Filière protéagineux
Intact prépare la mise en service de son site industriel
Mardi 17 mars, l’entreprise Intact a ouvert les portes de son site industriel de Baule (Loiret), à l’occasion d’une visite de presse réunissant élus locaux et régionaux. À quelques semaines d’une mise en service annoncée pour la mi-avril, le chantier touche à sa fin.
Mardi 17 mars, l’entreprise Intact a ouvert les portes de son site industriel de Baule (Loiret), à l’occasion d’une visite de presse réunissant élus locaux et régionaux. À quelques semaines d’une mise en service annoncée pour la mi-avril, le chantier touche à sa fin.
Dès l’entrée sur le site, le décor est encore celui d’un chantier. Camions d’entreprises, zones en cours d’aménagement, ouvriers à pied d’œuvre : à Baule (Loiret), près de Meung-sur-Loire, l’usine Intact n’a pas encore totalement achevé sa phase de construction. La visite de presse organisée mardi 17 mars, en présence d'élus locaux et régionaux, dont une sénatrice, s’est déroulée au milieu des derniers réglages, dans un outil industriel en train de se finaliser.
Créée en 2022, l’entreprise développe un modèle basé sur la transformation de légumineuses. L’objectif est de produire localement des ingrédients destinés à l’agroalimentaire, mais aussi à la cosmétique et à la pharmacie, à partir de cultures issues du territoire.
Un projet ancré localement
Dès les premières prises de parole, les dirigeants ont insisté sur l’ancrage territorial du projet. « Nous sommes fiers de vous montrer ce que nous avons réalisé ici. Nous avons été très bien accueillis sur le territoire, aussi bien par les agriculteurs que par les élus locaux et régionaux », a indiqué Alexis Duval, co-fondateur d'Intact. L’entreprise souligne également s’être appuyée sur l’agence régionale de développement Dev’Up pour accompagner son implantation.
La visite a débuté par un passage dans le centre de recherche et développement du site, présenté comme un élément central du projet. « Nous tenions à commencer ici, car c’est un lieu très important pour nous. Nous sommes convaincus que l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation passe par la recherche. Il faut innover, sinon nous ne répondrons pas aux défis actuels », a poursuivi Alexis Duval. Ce centre sert également à la formation des équipes. « C’est ici que nous formons l’ensemble de nos collaborateurs. Avec Axéréal, nous avons aussi souhaité investir dans les compétences », a-t-il ajouté.
Valoriser les cultures
Le projet s’appuie sur des légumineuses à graines, notamment pois jaunes, féveroles ou lentilles. Des cultures longtemps mises de côté. « Tombées en désuétude dans les années 1990, ces cultures reviennent aujourd’hui. Mais pour qu’elles s’installent durablement, il faut construire des filières de valorisation à valeur ajoutée », a expliqué Alexis Duval. Ces plantes présentent, selon lui, plusieurs atouts : « Elles ont un véritable intérêt agronomique et environnemental, mais aussi une valeur nutritionnelle importante, notamment en protéines ».
Dans un contexte de dépendance aux importations, la question devient stratégique. « Aujourd’hui, l’Europe importe environ deux tiers des protéines qu’elle consomme, souvent sous forme de soja venant du Brésil, des États-Unis ou d’Ukraine. Il y a donc un enjeu à développer des solutions sur notre territoire », a-t-il souligné.
Une technologie de transformation vertueuse
Sur le plan industriel, le site de Baule repose sur une technologie dite « par voie sèche ». Elle permet de séparer les différents composants de la graine, protéines, amidon et fibres, sans recours à l’eau, aux solvants ou à des additifs chimiques. La séparation s’effectue par flux d’air. Ce procédé permet de limiter les consommations de ressources par rapport aux méthodes classiques.
Deux principales filières de valorisation sont développées : la production de protéines végétales destinées à l’alimentation humaine et animale, et la transformation de l’amidon en alcool neutre bas-carbone, utilisé notamment dans les secteurs des spiritueux et de la cosmétique.
Un changement de modèle
Présent lors de la visite, le président de la Région Centre-Val de Loire, François Bonneau, a replacé le projet dans une évolution plus large du modèle agricole et industriel. « Notre région a un ADN industriel fort, avec un poids de l’emploi industriel supérieur à la moyenne nationale. En revanche, nous avons historiquement moins développé la transformation agroalimentaire que d’autres territoires », a-t-il rappelé. Un modèle qui évolue aujourd’hui : « Pendant longtemps, la qualité de nos productions permettait de trouver des débouchés à l’international. Mais tout miser sur l’international n’est plus forcément la solution. Transformer sur place permet de mieux valoriser les productions et le travail des agriculteurs ».
Le président de Région a également évoqué les enjeux de dépendance : « Une trop forte exposition aux marchés mondiaux peut fragiliser les territoires et les priver d’une partie de la valeur ».
Un projet attendu localement
Sur le territoire, le projet a fait l’objet d’un accompagnement de longue haleine. « Nous nous sommes battus. Cela a été long et parfois difficile, mais aujourd’hui nous sommes fiers du résultat », a souligné la sénatrice du Loiret, Pauline Martin, également ancienne maire de Meung-sur-Loire. Le site compte aujourd’hui environ 65 salariés. D’autres recrutements pourraient intervenir à mesure de la montée en puissance de l’activité.
À quelques semaines de sa mise en service, annoncée pour la mi-avril, l’usine de Baule reste encore en phase de finalisation. Elle doit, à terme, constituer un outil industriel pour accompagner le développement d’une filière locale.
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