Syndicalisme
La FNSEA et JA obtiennent l'annonce d'une loi d'urgence
Après la mobilisation conjointe de la FNSEA et des JA le 13 janvier à Paris, le Premier ministre a annoncé une loi d'urgence agricole. Des avancées réelles, restant à confirmer dans les prochains mois.
Après la mobilisation conjointe de la FNSEA et des JA le 13 janvier à Paris, le Premier ministre a annoncé une loi d'urgence agricole. Des avancées réelles, restant à confirmer dans les prochains mois.
Face aux mobilisations agricoles dans toute la France, le gouvernement a présenté, le 10 janvier, un ensemble de mesures pour répondre aux difficultés économiques, sanitaires et au malaise du monde agricole. Toutefois, l’enveloppe de 300 millions d’euros annoncée reposait en grande partie sur des crédits déjà prévus (viticulture, DNC, aides sectorielles), suscitant de fortes réserves.
La mobilisation du 18 décembre à Bruxelles avait permis des avancées notables, comme un budget Pac supplémentaire et la suspension rétroactive du MACF au 1er janvier 2026. Mais des sujets majeurs restaient absents : politique de l’eau, nitrates, compétitivité fiscale et Mercosur.
Estimant la réponse insuffisante, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont appelé à une nouvelle mobilisation le 13 janvier à Paris. Le soir même, le Premier ministre annonçait la présentation d’une loi d’urgence agricole au Salon de l’agriculture. Examiné avant l’été, ce texte portera sur trois priorités : l’eau, la prédation et les moyens de production, afin de lever les freins juridiques et administratifs.
Politique de l’eau : un cap clair à mettre en œuvre
Sur l’eau, le fonds hydraulique sera renforcé (de 20 à 60 M€). Les projets hydrauliques, notamment « à taille humaine », devront être débloqués, les textes fixant les volumes d’eau prélevables suspendus jusqu’en septembre et aucune hausse de la Redevance pour pollutions diffuses n’est prévue pour 2027.
Nitrates
Concernant les nitrates, le gouvernement se dit prêt à demander une évolution du cadre européen. Dans l’attente, les préfets devront user des dérogations possibles et appliquer des contrôles avec discernement.
Un volet fiscal renforce l’épargne de précaution et soutient la mécanisation collective.
Des réponses concrètes attendues
Si ces annonces démontrent que la mobilisation paie, des incertitudes demeurent : aides insuffisantes pour les grandes cultures et la viticulture, absence de réponse concrète sur le Mercosur, retards sur la simplification administrative et dépendance à l’adoption du budget.
Ces résultats confirment que la détermination et l'unité d'action de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs font avancer les lignes. Toutefois, le chemin reste long jusqu'à l'adoption effective de la loi avant l'été et sa mise en œuvre concrète. La vigilance et la mobilisation devront rester de mise pour transformer ces annonces en réalité quotidienne pour les agriculteurs.