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Diversification
La production de fraises, une diversification qui a du succès au Plessis-Gassot

La saison des fraises est bel et bien lancée. C'est un moment fort dans la saison pour Nathalie Moret, productrice au Plessis-Gassot (Val-d'Oise).

Le soleil chauffe, l'été approche. C'est la saison idéale pour manger des fraises. Au Plessis-Gassot (Val-d'Oise), Nathalie Moret passe la majorité de son temps sous la serre durant cette période. Elle prend soin de ce produit qui fait saliver les papilles de nombreux Français. « La fraise est un produit hyper fragile, décrit Nathalie Moret. Pour être bonne, elle doit être récoltée à maturité. En circuit court, nous pouvons nous permettre de cueillir les fraises à maturité parce qu'elles seront vite vendues et consommées. Les clients sont surpris de cette qualité. En circuit long, les producteurs savent que leurs fraises vont voyager en camion, faire du frigo dans les entrepôts des grandes surfaces, etc. Pour que la fraise supporte ces contraintes, ils la récoltent à peine mûre. Pour cette raison, les consommateurs trouvent les fraises plutôt pas sucrées, acides, voire abîmées dans le fond de la barquette. La grosse différence avec nos fraises vient de cette cueillette à maturité pour une consommation très rapide ».

2 200 m2 de serre

Pendant près de quatre mois, de mars au début d'été, Nathalie Moret passe tous les matins, dès 7 heures, sous les 2 200 m2 de serre avec ses deux à quatre employés saisonniers. En cette période du mois de mai, elle récolte ses fraises cultivées hors-sol, une méthode qui présente l'intérêt d'être moins physique que la culture de pleine terre. Au niveau sanitaire, cela permet aussi d'éviter les traitements, hors années exceptionnelles. « C'est une satisfaction, dit-elle. Nous sommes les premiers consommateurs de nos fraises. J'en mange en récoltant, puis le midi, le soir, en famille. Nous sommes particulièrement vigilants à produire avec un minimum de traitement pour nous et pour nos clients ».

Pas de crise

Nathalie et Guillaume Moret, son mari, sont agriculteurs sur une exploitation en polyculture, avec deux diversifications : les fraises et la cueillette à la ferme. La seconde est présente depuis plusieurs décennies, mise en place par les parents de Guillaume Moret. Originaire de Normandie, Nathalie Moret a quant à elle grandi dans une ferme isolée à la campagne. Ingénieure agricole, elle a commencé sa carrière professionnelle en tant que commerciale dans la vente de semences de blé. Lorsqu'elle s'est installée au Plessis-Gassot pour concilier vie professionnelle et personnelle, la Normande a tout de suite vu l'opportunité de la vente directe de par la proximité avec le milieu urbain. « Dans les diversifications, c'est important de bien comprendre son environnement, de voir ce que les clients recherchent. À Versailles, les demandes ne sont pas les mêmes qu'à proximité de Villiers-le-Bel », détaille Nathalie Moret. Elle a d'abord vendu des paniers de fruits et légumes, puis, constatant l'impossibilité de trouver des fraises locales, s'est lancée dans la production de ce fruit rouge il y a quinze ans.

L'avantage que représente la production de fraises contrairement aux grandes cultures est la maîtrise du prix de vente, explique la productrice : « Quand on sème du blé ou des betteraves, on ne sait pas combien on va gagner et on va peut-être même travailler à perte. Nous, en circuit court, nous arrivons à valoriser notre production grâce à la qualité. Nous n'avons pas de crise. Je vends mes fraises en fonction de mon coût de production. Je n'ai pas à baisser mes prix à cause des cours mondiaux. Si je produisais en hectares et vendais en circuit long, je serais éventuellement soumise aux cours nationaux ». Près de 80 % de ses 6 à 7 tonnes de production par an est directement vendue à la ferme, le reste l'étant à des collègues maraîchers.

Une mission

Il faut tout de même veiller à fixer le bon prix. « C'est important de trouver le juste prix en respectant les clients. Nous n'avons pas de frais logistiques et d'intermédiaires donc nous devons être capables d'offrir un prix rémunérateur pour le producteur, mais juste pour le consommateur », précise Nathalie Moret. Les fraises sont donc vendues à 11,60 euros le kilogramme, peu importe la saison : « Ce n'est pas parce que ce sont les premières qu'elles doivent coûter cher. Par ailleurs, quelques clients ne se déplacent qu'en connaissant le prix donc au moins, ils n'ont donc pas de surprise ». Certains font d'ailleurs jusqu'à 20 ou 30 kilomètres pour venir ici. D'autres habitent encore plus loin et font un petit détour en rentrant de leur travail à Roissy.

Nathalie Moret est satisfaite de voir sa clientèle prendre du plaisir avec ses fraises, en particulier une partie d'entre elle : « Nous sommes contents quand des enfants viennent au distributeur avec leurs parents, qu'ils ont le sourire jusqu'aux oreilles parce qu'ils vont manger de bonnes fraises. Je prends comme une mission de permettre à la jeune génération d'avoir accès à des fruits qui ont un vrai goût et qu'elle ne soit pas attirée systématiquement par du sucre ou des produits ultra-­transformés. Si on donne des choses insipides aux jeunes, ils ne vont plus vouloir manger de fruits et légumes ».

Selon la maraîchère, les agriculteurs d'Île-de-France doivent saisir l'opportunité du circuit court. « Les consommateurs sont demandeurs et sont prêts à mettre le prix s'ils voient un écart de qualité », affirme-t-elle. Et d'ajouter : « Il faut quand même avoir conscience que quand on se diversifie, on a un métier supplémentaire. En plus de la production, il faut aussi gérer la vente ».

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