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Réaction de Guillaume Moret
« Incendie à l'abattoir de Houdan : un coup supplémentaire porté à une profession déjà fragilisée »

Dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 avril à l'abattoir de Houdan (Yvelines), un incendie possiblement criminel a détruit 17 camions frigorifiques. L’activité de l’entreprise s'en trouve fortement perturbée. Le président de la FDSEA Île-de-France, Guillaume Moret, réagit.

Quelle a été votre première réaction après l’incendie qui a touché l’abattoir de Houdan le week-end dernier ?

Guillaume Moret : C’est avant tout un choc. Au-delà des dégâts matériels considérables, nous faisons face à l’arrêt brutal d’un outil de production pour notre territoire. Cet abattoir joue un rôle structurant dans l’organisation de toute une filière. Sa mise à l’arrêt représente une rupture majeure pour l’ensemble des acteurs économiques, agriculteurs inclus, qui en dépendent.

Quelles sont les conséquences immédiates ?

Elles sont très préoccupantes. Des dizaines de salariés risquent de se retrouver en chômage partiel. De plus, l’activité est fortement perturbée pour une durée encore incertaine. Il faut bien comprendre que les conséquences dépassent largement le site lui-même : ce sont des éleveurs et des entreprises locales qui se retrouvent fragilisés. Cet abattoir est un maillon essentiel. Il contribue à la dynamique économique du territoire. Sa mise à l’arrêt fragilise une filière déjà en tension.

Vous évoquez des tensions déjà existantes. Pouvez-vous préciser ?

Les agriculteurs font face à une accumulation de difficultés sans précédent. Nous subissons une explosion continue des charges : énergie, carburant, engrais, intrants… tout augmente, ce qui fragilise durablement la rentabilité de nos exploitations. À cela s’ajoute la mise en place du MACF (Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières), qui génère des coûts supplémentaires pour les producteurs. Enfin, nous devons faire face à une concurrence déloyale, notamment à travers des accords commerciaux internationaux comme ceux du Mercosur ou ceux en cours avec l’Australie. Ces décisions exposent notre capacité à produire, nos producteurs et les consommateurs eux-mêmes. Cet incendie est un coup supplémentaire porté à une profession déjà fragilisée. Il vient s’ajouter à une série de pertes de moyens de production et accentue encore davantage la vulnérabilité de notre filière.

Quelles sont vos attentes aujourd’hui ?

Il est urgent d’apporter des réponses rapides et adaptées. La défense des outils de transformation de proximité est un enjeu stratégique pour l’avenir de notre agriculture et la préservation de notre souveraineté alimentaire. Cela commence à l’échelon local. Nous devons absolument protéger et maintenir ces infrastructures.

Un dernier mot ?

Avant tout, nous tenons à apporter notre soutien aux salariés, aux agriculteurs et à l’ensemble des personnes impactées. Si, à ce stade, nous attendons les conclusions des investigations en cours, une certitude : la FDSEA Île-de-France restera pleinement mobilisée.

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