Ravageurs
La punaise du colza, un ravageur de plus qui inquiète
Depuis quelques semaines, les agriculteurs de Loir-et-Cher font face à des attaques de punaises sur leurs colzas. Les dégâts peuvent être importants, comme chez Didier Serreau, au Gault-du-Perche (Loir-et-Cher).
Depuis quelques semaines, les agriculteurs de Loir-et-Cher font face à des attaques de punaises sur leurs colzas. Les dégâts peuvent être importants, comme chez Didier Serreau, au Gault-du-Perche (Loir-et-Cher).
Tout avait pourtant bien commencé. Des semis réussis, puis des orages apportant 60 millimètres d’eau sur ses terres : Didier Serreau avait vu ses colzas pointer rapidement le bout de leur nez. « Les colzas avaient levé rapidement et c’était plutôt positif », assure le producteur de grandes cultures du Gault-du-Perche (Loir-et-Cher). Mais un phénomène nouveau est venu contrarier ce bon départ : les punaises du colza.
Ces insectes piqueurs-suceurs s’attaquent aux jeunes plantes en prélevant leur sève. Les dégâts peuvent être particulièrement importants au moment de la levée, lorsque le colza est encore peu développé. Les piqûres répétées affaiblissent les plantules, qui peuvent flétrir puis se dessécher complètement lorsque la pression est forte.
C’est ce qu’a constaté Didier Serreau, comme plusieurs agriculteurs du secteur. « J’en avais entendu parler, mais les exploitations touchées étaient situées à 10 ou 15 kilomètres de chez moi. Je ne pensais donc pas forcément être concerné. J'ai commencé à les remarquer surtout dans des parcelles avec des anciennes cultures de colza, elles étaient dans les chaumes de colza. Certains agriculteurs ont perdu des parcelles entières et ont dû ressemer jusqu’à trois fois », témoigne-t-il.
Des dégâts conséquents
Didier Serreau avait décidé d’implanter 60 hectares de colza, profitant de conditions météorologiques favorables au moment des semis. Un choix également motivé par une campagne 2025 difficile, notamment sur ses orges. Quelques semaines seulement après l’implantation, le voilà déjà contraint de compter les pertes. « Pour le moment, je ne peux pas vraiment les quantifier mais cela peut aller jusqu'à des parcelles entières. Mais je pense que je ne suis pas loin des 10 hectares touchés », estime-t-il. Les attaques sont observées en Loir-et-Cher depuis le début du mois de septembre, occasionnant localement d’importants dégâts sur les jeunes colzas. Les conditions sèches et chaudes de la fin de l’été ont favorisé l’activité de ces insectes. La baisse des températures pourrait désormais ralentir leur progression. « On les voit un peu moins depuis qu’il fait plus frais le soir, mais dès que les températures remontent, elles ressortent. Et maintenant, ce sont les altises qui ont commencé à arriver depuis le week-end dernier, pour ne rien arranger », observe l’agriculteur.
Un nouveau fléau auquel faire face
Cette situation inquiète Didier Serreau, qui voit apparaître une difficulté supplémentaire dans ses cultures. « Si les ravageurs de demain sont comme ceux-là, je crains pour l’avenir de notre métier. On a besoin de solutions, il faut que les pouvoirs publics prennent des décisions fortes, notamment en accordant des dérogations pour l’utilisation de certains insecticides », affirme le céréalier. À la recherche d’alternatives, il a déjà pu échanger avec une entreprise proposant une solution destinée à lutter contre ces punaises. Il reste toutefois prudent : « Il faut voir ce que cela donnera, mais de toute façon, il n’y a pas de solution miracle ».
Une nouvelle difficulté qui intervient après une campagne 2025 déjà compliquée, marquée notamment par des rendements qu’il juge « catastrophiques » sur certaines de ses cultures de printemps. Et la campagne 2027 débute déjà avec une inconnue supplémentaire : « On commence avec un handicap. J’aurais pu avoir de beaux colzas, car aux endroits où les punaises ne sont pas passées, ils sont beaux. C’est vraiment rageant. On n’est même pas pressés de semer nos céréales car on entend dire que ces punaises pourraient aussi s’attaquer au blé ».
Une situation difficile à vivre pour des agriculteurs qui ont le sentiment de voir les problématiques s’enchaîner. « C’est un nouveau fléau auquel nous devons faire face et dont nous nous serions bien passés », conclut Didier Serreau.
Afin de suivre l’évolution du phénomène, si vous observez des attaques, il est important de les signaler dans l’enquête mise en ligne par Terres Inovia.