant l'apiculture depuis 2014, posséder un laboratoire adapté à l'extraction du miel était une étape logique dans le développement de l'activité, notamment pour travailler dans de bonnes conditions.

« L'extraction s'est faite pendant neuf ans dans l'ancienne laiterie de la ferme, une petite pièce de 7 ou 8 m2. Avec une hausse de la quantité de miel à récolter et à stocker, cela devenait trop compliqué de continuer dans cet espace exigu, raconte Nicolas Galpin. Nous avons eu besoin de deux ans de réflexion par peur de ne pas voir le retour sur investissement ».

Le coût des travaux est d'environ 40 000 euros, avec près de 13 000 euros d'aides régionales sur fond européen via le Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE). « Cette aide a permis de voir ce projet se concrétiser et donc de pouvoir travailler dans de meilleures conditions d'hygiène et d'ergonomie », dit-il sur un ton reconnaissant lors d'une inauguration en présence de Frédéric Arnoult et de Thierry Desforges, représentants de la chambre d'Agriculture, ainsi que de Christian Pierre, premier adjoint au maire d'Auvernaux. Au total, près de 70 personnes sont venues découvrir le site ou se procurer du miel local, tout en dégustant des crêpes faites pour l'occasion par Nicolas Galpin à l'avant-veille de la Chandeleur.

Cinq miels différents

Si l'exploitant agricole s'occupe de toute la partie rucher, c'est son épouse, Claudine Galpin, qui s'occupe du reste, de l'extraction à l'étiquetage en passant par le nettoyage. « Nous avons un sas où les cadres restent pendant quelques jours pour être sûrs de ne pas avoir d'abeilles en salle de travail », explique-t-elle en faisant visiter les lieux. Les cadres passeront ensuite par différentes étapes et notamment par la centrifugeuse pour l'extraction du miel. La miellerie dispose aussi d'un maturateur où le miel reste pendant plusieurs jours avant d'être mis en pots. « Nous utilisons des pots en verre, cela nous différencie de certains producteurs », précise Claudine Galpin. « J'ai beaucoup travaillé sur l'étiquette pour qu'elle donne les informations importantes tout en laissant le miel visible », ajoute-t-elle.

Avec leurs abeilles, les Galpin produisent cinq miels différents : acacia, forêt, tilleul, printemps et luzerne. Cette année, la production a augmenté jusqu'à 1,5 tonne de miel, qu'ils vendent à des particuliers directement à la ferme ou lors d'événements comme le Festival de la terre, à d'autres agriculteurs pour leurs boutiques à la ferme ou via des distributeurs automatiques, à des restaurateurs ou encore à des entreprises qui veulent offrir des cadeaux à leurs collaborateurs.

L'activité a pris une place de plus en plus importante en une dizaine d'années. « J'ai commencé avec trois petites ruches pour attraper un essaim, cela a fonctionné dès la première année. De fil en aiguille, je suis monté à deux, quatre, huit, pour maintenant être à 25 colonies », retrace Nicolas Galpin. « Il faut savoir être raisonnable. Je pourrais monter à beaucoup plus, mais cela deviendrait trop chronophage. C'est un élevage à part entière », poursuit-il.

Le lien de l'agriculteur avec l'apiculture est encore plus vieux que le lancement de l'activité en 2014. « J'ai démarré l'agriculture de conservation des sols avec trois grands principes : la couverture permanente des sols, la diminution voire la suppression du travail du sol et la rotation des cultures. Dès 2008, j'ai semé des couverts végétaux d'intercultures qui peuvent fleurir dès la fin août. L'automne étant une période avec peu de fleurs pour les pollinisateurs, trois apiculteurs étaient intéressés de poser des ruches à proximité », se remémore-t-il. « J'en avais marre de l'agribashing ambiant, d'entendre que les abeilles seraient mieux en ville qu'à la campagne. Je voulais savoir ce dont elles avaient besoin, connaître ce que les agriculteurs pouvaient faire pour leur fournir des ressources durant les périodes critiques », détaille Nicolas Galpin. « Il était demandeur et voulait être initié. On sentait qu'il avait acquis très jeune la notion du soin aux animaux », se souvient Bernard Périchon, apiculteur en Seine-et-Marne et mentor de l'Essonnien. À l'occasion de cette inauguration de miellerie, l'ancien élève en a profité pour transmettre, à son tour, ses connaissances sur le sujet à ses visiteurs.

Lire aussi Nicolas Galpin s’équipe d’un destructeur de menues pailles, une première en Europe


Lutte contre le varroa

L'importance de la lutte contre le varroa a été abordée par Nicolas Galpin auprès des invités. « Si on veut récolter du miel, il faut des colonies nombreuses et en bonne santé. Ça passe par la lutte contre le varroa, mais aussi contre l'essaimage et pour le renouvellement des reines », explique-t-il. Le varroa peut se développer rapidement une fois qu'il est implanté à l'intérieur des colonies. Arrivé en France à partir de 1983, cet acarien parasite est « devenu un fléau dans notre région dans les années 1990, à peu près en même temps que l'apparition de néonicotinoïdes », précise Bernard Périchon. « Il y a eu une confusion à cause de la méconnaissance sur ce sujet », affirme-t-il. « La génétique est importante, pas seulement pour choisir sa variété de blé ou sa race de mouton, mais aussi parce qu'une bonne souche d'abeille est primordiale », témoigne Nicolas Galpin.

Voir aussi Des avancées dans la lutte contre le varroa

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