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La filière équine continue de défendre son statut agricole obtenu en 2005

Vingt et un ans après la reconnaissance des activités équestres comme agricoles et à l’occasion du Salon international de l’agriculture 2026, Frédéric Bouix, président de la Fédération française d’équitation (FFE), est revenu sur les spécificités et les défis de la filière équine, à la croisée de l’élevage, du sport et de l’accueil du public.

Frédéric Bouix, président de la FFE, était au Salon de l'agriculture du 21 février au 1er mars afin d'échanger avec les acteurs agricoles et publics pour expliquer la Filière Cheval.
Frédéric Bouix, président de la FFE, était au Salon de l'agriculture du 21 février au 1er mars afin d'échanger avec les acteurs agricoles et publics pour expliquer la Filière Cheval.
© L.B. - Horizons

Obtenu en 2005 grâce à la loi relative au développement des territoires ruraux, le statut agricole des activités équestres demeure, selon la Fédération française d’équitation (FFE), un pilier indispensable.

« C’est le rôle de notre fédération de défendre ce statut agricole, et avec lui celui d’animal de rente des équidés. Nos poney-clubs et centres équestres sont des entreprises de type agricole, avec la gestion d’un cheptel. Il faut mettre fin à certaines idées qui voudraient modifier ce statut », affirme Frédéric Bouix, président de la FFE.

Un statut agricole à préserver

Les établissements équestres relèvent pleinement du champ agricole. Ils élèvent, valorisent et travaillent avec des équidés reconnus comme animaux de rente, tout en étant soumis à des réglementations multiples : sanitaires, environnementales, mais aussi liées à l’accueil du public et à la pratique sportive. Cette spécificité est toutefois régulièrement remise en question, notamment parce que le cheval n’est pas principalement destiné à l’alimentation. « On nous oppose cet argument, mais la filière agricole a tout intérêt à soutenir la filière équine et ce statut », insiste le président de la FFE.

Avec près d’un million d’équidés, plus de 625 000 licenciés en club et environ 20 000 emplois salariés dans les établissements équestres, la filière représente un poids significatif dans l’économie rurale. Elle contribue à l’animation des territoires, au maintien d’activité en zone rurale et à la diversification agricole.

Structurer et professionnaliser l’élevage

La professionnalisation de l’élevage figure parmi les priorités de la filière. « Nous comptons de nombreux éleveurs amateurs, ce qui rend l’ensemble peu lisible. Notre ambition, avec la Filière Cheval dont nous sommes membres fondateurs, est de favoriser une meilleure reconnaissance des éleveurs professionnels », explique Frédéric Bouix.

Dans cette perspective, la création récente de la Filière Cheval marque une étape importante. Elle regroupe plusieurs structures majeures, dont France Galop, la Société d’encouragement à l’élevage du trotteur français (SETF), la Fédération française d’équitation et la Société hippique française (SHF). « Nous avons des sujets communs à défendre et partageons des enjeux pour la filière. Nous avions besoin de nous regrouper pour peser auprès des instances gouvernementales, notamment sur la fiscalité, la Politique agricole commune (Pac), l’eau ou encore le transport des animaux », souligne-t-il.

Des défis à venir

Comme l’ensemble du monde agricole, la filière équine doit faire face à plusieurs défis. La question de la main-d’œuvre, d’abord, avec des difficultés de recrutement qui touchent les exploitations. Mais aussi les évolutions réglementaires, à l’échelle nationale et européenne. La Pac constitue un point de vigilance particulier. Pas suffisamment prise en compte lors de précédentes programmations, la filière entend ne pas revivre cette situation. « Les droits obtenus restent fragiles et il faut les défendre », rappelle le président de la FFE.

Autre sujet sensible : le transport des équidés, encadré par une réglementation stricte, ainsi que les attentes sociétales en matière de bien-être animal.

Le Salon, lieu d’échanges

Présente au Salon international de l’agriculture, la FFE profite de l’événement pour sensibiliser les élus et le grand public à ses enjeux. L’objectif est double : rappeler l’importance du statut agricole et mieux faire connaître les réalités d’un secteur encore mal compris. « Le Salon est un moment clé pour échanger avec les acteurs agricoles et institutionnels et pour expliquer notre filière », conclut Frédéric Bouix.

Plus de vingt ans après sa reconnaissance, la filière équine continue ainsi de défendre sa place au sein du monde agricole, tout en s’adaptant aux mutations économiques, réglementaires et sociétales.

Spécial équins : Voir aussi Gestion du temps de travail des salariés des centres équestres

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