Syndicalisme
La FNSEA et JA 28 interpellent Sandrine Rousseau à Chartres 📹
Jeunes agriculteurs et la FNSEA d'Eure-et-Loir se sont mobilisés pour dénoncer les propos stigmatisants de la députée Sandrine Rousseau, venue à Chartres samedi 30 mai pour une séance de dédicace.
Jeunes agriculteurs et la FNSEA d'Eure-et-Loir se sont mobilisés pour dénoncer les propos stigmatisants de la députée Sandrine Rousseau, venue à Chartres samedi 30 mai pour une séance de dédicace.
La députée (EELV) Sandrine Rousseau vient à Chartres samedi 30 mai, pour une séance de dédicace de son dernier ouvrage Tu nuis à la cause à la librairie L'Esperluète. Les syndicats FNSEA et Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir l'attendent de pied ferme.
Injures envers la profession
« Nous sommes là pour dénoncer les propos injurieux qu'elle a pu avoir dernièrement à l'encontre du monde agricole », lance le président de Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir, Guillaume Hardy, tandis que la trentaine de manifestants est bloquée par un cordon policier à quelques encablures de la librairie.
Le président pointe ses attaques contre l'élevage, contre les pratiques agricoles en général ou son mépris pour le revenu des agriculteurs. « Nous ne pouvions pas la laisser venir ici sans rien faire, c'était impensable pour les équipes de JA et de la FNSEA. Nous invitons volontiers Madame Rousseau à venir débattre avec nous autour d'une petite bière et de produits locaux. Nous ne faisons pas marcher du bio qui vient de l'étranger mais du 100 % local. Elle est aussi la bienvenue sur une exploitation en polyculture-élevage. Alexandre Plateau veut bien lui montrer ce qu'est le bien-être animal, qu'une entrecôte n'est pas du cadavre d'animal et que l'élevage, ça se respecte ».
Au même moment un peu plus loin, Sandrine Rousseau s'exprime devant une cinquantaine de personnes au premier étage de la librairie. Quelques agriculteurs parviennent à se glisser dans le public, dont le président de la chambre d'Agriculture, Yohann Serreau. Ils parviennent à lui donner un tract et essayent, sans succès, de lui faire dédicacer un fac-similé de son livre : Vous nuisez à nos campagnes de Sardine Ruisseau, aux éditions JA 28. L'échange est bref, tendu mais courtois.
Sensibiliser les Chartrains
Au fil de cette action, les manifestants en profitent pour distribuer des tracts aux Chartrains. Il s'agit d'expliquer le sens de cette mobilisation. Deux thématiques y sont développées. L'eau et son stockage d'abord, en comparant les réserves d'eau de pluie domestiques à celles à l'échelle d'une exploitation. L'élevage ensuite, pour rappeler l'importance de produire en France quand un poulet consommé sur deux est importé et tandis que nos élevages sont les plus contrôlés au monde.
Les deux syndicats dénoncent surtout une agriculture constamment caricaturée, des débats déconnectés du terrain, une écologie punitive et le mépris envers les éleveurs. Autant de revendications qui trouvent visiblement un écho positif de la part des passants.
À la fin, l'action est bien résumée par la banderole qu'elle laisse sur une façade de la rue Noël-Ballay, où il est inscrit : « Sardine Ruisseau, la rentabilité de ton livre, on n’en a rien à péter ! ».
Convivialité
Le mouvement s'achève sous le barnum installé place des Épars, l'occasion de débriefer cette action plutôt réussie, autour d'une bière et de produits locaux, donc.
« On ne peut pas salir l'agriculture comme ça »
« L'objectif de la manifestation était de montrer que l'on ne peut pas venir salir l'agriculture française comme ça, souligne Guillaume Hardy à l'issue de l'action menée pour interpeller la députée Sandrine Rousseau, samedi 30 mai à Chartres (lire ci-dessus). Quand on dit qu'on n’en a rien à péter de la rentabilité d'une exploitation agricole ou qu'on veut transformer le mot entrecôte en cadavre d'animaux, c'est d'un irrespect total pour les éleveurs. Ils prennent soin de leurs animaux, leur bien-être est leur préoccupation première. Nous sommes un peu déçus qu'elle ne soit pas venue à notre rencontre parce que prétendument elle avait autre chose à faire et qu'elle voulait éviter les débordements… Déçus aussi parce que nous, chez JA ou à la FNSEA, nous sommes force de proposition, nous savons dialoguer. C'est dommage mais ça montre bien la vision qu'elle a du milieu agricole ».
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